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Premiers militaires américains tués lors de l'opération contre l'Iran
Washington a fait état dimanche des premiers militaires américains tués dans le cadre de l'opération contre l'Iran lors de laquelle le guide suprême, Ali Khamenei, a été tué, Téhéran menant des frappes de représailles sur les pays du Golfe alliés des Etats-Unis et sur Israël.
En riposte à l'attaque samedi lors de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri, dont le guide suprême, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.
L'annonce de la disparition de celui qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans a donné lieu à Téhéran à un rassemblement de milliers de partisans du pouvoir, criant "mort à l'Amérique", "mort à Israël", selon un journaliste de l'AFP sur place.
Mais la nouvelle a aussi été accueillie avec des acclamations de joie dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l'AFP.
- "Aucun moyen de réformer" -
"Nous avons tous compris qu'il n'y a absolument aucun moyen de réformer ce régime sans une intervention étrangère", témoigne pour l'AFP une habitante de Téhéran âgée d'une trentaine d'années, sous couvert d'anonymat. "Ils ont pris le peuple iranien en otage", a-t-elle ajouté.
Un vaste mouvement de contestation avait été écrasé dans le sang en janvier, faisant des milliers de morts selon des ONG.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit que son pays mobilisait "toute sa puissance, comme jamais auparavant" dans l'opération, et Donald Trump a affirmé à une journaliste de la chaîne Fox News que "48 dirigeants" iraniens avaient déjà été tués.
Le peuple iranien tient là sa "plus grande chance" de "reprendre" le contrôle du pays, avait-il lancé plus tôt.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé que trois militaires américains avaient été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l'opération, sans donner de détails.
- "Revenir à la raison" -
Des journalistes de l'AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Ryad et Manama, ainsi qu'Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a appelé à un "cessez-le-feu".
Deux navires ont été attaqués au large des Emirats arabes unis et d'Oman dans le détroit d'Ormuz, selon des agences de sécurité maritimes. Le premier armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné à tous ses navires présents dans le Golfe de "se mettre à l'abri".
Les Emirats, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l'Iran à revenir "à la raison".
Les hostilités ont entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient. Le Royaume-Uni a exhorté ses citoyens se trouvant dans plusieurs pays du Golfe à "rester à l'abri" et la France se dit prête à évacuer ses ressortissants au Proche-Orient.
Comme il avait prévenu, l'Iran a aussi répliqué avec de nouvelles frappes contre Israël.
Neuf personnes ont été tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre d'Israël, quand un bâtiment s'est effondré à la suite d'une "frappe directe" de missile iranien, ont annoncé les secours, précisant avoir évacué 28 blessés dont deux dans un état grave.
Plus de 20 personnes ont aussi été blessées à Tel-Aviv. Dimanche matin, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans plusieurs régions d'Israël qui a dit mobiliser 100.000 réservistes.
D'abord annoncée par Donald Trump, la mort d'Ali Khamenei a été confirmée dans la nuit par la télévision d'Etat iranienne.
- "Aucune limite" -
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger sa mort était un droit "légitime" et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a averti que son pays ne se fixait "aucune limite" dans son droit à se défendre.
Les autoroutes et grandes avenues, habituellement embouteillées, sont vides. Les réverbères le long des grands axes sont éteints et peu de lumières sont visibles depuis les appartements, ce qui suggère que beaucoup ont quitté la capitale.
L'agence de presse Mehr a affirmé qu'une attaque dans l'ouest de l'Iran contre un bâtiment des gardes-frontières avait tué 43 membres des forces de sécurité.
Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d'état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, selon la télévision d'Etat.
La transition du pouvoir sera assurée par un triumvirat composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d'Alireza Arafi, un haut dignitaire religieux, membre du Conseil des Gardiens de la Révolution, selon un média d'Etat.
En Iran, le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays.
Outre le Golfe et Israël, les hostilités s'étendent ailleurs dans la région.
De nouvelles explosions ont été entendues dimanche soir à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), qui abrite des bases américaines. En Syrie, Israël a intercepté un missile iranien, selon une source officielle syrienne. Et en Jordanie, les forces armées ont dit avoir intercepté depuis samedi 13 missiles balistiques.
Benjamin Netanyahu a justifié l'attaque de samedi par la "menace existentielle" que fait peser selon lui l'Iran sur Israël. Donald Trump a lui dit répondre à des menaces "imminentes" contre les Etats-Unis, liées à la fois au programme nucléaire et aux capacités de missiles iraniennes.
Les appels à la désescalade se sont multipliés, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres mettant en garde contre une "série d'événements que personne ne peut contrôler". L'Otan a dit "ajuster" le positionnement de ses forces face aux "potentielles menaces".
E.Raimundo--PC