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Législatives: le vote a commencé en métropole, une ministre déjà battue
Jour J pour les législatives: plus de 48 millions de Français sont appelés aux urnes depuis dimanche 08H00 en métropole pour le second tour d'un scrutin où le président Emmanuel Macron espère obtenir une nouvelle majorité à l'Assemblée, face à une gauche unie et requinquée.
La journée a mal commencé pour le camp présidentiel avec la défaite en Guadeloupe de la secrétaire d'Etat à la Mer Justine Benin, battue dans la 2e circonscription, avec 41,35 % des voix derrière Christian Baptiste (DVG), soutenu par la Nupes, élu avec 58,65 %.
Conformément à une règle non écrite mais déjà appliquée en 2017 par Emmanuel Macron, Mme Benin devra, à peine nommée, quitter le gouvernement.
Alors que certains territoires d'outre-mer ont commencé à voter dès samedi, d'autres ministres sont sous la menace.
C'est le cas notamment pour Amélie de Montchalin (Transition écologique), en grand danger dans l'Essonne, comme pour le patron d'En Marche et ministre de la Fonction publique Stanislas Guerini ou encore pour le ministre délégué à l'Europe Clément Beaune, tous deux à Paris.
Au total, ils sont quinze, en comptant la Première ministre Elisabeth Borne, sur la ligne de départ.
Les bureaux de vote fermeront à 18H00 et 20H00 dans les grandes villes. Les premières estimations sont attendues à 20H00.
La mobilisation est un enjeu déterminant en ce week-end de grandes chaleurs. Plus d'un électeur sur deux (52,5%) s'était abstenu pour le premier tour. Et en 2017 les Français avaient encore davantage déserté les urnes au second tour qu'au premier, avec 57,4% d'abstention, un record depuis 1958.
Le ministère de l'Intérieur doit donner à midi les premiers chiffres du taux de participation.
Dans un bureau de vote dans le 8e arrondissement de Lyon, un assesseur fait remarquer que "des gens qui n'étaient pas venus voter la semaine dernière sont venus ce matin".
Wagner Théaud, développeur Web de 39 ans accompagné de son fils, est de ceux-là, lui qui a "oublié de voter" au premier tour car il n'a "pas suivi la campagne". "et je n'ai pas reçu les professions de foi dans ma boîte aux lettres pour me rappeler d'aller voter".
Marie-Noelle, 67 ans, juge que la campagne a été" assez pauvre". "Entre les deux tours, ce que je trouve navrant c'est que certains disent des choses innommables sur leurs adversaires", dénonce-t-elle.
Le maire EELV de Lyon Grégory Doucet s'est félicité auprès de l'AFP que le scrutin se passait "dans de bonnes conditions sur la ville", où le thermomètre devrait atteindre les 36°C dimanche. "On a mis des ventilateurs dans les bureaux (de vote) plus difficiles à aménager", a-t-il ajouté après avoir lui-même glissé son bulletin dans l'urne.
- "Rien qui va ici" -
A La Réunion, Philippe, un retraité de 62 ans, estime qu'il est "important de voter car il n'y a rien qui va ici". Sur l'île, le taux de participation à midi (15,28%) a progressé de plus de deux points par rapport au premier tour.
Ce second tour vient clore une longue séquence électorale, ouverte le 10 avril par le premier tour de la présidentielle, qui avait vu la large réélection d'Emmanuel Macron devant Marine Le Pen.
Mais la partie s'annonce plus incertaine aux législatives après la percée surprise de l'alliance des partis de gauche Nupes et de l'extrême droite.
Au premier tour, la majorité sortante, qui se présente sous l'étiquette Ensemble! (LREM, MoDem, Agir et Horizons), est arrivée au coude à coude - autour de 26% des voix - avec l'alliance de gauche (LFI, PS, EELV et PCF).
Le RN de Marine Le Pen a totalisé 18,7%, soit 5,5 points de plus qu'en 2017, devant Les Républicains et ses alliés de l'UDI tombés à 11,3%.
Les incertitudes pour ce second tour sont nombreuses: quel score pour la gauche? Si la coalition présidentielle l'emporte, sa majorité sera-t-elle absolue - il faut 289 députés sur 577 - ou relative, comme ne l'excluent pas les sondages?
Les électeurs diront en outre si Les Républicains, qui se sont effondrés à la présidentielle, sont encore en capacité de peser à l'Assemblée, même si certains les voient en position charnière dans le cas d'une majorité relative du camp présidentiel qui devrait alors faire appel à la droite pour voter ses textes.
Enfin le scrutin dira si le Rassemblement national obtient un groupe, soit au moins 15 députés, ce qui donne davantage de moyens et de temps de parole. Le parti d'extrême droite n'y est parvenu qu'une fois dans son histoire, de 1986 à 1988, du temps du Front national, grâce à la proportionnelle.
Quoi qu'il en soit, un remaniement est attendu à l'issue du scrutin, ne serait-ce que pour les postes de secrétaires d'Etat qui ne sont pas encore pourvus.
E.Paulino--PC