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Iran: la répression s'accentue, Trump menace les partenaires de Téhéran de sanctions
Le président américain Donald Trump a menacé lundi les partenaires commerciaux de l'Iran de sanctions douanières, au moment où selon une ONG le bilan de la répression des manifestations contre le pouvoir dépasse les 600 morts.
Donald Trump, qui a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement, a annoncé lundi que tout pays commerçant avec l'Iran serait frappé de droits de douane de 25% par les Etats-Unis.
"Cette décision est définitive" et "prend effet immédiatement", a affirmé le président américain sur son réseau Truth Social, une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de l'Iran.
Lundi, les autorités iraniennes ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant des rassemblements massifs à travers le pays.
A l'appel du président Massoud Pezeshkian, des milliers d'Iraniens ont envahi selon les images de la télévision d'Etat la place de la Révolution, au coeur de Téhéran, en soutien au pouvoir confronté à l'un de ses plus grands défis depuis la proclamation de la République islamique en 1979.
Leur mobilisation est un "avertissement" aux Etats-Unis, a réagi le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
Dans la capitale, au milieu de drapeaux de la République islamique et de slogans "Mort à l'Amérique", la foule a récité des prières pour les membres des forces de sécurité tués dans ce que le gouvernement qualifie "d'émeutes". Des dizaines sont morts au total, selon la presse iranienne.
L'Iran mène une guerre contre des "terroristes", a lancé sur place le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, menaçant d'infliger à Donald Trump une leçon "inoubliable" en cas d'attaque américaine.
D'autres rassemblements similaires ont eu lieu dans plusieurs villes, d'après les médias officiels, tandis que le gouvernement a décrété trois jours de deuil national.
- Prêts pour "la guerre" -
Dans le même temps, dénonce l'ONG Iran Human Rights (IHR), la répression du mouvement débuté le 28 décembre contre le marasme économique et défiant désormais ouvertement le pouvoir, s'intensifie.
Mais la réalité pourrait être bien plus noire, craint IRH, évoquant des rapports pour l'heure non confirmés allant jusqu'à 6.000 morts. Les autorités ont imposé une coupure totale des communications internet depuis le 8 janvier, compliquant la collecte d'informations.
Sur une vidéo authentifiée dimanche par l'AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de la capitale, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.
Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé dimanche que les hôpitaux étaient "débordés" par l'afflux de manifestants blessés et que les réserves de sang diminuaient.
A Paris, le président français Emmanuel Macron a condamné "la violence d'Etat qui "frappe aveuglément" les manifestants, et Londres a fustigé "l'horrible" répression, appelant à "cesser immédiatement les violences". L'Union européenne a dit envisager "de nouvelles sanctions, plus sévères" contre l'Iran.
En écho à Téhéran, Moscou a de son côté dénoncé les "tentatives d'ingérence extérieures".
Les autorités iraniennes ont convoqué lundi des ambassadeurs ou chargés d'affaires d'Allemagne, de France, d'Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, pour protester contre le soutien affiché aux manifestants.
Le personnel diplomatique non essentiel de l'ambassade de France a par ailleurs quitté le pays, selon deux sources informées du dossier.
Après les menaces répétées de Donald Trump, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmé que son pays "ne cherchait pas la guerre", mais y était "tout à fait préparé", tout en laissant la porte ouverte à des négociations.
- "Ligne rouge franchie" -
Selon la Maison Blanche, des frappes aériennes pour mettre fin à la répression du mouvement sont toujours sur la table.
Les Etats-Unis avaient mené en juin des frappes contre les installations nucléaires iraniennes, aux côtés de son allié Israël.
La vague de contestation survient dans un pays affaibli par cette guerre de 12 jours et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire, rétablies en septembre par l'ONU.
Le fils de l'ancien chah d'Iran, chassé du pouvoir en 1979, et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a exhorté sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à "se tenir aux côtés du peuple".
Dans une interview sur CBS News, il a mis en garde contre un pouvoir iranien qui "tente de duper le monde en faisant croire une nouvelle fois qu'il est prêt à négocier".
Donald Trump "sait ce qui est en jeu", ajoute l'ancien prince héritier, estimant que "la ligne rouge qui avait été tracée a été clairement franchie par ce régime".
Ce mouvement est d'une ampleur sans précédent depuis celui qui avait ébranlé l'Iran après la mort en septembre 2022 de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour avoir prétendûment enfreint le code vestimentaire imposé aux femmes.
F.Cardoso--PC