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Ukraine: la diplomatie bat son plein, les frappes russes aussi
La Maison Blanche a fait part mardi "d'immenses progrès" en vue de parvenir à un accord de paix en Ukraine mais reconnu qu'il restait des points "sensibles" à régler, après une nouvelle nuit de frappes russes sur Kiev.
"Il reste à régler quelques détails sensibles mais pas insurmontables, qui demanderont des discussions supplémentaires entre l'Ukraine, la Russie et les Etats-Unis", a déclaré sur X sa porte-parole, Karoline Leavitt.
Au centre des discussions, le plan du président américain, Donald Trump, dont une version initiale jugée très favorable à Moscou a été amendée à l'issue de négociations dimanche à Genève entre délégations américaine, ukrainienne et européennes.
Signe de cette intense séquence diplomatique, le secrétaire américain à l'Armée de terre, Dan Driscoll, se trouve à Abou Dhabi depuis lundi soir où il s'est entretenu avec une délégation russe.
"Les pourparlers se déroulent bien et nous restons optimistes", a déclaré un porte-parole, le lieutenant-colonel Jeff Tolbert.
- Habitants évacués -
Une pluie de drones et missiles s'est abattue sur Kiev dans la nuit, faisant au moins sept morts et 19 blessés, selon les secours et la police.
A Kiev, certains ont trouvé refuge dans le métro tandis que retentissaient les sirènes d'alerte dans tout le pays.
Les habitants de plusieurs immeubles résidentiels ont été évacués de leurs appartements en flammes. Au petit matin, de la fumée s'élevait encore au-dessus des toits.
Au total, la Russie a lancé 486 drones et missiles sur l'ensemble du pays, selon l'armée de l'air ukrainienne qui a dit en avoir intercepté 452.
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a dénoncé sur X les frappes russes, estimant qu'elles montraient "la réponse terroriste de Poutine à la proposition de paix des Etats-Unis et du président Trump".
Les forces ukrainiennes ont de leur côté visé la Russie avec près de 250 drones, l'un des chiffres les plus élevés depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 selon les autorités russes, qui ont fait état de trois morts dans la région de Rostov (sud).
- "Enfin, une chance" -
Le président américain avait initialement donné jusqu'au 27 novembre au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour répondre à son plan, entraînant la convocation dans l'urgence de discussions entre Ukrainiens, Américains et Européens dimanche à Genève.
Américains et Ukrainiens ont notamment affirmé qu'un "futur accord" de paix devrait respecter la souveraineté de l'Ukraine et le président américain a semblé se réjouir de l'issue des pourparlers, affirmant sur son réseau Truth social que "quelque chose de bon pourrait bien se produire".
Kiev espère maintenant "organiser la visite du président Zelensky aux États-Unis dès que possible en novembre pour finaliser les étapes restantes et parvenir à un accord avec le président Trump", a déclaré sur X le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien Roustem Oumerov, un négociateur clé pour la partie ukrainienne.
Il a fait part d'une "entente" générale sur les paramètres d'un accord.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a de son côté déclaré mardi que la Russie attendait des Etats-Unis qu'ils présentent la nouvelle version de leur proposition.
Les pays de la "Coalition des volontaires" soutenant l'Ukraine se réunissaient pour leur part mardi après-midi en visio-conférence.
En ouverture, le président français, Emmanuel Macron, a affirmé qu'il y avait "enfin une chance de réaliser de vrais progrès vers une bonne paix" entre l'Ukraine et la Russie.
"Mais la condition absolue pour une bonne paix, c'est une série de garanties de sécurité très robustes, et pas des garanties uniquement sur le papier", a-t-il prévenu.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, doit se joindre à cette réunion, a-t-il précisé.
Mais, a averti le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le chemin vers un règlement du conflit en Ukraine est "encore long" et "difficile".
- Fatigue -
Sur le front, l'armée russe qui contrôle près d'un cinquième du territoire ukrainien, continue sa lente progression le long de la ligne Est, revendiquant ces derniers jours la prise de plusieurs villages.
Ivan Zadontsev, sergent dans les forces ukrainiennes, accueille les négociations avec scepticisme. "Nous sommes fatigués de la guerre", a-t-il dit mardi à l'AFP, mais il redoute "une mauvaise paix" esquissée dans la proposition américaine initiale.
Les frappes russes ont également endommagé de nouveau les infrastructures énergétiques ukrainiennes, systématiquement visées, alors que la population se prépare à un nouvel hiver marqué par les coupures de courant, de gaz et d'eau.
burs-lb/cyb
S.Pimentel--PC