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Des Gazaouis sous le choc après une frappe israélienne sur une école transformée en refuge
De jeunes enfants errent à travers la structure calcinée de l'école Mustafa Hafez, où s'abritaient des Palestiniens déplacés, après une frappe israélienne qui a tué 15 personnes jeudi avant l'aube, selon la Défense civile de Gaza.
Des vêtements déchirés pendent à l'extérieur des murs noircis du bâtiment, dont les décombres sont encore fumants au lever du jour, dans l'ouest de la ville de Gaza.
Des taches de sang parsèment le sol jonché de débris, vêtements, chaises en métal, boîtes de conserve, fragments d'un ventilateur électrique...
"Ce n'est pas une vie", déplore Oumm Yassin Abou Awda, parmi les Palestiniens endeuillés regroupés à l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza après la frappe.
"Soit ils nous lancent une bombe nucléaire et on en finit, soit la conscience des gens doit enfin se réveiller", ajoute-t-elle.
Près de 21 mois de combats et de bombardements y ont provoqué des conditions humanitaires désastreuses pour les plus de deux millions de personnes qui y vivent.
- Femmes et enfants -
Nombreux sont ceux à avoir cherché refuge dans des écoles. Les bâtiments scolaires ont cependant été à plusieurs reprises la cible d'attaques, l'armée israélienne accusant le Hamas d'y cacher ses militants parmi les civils.
Interrogée par l'AFP sur le bombardement sur l'école Mustafa Hafez, l'armée israélienne a indiqué avoir "frappé un terroriste de premier plan du Hamas".
"De nombreuses mesures ont été prises avant la frappe pour tenter de diminuer le risque de toucher des civils", a-t-elle précisé, accusant le Hamas de les "exploiter comme boucliers humains".
Mohammad al-Mughayyir, un responsable de la Défense civile de Gaza, a déclaré à l'AFP que la plupart des 15 personnes tuées dans l'école étaient des femmes et des enfants.
L'organisation de premiers secours a annoncé que 69 personnes au total avaient été tuées jeudi par les forces israéliennes, qui ont récemment renforcé leurs opérations militaires dans le territoire.
Les restrictions sur l'accès des journalistes à Gaza et les difficultés d'accès à de nombreuses zones empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans et détails fournis par la Défense civile.
- "Qu'ils nous anéantissent" -
À l'école Mustafa Hafez, une fresque colorée peinte sur un mur à côté des décombres représente un garçon souriant marchant près d'un arbre et une femme à côté d'un drapeau palestinien.
Un petit groupe est assis sur des chaises dans ce qui était la cour de récréation.
À l'intérieur du bâtiment, des jeunes garçons prennent la mesure des dégâts et grimpent sur des meubles renversés tandis que d'autres fouillent les débris.
A l'hôpital Al-Shifa, les proches endeuillés pleurent sur les corps des morts.
"Il ne nous reste plus de vie. Qu'ils (les Israéliens) nous anéantissent simplement pour qu'on puisse enfin se reposer", dit une femme qui a perdu des proches dans la frappe et préfère conserver l'anonymat.
"Il ne nous reste rien. Mes deux filles sont parties et maintenant ma nièce, avec ses six enfants et son mari, sont morts brûlés", poursuit-elle, la voix brisée par l'émotion.
vid-str-acc-dms/sdu/sg
E.Borba--PC