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Entre l'Inde et Airbus Helicopters plus de 60 ans d'histoire
Alouette, Ecureuil ou Lama, les hélicoptères d'Airbus sillonnent le ciel indien depuis plus de soixante ans. Cette longue histoire franchit une nouvelle étape avec la mise en service en Inde de la première chaîne d'assemblage, dédiée au H125, le best‑seller de l'avionneur.
Situé à Vemagal, près de Bangalore, la capitale de la "tech" indienne, le site a été inauguré virtuellement mardi depuis Bombay par le Premier ministre indien Narendra Modi et le président français Emmanuel Macron.
La ministre française des Armées Catherine Vautrin et son homologue indien Rajnath Singh ont assisté sur place à la cérémonie.
L'usine doit être opérationnelle en avril, le vol inaugural du premier H125 "Made in India ", cher au gouvernement de M. Modi, est attendu avant la fin de l'année et les premières livraisons prévues d’ici avril 2027.
Grande première, la ligne d'assemblage sera gérée par un groupe privé indien, le conglomérat Tata Group, qui y emploira à terme 500 employés.
Elle a été conçue pour produire également la version militaire du H125, à l'heure où l'armée indienne envisage d'acheter 200 hélicoptères légers de reconnaissance et surveillance.
Airbus dispose déjà depuis 2024 à Vadodara (ouest) d'une ligne d'assemblage d'avions de transport militaires C295 opérée avec Tata Advanced System. Elle produira 40 des 56 avions commandés par l'armée de l'air indienne, le premier sera livré en septembre.
- "Gagnant gagnant" -
"Notre collaboration avec l'Inde, c'est du gagnant gagnant", soutient Jocelyn Gaudin, responsable du centre d’ingénierie et d'innovation d'Airbus à Bangalore.
Le constructeur compte plus de 3.800 employés en Inde, dont près de 3.300 à Bangalore, sur les métiers de l'ingénierie, l'informatique et l'innovation, le plus important en dehors de l'Europe.
"Cela fait partie du plan d'Airbus visant à améliorer la résilience" du groupe face aux incertitudes géopolitiques, notamment "de gagner en compétitivité sur les marchés, car l'écosystème en Inde est très bon", souligne-t-il. "Les Indiens sont prêts à investir et très compétents".
Airbus Helicopters avait signé en 1962 un premier accord de licence avec le constructeur aéronautique public indien Hindustan Aeronautics Limited (HAL) pour fabriquer localement l'hélicoptère Alouette III.
En 1970, il avait été étendu pour inclure la production des hélicoptères Lama.
Quelque 650 appareils sont sortis des usines HAL depuis 1965, la plupart toujours en service, principalement pour le transport de troupes et des missions logistiques.
Le H125 Ecureuil est un hélicoptère léger civil pouvant transporter jusqu'à six personnes.
Sa production en Inde, espère l'avionneur européen, "catalysera l'usage de l'hélicoptère dans le pays" le plus peuplé de la planète, avec à la clé un potentiel énorme autant sur le marché civil que militaire.
- 40% de parts de marché -
Airbus est l'un des trois plus grands constructeurs d'hélicoptères au monde et entend monter en puissance, notamment en Inde et dans le reste de l'Asie du Sud, où il possède déjà 40% des parts du marché civil.
"Nous travaillons avec les usines afin de garantir une fabrication conforme et respectueuse des exigences du bureau d’études en matière de définition du produit", souligne M. Gaudin.
Airbus a acheté pour 1,5 milliard de dollars de composants et services en Inde en 2025.
L'avionneur européen a vendu 544 hélicoptères en 2025 dans le monde, près de 20% de plus que l'année précédente, sous l'effet de commandes militaires massives en Europe et de l'intégration des drones dans les systèmes de combat, a annoncé le groupe fin janvier.
Hors annulations, Airbus Helicopters enregistre 536 commandes nettes auprès de 205 clients et a livré 392 appareils sur l'année (+8,6% sur un an). Il s'est pour la première fois classé numéro 1 sur le marché militaire en termes de commandes.
La part sur le segment militaire a progressé à 28%, contre 19% en 2024.
Le Premier ministre indien veut que l'Inde perde sa place de premier importateur mondial d'armement conventionnel et souhaite fabriquer sur son sol 70% de ses équipements militaires d'ici la fin de la décennie.
C.Amaral--PC