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Covid-19: une vague portée par un fort échappement immunitaire
L'Europe connaît actuellement une septième vague de Covid-19, qui s'explique en grande partie par l'échappement immunitaire des nouveaux variants, c'est-à-dire une forte capacité à résister aux protections induites par la vaccination et les précédentes infections.
- Érosion de l'immunité avec le temps -
L'Europe a replongé, en ce début d'été, dans une septième vague marquée, un peu partout, par un rebond des contaminations.
En cause, un relâchement des gestes barrières mais aussi, une baisse de notre immunité.
On sait désormais que la protection conférée par les vaccins et par les précédentes infections s'érode au bout de quelques mois.
"Les personnes qui ont contracté une infection par Omicron BA.1 en décembre sont moins bien protégées qu'elles ne l'étaient en début d'année", résume à l'AFP Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS. "Il en va de même pour l'immunité conférée par les vaccins: même si elle demeure très robuste contre les formes sévères, elle diminue un peu contre les infections moins sévères".
- BA.4 et BA.5 en embuscade -
Mais cette nouvelle vague s'explique aussi, selon les scientifiques, par la progression de nouveaux sous-variants d'Omicron, BA.4 et surtout BA.5.
En France, selon le dernier bulletin de Santé publique France, un remplacement progressif de BA.2 est observé depuis plusieurs semaines avec une progression de la détection de BA.5 (41%) et BA.4 (6%) la semaine du 13 au 19 juin.
Ces sous-variants se propagent d'autant plus rapidement qu'ils semblent bénéficier d'un double avantage de contagiosité et d'échappement immunitaire, c'est-à-dire une forte capacité à échapper à la réponse immunitaire.
C'était déjà le cas pour le sous-variant d'Omicron BA.1 qui était bien plus capable que Delta d'infecter des hôtes vaccinés ou déjà contaminés.
- Réinfections -
On a longtemps pensé qu'une infection tenait lieu de protection, du moins pendant quelques temps.
Mais avec la famille Omicron, il semble qu'il n'en est rien, souligne une étude de l'Imperial College publiée mi-juin dans Science.
Les scientifiques ont analysé des échantillons de sang de plus de 700 travailleurs de la santé au Royaume-Uni. Tous avaient reçu trois doses de vaccin contre le Covid-19 et avaient été infectés par la souche historique ou des variants.
Leurs résultats ont souligné que les personnes précédemment contaminées par Omicron présentaient une bonne réponse immunitaire contre la souche initiale du coronavirus et ses premiers variants, mais faible contre Omicron lui-même.
On pensait que l'infection à Omicron pouvait presque "être bénéfique, comme une sorte de +rappel naturel+", a indiqué à l'AFP Rosemary Boyton, co-auteure de l'étude. "Ce que nous avons découvert, c'est qu'il stimule mal l'immunité contre lui-même, voire pas du tout dans certains cas. Ceci, ainsi que le déclin immunitaire après la vaccination, peuvent expliquer l'augmentation massive que nous constatons à nouveau dans les infections, beaucoup de personnes étant réinfectées à de courts intervalles".
- Relever le niveau de protection -
"On est face à des variants hautement contagieux, qui sont un peu des agents furtifs passant en dessous des radars des défenses immunitaires; c'est une vraie complexité de la bande d'Omicron", soulignait la semaine dernière Gilles Pialoux, chef de service à l'hôpital Tenon (AP-HP).
Ces variants "très contagieux nécessitent qu'on hausse le niveau de protection des plus fragiles", ajoutait-il.
Car, et c'est une bonne nouvelle, les vaccins restent efficaces contre les formes graves de la maladie.
Pour la plupart des pays européens, la priorité absolue, c'est que les personnes âgées et immunodéprimées reçoivent une deuxième dose de rappel.
"Actuellement, le niveau d'immunité de la population est bon mais pas parfait", a souligné au JDD dimanche Alain Fischer, président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale français. "C'est pour cela qu'il faut recommander un deuxième rappel aux plus de 60 ans et aux personnes fragiles, dont le système et la mémoire immunitaire sont moins robustes".
S.Pimentel--PC