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Législatives au Japon: la Première ministre redonne une large majorité à son parti
La Première ministre Sanae Takaichi, tenante de l'ultra-conservatisme et d'une ligne dure sur l'immigration, devrait gagner son pari de redonner une majorité à son Parti libéral-démocrate (PLD) à la chambre basse du Parlement après les élections législatives anticipées de dimanche, selon les premières estimations des médias japonais.
A la fermeture des bureaux de vote, les premières projections de la chaîne de télévision publique NHK, basées sur des sondages à la sortie des bureaux indiquent que le parti au pouvoir devrait emporter entre 274 et 328 sièges, contre 198 auparavant, dans l'assemblée qui en compte 465.
Les résultats officiels ne devraient être connus que lundi dans la journée.
"Je pense qu'il est important de venir, afin que nous puissions aussi prendre part correctement à la vie politique", expliquait à l'AFP une femme de 50 ans qui n'a donné que son nom de famille, Mme Kondo, en sortant d'un bureau de vote plus tôt dans la journée.
Pour ce scrutin, qui avait débuté sous la neige dans la capitale et une grande partie du pays, Mme Takaichi, 64 ans, espèrait doper les scores du PLD (droite nationaliste) qu'elle dirige depuis l'automne.
Portée par un début de mandat en état de grâce, la dirigeante nationaliste, première femme à diriger le Japon, depuis octobre, a promis au cours d'un meeting samedi à Tokyo de rendre son pays "plus prospère et plus sûr".
Cette grande admiratrice de Margaret Thatcher s'est engagée à "pousser le bouton de la croissance". Quant à l'immigration, les critères "sont déjà devenus un peu plus stricts, afin que les terroristes, mais aussi les espions industriels, ne puissent pas entrer facilement", a-t-elle lancé.
Le 19 janvier, la Première ministre avait annoncé la dissolution de la chambre basse du Parlement, déclenchant une campagne-éclair historique de 16 jours.
Surfant sur une très bonne cote de popularité, elle en avait même fait une affaire personnelle, interpellant les électeurs: "Takaichi est-elle apte à être Première ministre ? J'ai voulu laisser le peuple souverain décider".
- Un discours "facile à comprendre" -
Son gouvernement bénéficiait de taux d'opinions très favorables avoisinant les 70%. Auprès des jeunes notamment, Mme Takaichi est même devenue un phénomène sur les réseaux sociaux.
Au-delà de la personne de Mme Takaichi, le sujet de cette campagne a surtout été le porte-monnaie des Japonais, alors que l'inflation reste supérieure à 2% depuis près de trois ans.
"Avec la hausse des prix, ce qui compte le plus pour moi, c'est de savoir quelles politiques seront adoptées pour lutter contre l'inflation. Les prix de quasiment tout augmentent, mais (...) notre revenu disponible se réduit", avait affirmé Chika Sakamoto, une Japonaise de 50 ans interrogée par l'AFP à la sortie d'un bureau de vote.
Les premières mesures économiques de Mme Takaichi, dont un plan de relance de 135 milliards de dollars, ont pourtant inquiété les investisseurs.
La cheffe du gouvernement a promis d'exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8% afin d'atténuer l'impact de l'inflation sur les ménages.
"Même si cela peut sembler une bonne chose à court terme, je suis très inquiet de savoir si de telles mesures sont réellement responsables pour les générations qui nous succéderont", a expliqué dimanche Taku Sakamoto, un Japonais de 49 ans.
Mme Takaichi a aussi semé le trouble il y a une semaine en vantant les avantages d'un yen faible, alors même que son ministre des Finances a répété que Tokyo interviendrait pour soutenir la devise.
"Une victoire écrasante du PLD reviendrait à lui donner un mandat pour poursuivre ces politiques", a déclaré avant le scrutin à l'AFP Hiroshi Shiratori, professeur de sciences politiques à l'université Hosei.
- Le soutien de Trump -
L'évolution des relations avec la Chine reste aussi un sujet de préoccupation.
A peine deux semaines après son arrivée au pouvoir, Sanae Takaichi avait laissé entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d'attaque contre Taïwan, déclenchant une sérieuse crise diplomatique avec Pékin.
Vendredi, elle avait bénéficié du soutien du président américain, Donald Trump, qui avait expliqué sur Truth Social que "la Première ministre Takaichi a déjà prouvé qu'elle était une dirigeante solide, puissante et sage", ajoutant qu'il était "impatient" de la recevoir à la Maison Blanche le 19 mars.
Un soutien du puissant allié qui a peut-être fini de convaincre les indécis.
P.Sousa--PC