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Mort de Quentin Deranque: cinq interpellations dont un assistant du député LFI Raphaël Arnault
Cinq hommes, dont un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ont été interpellés mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, roué de coups jeudi à Lyon.
Le nom de Jacques-Elie Favrot circulait depuis plusieurs jours et le jeune homme avait perdu lundi ses droits d'accès à l'Assemblée nationale bien qu'il ait démenti, par le biais de son avocat "être responsable du drame".
Quentin Derenque, 23 ans, a été frappé jeudi soir par plusieurs personnes cagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.
Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi.
Après avoir auditionné les témoins, exploité des vidéos et de la téléphonie, les enquêteurs étaient parvenus mardi matin à identifier une partie des suspects et ont procédé dans l'après-midi à cinq interpellations, selon le procureur de Lyon Thierry Dran.
Le magistrat a refusé d'en dire plus sur leur profil, mais une source proche du dossier a précisé à l'AFP qu'un assistant parlementaire de Raphaël Arnault, député LFI et fondateur du mouvement d'ultragauche La Jeune Garde, figurait parmi eux.
Selon cette source, d'autres interpellations devraient suivre rapidement.
Une autre source a précisé que tous les interpellés étaient proches de la mouvance d'ultragauche.
- "Déshonorés" -
Le président du RN Jordan Bardella a immédiatement accusé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon d'avoir "ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des meurtriers présumés" et d'avoir une "responsabilité morale et politique (...) immense" dans le drame.
Avant même l'annonce des arrestations, le Premier ministre Sebastien Lecornu avait demandé à la France insoumise de "faire le ménage" dans ses "rangs" lors d'une séance de questions au gouvernement particulièrement tendue à l'Assemblée nationale.
"Nous n'acceptons pas les leçons que nous donne Monsieur le Premier ministre, qui visiblement a pété un câble", a rétorqué Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence devant des militants à Paris.
Les agresseurs de Quentin Deranque se sont "déshonorés" en frappant le jeune militant "d'une manière qui, de toute évidence, comporte le risque d'infliger la mort", a-t-il toutefois ajouté. "Dans la violence, qu'elle soit défensive ou offensive (...), tous les coups ne sont pas permis."
La cheffe des députés insoumis Mathilde Panot avait elle dénoncé dans l'enceinte du palais Bourbon ceux qui "instrumentalisent" la mort du militant nationaliste pour "salir" LFI.
Elle a aussi reproché à l'exécutif un "silence", notamment après la mort de l'ancien international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, assassiné à Paris en 2022, alors que le principal accusé est un ancien du mouvement d'ultradroite Groupe Union Défense (GUD).
Applaudi par des députés des rangs macronistes jusqu'au Rassemblement national, Sébastien Lecornu a vertement répliqué : "Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject".
- Alliée -
Un échange électrique qui tranchait avec la minute de silence en hommage à Quentin Deranque, observée par tous les députés.
"La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner", a pour sa part déclaré le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
La Jeune Garde, mouvement antifasciste fondé en 2018 à Lyon, a assuré ne pouvoir "être tenue pour responsable" de la mort de Quentin Deranque, "ayant suspendu toutes ses activités" car elle est visée par une procédure de dissolution.
Jean-Luc Mélenchon, a, par le passé, fait l'éloge de la Jeune Garde. En avril 2025, il avait salué le travail de cette "organisation alliée".
Le coordinateur national de LFI Manuel Bompard a argué mardi que ce soutien passé ne constituait pas un lien entre LFI et le drame. Si d'anciens membres de ce groupe d'ultragauche sont responsables de l'agression, "ils doivent être punis", a-t-il dit.
La France insoumise n'a "aucun lien" avec cette agression, ni "aucune responsabilité politique", a-t-il martelé.
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé sur BFMTV qu'il n'y aurait pas d'autres "meetings" dans les universités si un risque de trouble à l'ordre public est avéré.
sc-mat-led-sl-sac-chp/epe/cbn
X.Brito--PC