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Le QG des Gardiens de la révolution iraniens détruit
Les frappes américano-israéliennes ont détruit le Quartier général des Gardiens de la Révolution iraniens, a annoncé dimanche le Pentagone, alors que les Etats-Unis ont déploré leurs premières victimes d'une guerre qui menace d'embraser le Moyen-Orient.
Au lendemain de la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei, les Etats-Unis et Israël ont dit avoir "décapité le serpent" lors d'une attaque à grande échelle samedi, l'armée israélienne soulignant avoir porté un "coup dur" aux capacités de commandement iraniens.
Alors que les deux camps affichent leur détermination à poursuivre les hostilités, laissant craindre un embrasement régional, Téhéran a continué dimanche à mener des frappes de représailles sur les pays du Golfe alliés des Etats-Unis et Israël.
Le président américain, Donald Trump, a déclaré au Daily Mail s'attendre à ce que l'opération contre l'Iran dure "quatre semaines ou moins", faisant valoir que le "pays est grand".
Dans une première réaction à la mort de trois militaires américains, il a dit dans une interview téléphonique à NBC News "s'attendre à des pertes, mais au bout du compte ce sera une bonne affaire pour le monde".
Deux très puissantes explosions ont secoué dimanche soir Téhéran, alors que la télévision d'Etat annonçait être visée par des frappes.
En riposte à l'attaque samedi lors de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri, dont le guide suprême, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.
L'annonce de la disparition de celui qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans a donné lieu à Téhéran à un rassemblement de milliers de partisans du pouvoir, criant "mort à l'Amérique", "mort à Israël", selon un journaliste de l'AFP sur place.
Mais la nouvelle a aussi été accueillie avec des acclamations de joie dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l'AFP.
- "Aucun moyen de réformer" -
"Nous avons tous compris qu'il n'y a absolument aucun moyen de réformer ce régime sans une intervention étrangère", témoigne pour l'AFP une habitante de Téhéran âgée d'une trentaine d'années, sous couvert d'anonymat. "Ils ont pris le peuple iranien en otage", a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dit que son pays, qui avait déjà frappé l'Iran en juin avec les Etats-Unis, mobilisait "toute sa puissance, comme jamais auparavant" dans l'opération, et Donald Trump a affirmé que "48 dirigeants" iraniens avaient déjà été tués et des navires "coulés".
Le peuple iranien tient là sa "plus grande chance" de "reprendre" le contrôle du pays, avait-il lancé plus tôt.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé une attaque "de grande envergure". Un responsable iranien a souligné que Téhéran visait les bases américaines dans les pays voisins, et non ses voisins.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé que trois militaires américains avaient été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l'opération.
- "Revenir à la raison" -
Des journalistes de l'AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Ryad et Manama, ainsi qu'Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a appelé à un "cessez-le-feu".
A Jérusalem, plusieurs séries d'explosions ont été entendues dimanche soir vers 19H20 GMT.
Trois navires ont été attaqués au large des Emirats arabes unis et d'Oman dans le détroit d'Ormuz, selon des agences de sécurité maritimes. Le premier armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné à tous ses navires présents dans le Golfe de "se mettre à l'abri".
Les Emirats, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l'Iran à revenir "à la raison". Une personne est morte au Koweït.
Les hostilités ont entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient.
L'Iran a aussi répliqué avec de nouvelles frappes contre Israël.
Neuf personnes ont été tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre d'Israël, quand un bâtiment s'est effondré à la suite d'une "frappe directe" de missile iranien, ont annoncé les secours. Plus de 40 personnes ont été blessées et 11 sont portées disparues.
Plus de 20 personnes ont aussi été blessées à Tel-Aviv.
- "Aucune limite" -
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger la mort du guide suprême était un droit "légitime" et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que son pays ne se fixait "aucune limite" dans son droit à se défendre.
A Téhéran, les autoroutes et grandes avenues, habituellement embouteillées, sont vides. Les réverbères le long des grands axes sont éteints et peu de lumières sont visibles depuis les appartements, ce qui suggère que beaucoup ont quitté la capitale.
L'agence de presse Mehr a affirmé qu'une attaque dans l'ouest de l'Iran contre un bâtiment des gardes-frontières avait tué 43 membres des forces de sécurité.
Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d'état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, selon la télévision d'Etat.
En Iran, le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays.
Outre le Golfe et Israël, les hostilités s'étendent ailleurs dans la région, notamment en Irak.
De nouvelles explosions ont été entendues dimanche soir à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), qui abrite des bases américaines et Bagdad a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et police près de l'ambassade américaine. En Jordanie, les forces armées ont dit avoir intercepté depuis samedi 13 missiles balistiques.
Les appels à la désescalade se sont multipliés, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, mettant en garde contre une "série d'événements que personne ne peut contrôler".
E.Raimundo--PC