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Iran: Trump jure de se venger après la mort d'Américains, la guerre s'intensifie
Donald Trump a promis dimanche de "venger" les premiers morts américains dans le conflit avec l'Iran, dont le haut commandement militaire a été décimé mais qui cherche à étendre la guerre dans toute la région.
"L'Amérique est avec vous", a lancé le président américain aux Iraniens, disant prévoir des opérations militaires de "quatre semaines" en Iran, au lendemain de la mort de l'ayatollah Khamenei tué dans les frappes israélo-américaines lancées tôt samedi matin.
Le Pentagone a annoncé avoir détruit le Quartier général des Gardiens de la Révolution iraniens, tandis que l'armée israélienne a dit avoir "décapité le serpent" et porté un "coup dur" aux capacités de commandement iranien.
"L'Amérique va venger ses morts et porter le coup le plus sévère aux terroristes qui ont déclaré la guerre contre, fondamentalement, la civilisation", a déclaré le dirigeant républicain dans un message vidéo solennel sur son réseau Truth Social.
Il a appelé les Gardiens de la révolution iraniens, l'armée idéologique du régime, et la "police militaire" à "déposer les armes et recevoir une immunité totale ou faire face à une mort certaine".
Les deux camps ont affiché leur détermination à poursuivre les hostilités, laissant craindre un embrasement régional.
- Puissantes explosions -
Téhéran a continué dimanche à mener des frappes de représailles contre les pays du Golfe alliés des Etats-Unis et Israël, faisant au moins quatre morts et des dizaines de blessés.
Les prix du pétrole ont flambé de 13% à l'ouverture des marchés en Asie lundi.
Des journalistes de l'AFP ont entendu dimanche de nouvelles explosions à Dubaï, aux Emirats arabes unis, à Doha, au Qatar, à Manama, capitale du Bahreïn, ainsi qu'à Ryad.
Selon le Premier ministre Keir Starmer, le Royaume-Uni a accepté que les Etats-Unis utilisent des bases militaires britanniques pour frapper des sites de missiles iraniens, mais Londres "ne participera pas à des actions offensives en Iran".
Deux très puissantes explosions ont secoué dimanche soir Téhéran, alors que la télévision d'Etat annonçait être visée par des frappes.
En riposte à l'attaque de samedi lors de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri, dont le guide suprême, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.
L'annonce de la disparition de celui qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans a donné lieu à Téhéran à un rassemblement de milliers de partisans du pouvoir, criant "mort à l'Amérique", "mort à Israël", selon un journaliste de l'AFP sur place.
Mais la nouvelle a aussi été accueillie avec des acclamations de joie dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l'AFP.
- "Pris en otage" -
"Nous avons tous compris qu'il n'y a absolument aucun moyen de réformer ce régime sans une intervention étrangère", témoigne pour l'AFP une habitante de Téhéran âgée d'une trentaine d'années, sous couvert d'anonymat. "Ils ont pris le peuple iranien en otage", a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dit que son pays, qui avait déjà frappé l'Iran en juin avec les Etats-Unis, mobilisait "toute sa puissance, comme jamais auparavant" dans l'opération, et Donald Trump a affirmé que "48 dirigeants" iraniens avaient déjà été tués et 9 navires iraniens "coulés".
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé que trois militaires américains avaient été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l'opération.
- "Revenir à la raison" -
Dans la région de Jérusalem, sept personnes ont été blessées dimanche soir après des tirs de missiles iraniens, selon les pompiers israéliens.
Neuf personnes ont été tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre d'Israël, quand un bâtiment s'est effondré à la suite d'une "frappe directe" de missile iranien, ont annoncé les secours. Plus de 40 personnes ont été blessées et 11 sont portées disparues.
Plus de 20 personnes ont aussi été blessées à Tel-Aviv.
Par ailleurs, trois navires ont été attaqués au large des Emirats arabes unis et d'Oman dans le détroit d'Ormuz, selon des agences de sécurité maritimes.
Les Emirats, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l'Iran à revenir "à la raison". Une personne est morte au Koweït.
Les hostilités ont entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient.
- "Aucune limite" -
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger la mort du guide suprême était un droit "légitime" et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que son pays ne se fixait "aucune limite" dans son droit à se défendre.
Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d'état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, selon la télévision d'Etat.
Outre le Golfe et Israël, les hostilités s'étendent ailleurs dans la région, notamment en Irak.
De nouvelles explosions ont été entendues dimanche soir à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), qui abrite des bases américaines et Bagdad a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et police près de l'ambassade américaine. En Jordanie, les forces armées ont dit avoir intercepté depuis samedi 13 missiles balistiques.
A Karachi, au Pakistan, au moins dix-sept personnes ont péri dans des protestations après la mort du guide suprême iranien, notamment en tentant de prendre d'assaut les représentations diplomatiques des Etats-Unis dans le pays.
Les appels à la désescalade se sont multipliés, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, mettant en garde contre une "série d'événements que personne ne peut contrôler".
V.F.Barreira--PC