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Début des pourparlers entre Russes et Ukrainiens à Istanbul
Russes et Ukrainiens ont entamé mercredi soir une troisième session de négociations directes à Istanbul, des pourparlers de paix que le Kremlin qualifie de "très compliqués", éloignant à nouveau la possibilité d'avancées diplomatiques rapides pour mettre fin à la guerre déclenchée en février 2022.
Les chef des délégations russe et ukrainienne, Vladimir Medinski et Roustem Oumerov, s'entretenaient dans la soirée en tête-à-tête, selon une source au sein de l'équipe russe.
En revanche, côté ukrainien, une source a affirmé que cette rencontre était "trilatérale", car se déroulant en présence du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan. Devaient ensuite commencer les négociations avec l'ensemble des deux délégations, a informé cet interlocuteur.
Plus tôt dans la journée, le Kremlin a relativisé les attentes. "Personne ne s'attend à un chemin facile. Bien entendu, ce sera une discussion très compliquée", a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, répétant que les propositions respectives des belligérants pour arrêter le conflit étaient "diamétralement opposées".
Une source au sein de la délégation envoyée par Kiev a, quant à elle, dit à l'AFP espérer une "position constructive" de la Russie et qu'elle renonce à "ses ultimatums".
- Pressions de Trump -
Les négociateurs ukrainiens ont avant cela vu à Ankara des hauts responsables turcs, notamment le président Recep Tayyip Erdogan, a raconté sur X le chef du cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Andriï Iermak, lui-même présent pendant ces échanges.
Cette troisième session de pourparlers directs à Istanbul intervient une nouvelle fois à la suite de pressions exercées par le président américain Donald Trump qui a donné à Moscou, mi-juillet, 50 jours pour parvenir à un accord avec l'Ukraine, sous peine de sanctions sévères.
Kiev et ses alliés occidentaux accusent le Kremlin de bloquer les négociations en maintenant des demandes maximalistes, tandis que l'armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, poursuit ses attaques sur le front, où elle grignote chaque jour du terrain.
Mercredi, le ministère russe de la Défense a ainsi revendiqué la conquête d'un nouveau village, Varatchyné, dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est) où, au cours de la nuit, des frappes de drones russes ont entraîné des coupures d'électricité chez plus de 220.000 clients, selon M. Zelensky.
- "Mémorandums" et échanges de prisonniers -
La délégation ukrainienne est conduite, comme les fois précédentes, par l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, qui passe pour être un fin diplomate.
L'équipe russe est dirigée, elle aussi comme auparavant, par un responsable de second plan, au grand dam des autorités ukrainiennes : l'ex-ministre de la Culture et historien nationaliste Vladimir Medinski.
Selon le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, les pourparlers porteront principalement sur les "mémorandums" échangés en juin par les deux camps et comprenant leurs propositions de paix.
Il sera également question "du processus très important" d'échange de prisonniers, a confirmé M. Peskov.
Kiev, a déclaré une source au sein de la délégation ukrainienne à l'AFP, veut également discuter de l'échange de prisonniers, ainsi que du rapatriement d'enfants ukrainiens emmenés en Russie et d'une potentielle rencontre entre Volodymyr Zelensky et son homologue russe Vladimir Poutine.
- Nouvelles frappes nocturnes -
Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent.
Dans la nuit, 71 drones russes ont visé l'Ukraine, selon l'armée de l'air. Trois personnes ont été tuées dans la région de Kherson (sud), d'après les autorités locales qui ont également fait état de neuf blessés.
Pour sa part, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé pendant la nuit 33 drones ukrainiens lancés contre la Russie.
Moscou réclame que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées de l'est et du sud de son territoire, en plus de la Crimée annexée en 2014, renonce aux livraisons d'armes occidentales et à toute adhésion à l'Otan.
Des conditions inacceptables pour Kiev, qui veut le retrait des troupes russes et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des livraisons d'armes et le déploiement d'un contingent européen, ce à quoi s'oppose la Russie.
L'Ukraine insiste aussi, de concert avec ses alliés européens, sur la nécessité d'un cessez-le-feu de 30 jours, auquel se refusent les Russes, dont les forces ont l'avantage sur le terrain.
Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a quant à lui repris le contact avec Moscou pour tenter, sans grands résultats, d'arrêter la guerre, qui a fait a minima des dizaines de milliers de morts parmi les civils et les militaires dans les deux camps.
Ces dernières semaines, le président américain a exprimé sa frustration à l'égard de la Russie et a affirmé que des équipements militaires américains, payés par des Etats européens membres de l'Otan, seraient envoyés à l'Ukraine.
A.Silveira--PC