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Cuba dénonce une tentative d'"infiltration" d'un groupe armé venant des Etats-Unis
Cuba a dénoncé une tentative d'"infiltration à des fins terroristes" après avoir abattu mercredi au large de l'île quatre occupants d'une vedette immatriculée en Floride, dans un contexte de tensions croissantes avec les Etats-Unis.
Quatre personnes ont été tuées et six autres blessées après avoir été interceptées dans les eaux cubaines à bord d'une vedette immatriculée aux Etats-Unis, a déclaré le ministère cubain de l'Intérieur.
De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a indiqué que les Etats-Unis enquêtaient sur cette fusillade.
Ce violent affrontement survient alors que les tensions entre Washington et La Havane se sont intensifiées ces dernières semaines, l'embargo pétrolier de facto imposé par le président Donald Trump à ce pays communiste aggravant une crise humanitaire qui dure depuis des années.
Selon le gouvernement cubain, les hommes à bord de la vedette étaient en possession notamment de fusils d'assaut, d'armes de poing, d'engins explosifs de fabrication artisanale (cocktails Molotov), de gilets pare-balles et de vêtements de camouflage.
Les membres du groupe armé sont "des Cubains résidant aux Etats-Unis" et "la plupart d'entre eux ont des antécédents connus d'activité délictueuse et violente", a précisé le ministère de l'Intérieur, qui a publié les noms des six occupants de la vedette blessés, ainsi que celui d'un tué.
"Cuba doit changer radicalement, car c'est sa seule chance d'améliorer la qualité de vie de sa population", avait affirmé juste avant l'incident le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
- "Réagir en conséquence" -
Auparavant, le ministère américain des Finances avait fait savoir que du pétrole d'origine vénézuélienne pourrait être revendu et acheminé au secteur privé à Cuba, à condition que les transactions ne profitent pas au régime de La Havane mais "au peuple" de l'île.
Après avoir capturé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, lors d'un raid militaire surprise le 3 janvier, l'administration Trump a pris le contrôle des exportations de pétrole du Venezuela et a interdit les livraisons de pétrole dont dépendait Cuba.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui se trouvait mercredi à Saint-Kitts-et-Nevis dans le cadre d'une visite diplomatique pour rencontrer des responsables de pays des Caraïbes, a déclaré que Washington enquêtait sur la fusillade.
"Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d'informations, nous serons prêts à réagir en conséquence", a-t-il dit.
Interrogé sur la possibilité que cet épisode ait impliqué du personnel du gouvernement américain ou soit une opération du gouvernement américain, M. Rubio a catégoriquement répondu: "Non".
Marco Rubio, fils d'immigrants cubains né à Miami, a affirmé récemment que l'administration Trump espère voir son emprise économique contribuer à renverser ce qu'il a appelé le "régime illégitime" de La Havane.
Selon le gouvernement cubain, deux des blessés "figurent sur la liste nationale des personnes et entités qui (...) ont fait l'objet d'enquêtes pénales et sont recherchées par les autorités cubaines".
La vedette rapide a été interceptée au large de la côte nord de Cuba, près du Cayo Falcones, dans la province de Villa Clara (centre).
Selon les autorités cubaines, des "coups de feu" ont été tirés depuis l'embarcation contre les effectifs cubains qui s'approchaient pour procéder à son identification, blessant le commandant du navire.
Avant l'annonce de La Havane sur la présence à bord d'un groupe armé, le procureur général de Floride, James Uthmeier, avait annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire. "Le gouvernement cubain n'est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes", a-t-il écrit sur X.
"J'appelle à une enquête immédiate sur ce massacre", a affirmé le député républicain de Floride, Carlos Gimenez, dans un communiqué. "Le régime cubain doit être relégué dans les poubelles de l'histoire pour ses innombrables crimes contre l'humanité", a-t-il ajouté.
Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré pour sa part que les Etats-Unis "surveillaient" la situation.
Les Etats-Unis ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l'île de 9,6 millions d'habitants et ils appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine ce pays situé à seulement 150 km des côtes de la Floride.
Washington maintient un embargo sur la plupart des échanges commerciaux avec Cuba depuis 1960.
burs-aje/bpi/bfi
L.E.Campos--PC