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Nouveaux pourparlers entre Russes, Ukrainiens et Américains à Genève
Négociateurs russes et ukrainiens sont arrivés à Genève pour entamer mardi avec une délégation américaine une nouvelle session de pourparlers et tenter de mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine, après deux rencontres peu concluantes aux Emirats arabes unis.
L'équipe de négociateurs russes, dirigée par l'historien nationaliste et ex-ministre de la Culture Vladimir Medinski, a atterri à Genève vers 06H00 GMT, selon une source au sein de cette délégation.
L'équipe ukrainienne est arrivée à Genève dès lundi, avait indiqué en soirée le président Volodymyr Zelensky.
Avant que ne débutent ces nouvelles discussions, le ministère russe de la Défense a affirmé que ses systèmes de défense aériens avaient détruit et intercepté plus de 150 drones ukrainiens, visant essentiellement la mer Noire, la Crimée et la mer d'Azov.
Les deux parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois. La possibilité de concessions territoriales par Kiev, en échange de garanties de sécurité occidentales, est au cœur des discussions.
Les négociations achoppent en particulier sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine : Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Donald Trump, à l'origine des tractations, fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l'invasion massive russe de l'Ukraine, en février 2022.
"L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a répété lundi soir le président américain devant la presse, à bord d’Air Force One.
La semaine dernière, il avait appelé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à "se bouger", assurant que la Russie voulait "conclure un accord".
Interrogé plus tôt lundi sur ces nouveaux pourparlers, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a quant à lui prévenu que "les questions" restant à régler étaient "vastes" et que "personne ne se risquera à prédire" l'issue des discussions de Genève.
M. Riabkov a réitéré la volonté de Moscou d'obtenir non pas une simple pause dans les hostilités mais un accord "durable" comprenant "le règlement des questions qui sont à l'origine de ce conflit". Pour défendre son attaque, la Russie avait notamment affirmé que l'ambition de l'Ukraine de rejoindre l'Otan menaçait sa sécurité.
- "Concessions" ukrainiennes -
Volodymyr Zelensky a de son côté mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier, accusant Moscou lundi de "ne pas résister à la tentation de frapper et faire souffrir les Ukrainiens dans les derniers jours de l'hiver".
Les forces russes ont procédé ces derniers mois à des bombardements massifs qui ont dévasté le réseau énergétique de l'Ukraine.
"Cela en dit long sur la façon dont la Russie considère les efforts diplomatiques", s'est emporté M. Zelensky, lundi, sur ses réseaux sociaux.
Pour lui, "seules une pression suffisante sur la Russie et des garanties de sécurité claires pour l'Ukraine permettront de mettre fin à cette guerre de manière réaliste".
Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, il a à nouveau écarté la possibilité de céder des territoires à la Russie qui occupe mi-février 19,5% de l'Ukraine.
"Nous ne pouvons pas simplement nous retirer de notre territoire ou échanger une partie de notre territoire contre une autre. C'est un peu fou, je suis désolé", a-t-il dit.
L'armée ukrainienne a réalisé une contre-offensive inédite depuis 2023 en reprenant 201 km2 à l'armée russe entre mercredi et dimanche, d'après une analyse AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW). Une superficie presque équivalente aux conquêtes russes de l'ensemble du mois de décembre (244 km2).
- Historien russe nationaliste -
Le président ukrainien avait précédemment dit espérer de nouvelles négociations "sérieuses et substantielles" et reproché aux Américains de "revenir trop souvent sur la question des concessions" demandées à Kiev.
Contrairement aux négociations d'Abou Dhabi, le choix de Vladimir Medinski pour emmener la délégation russe est un signe que le volet politique, et non plus seulement militaire, sera abordé.
"Cette fois-ci, nous prévoyons d'aborder un éventail plus large de questions, en nous concentrant sur les points clés liés aux territoires et aux autres revendications", a confirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L'équipe ukrainienne est emmenée, comme pour les réunions précédentes, par l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, tandis que la Maison Blanche devait envoyer, comme auparavant, l'émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
Comme pendant les discussions d'Abou Dhabi et de précédents pourparlers en Turquie en 2025, les alliés européens de l'Ukraine sont tenus à l'écart, ce qui est "une grosse erreur", a affirmé samedi M. Zelensky.
N.Esteves--PC