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Macron envoie le Charles de Gaulle et d'autres renforts militaires au Moyen-Orient

Macron envoie le Charles de Gaulle et d'autres renforts militaires au Moyen-Orient

Emmanuel Macron a annoncé mardi le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle, d'avions Rafale, d'une frégate et de moyens de défense anti-aérienne au Moyen-Orient pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

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Lors d'une allocation solennelle de huit minutes, la première depuis mars 2025, il a dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, avec son "programme nucléaire dangereux" et "l'ordre (donné) de tirer sur son propre peuple" lors des grandes manifestations de janvier.

"Compte tenu de tout cela (..) les Etats-Unis d’Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires, conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons approuver", a-t-il souligné.

"Il reste que l’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Aucun ne sera regretté", a-t-il ajouté. Une position diplomatique déjà adoptée après l'enlèvement et le transfert du président vénézuélien Maduro aux Etats-Unis le 3 janvier.

Le président a en revanche mis en garde Israël contre toute opération terrestre au Liban qui serait "une escalade dangereuse et une erreur stratégique", tout en estimant que le Hezbollah avait commis "une faute majeure" en frappant Israël en premier.

"Face à cette guerre en train de s’étendre et dont nul ne sait dire aujourd’hui le terme", la France doit prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région, a poursuivi le président et chef des armées citant le Qatar, le Koweït, les Emirats Arabes Unis, la Jordanie, l'Irak ainsi que le Kurdistan irakien.

"J'ai donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée", a-t-il déclaré.

- "Strictement défensif" -

Le fleuron de la Marine française se trouve actuellement dans le nord de l'Europe - il était dernièrement en escale à Malmö (Suède) - dans le cadre d'une mission de l'Otan destinée à renforcer la sécurité de l'Arctique mais aussi à apaiser les Etats-Unis sur le Groënland.

Le chef de l'Etat a aussi annoncé - sans préciser où - l'envoi d'avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et d'un radar aéroporté (Awacs), qui ont été déployés "ces dernières heures", ainsi que l'envoi dès mardi soir à Chypre de la frégate multimissions Languedoc et de moyens anti-aériens.

"Nous devons être aux côtés de nos amis et alliés de la région pour leur sécurité et leur intégrité territoriale", a-t-il martelé en précisant qu'il s'agissait d'une posture "strictement défensive".

Il a par ailleurs précisé que la France avait abattu des drones "en légitime défense", "dès les premières heures" du conflit, et que deux bases françaises avaient subi des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels", sans plus de précisions.

Le président français a aussi annoncé qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de réunir des moyens, "y compris militaires", dans le but de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" que sont le canal de Suez et le détroit d'Ormuz. Un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié transitent par le détroit.

- Pas de soutien à Trump et Netanyahu -

Deux "premiers vols" rapatriant des Français de la région arriveront "dès" mardi soir à Paris, a-t-il encore annoncé. Quelque 400.000 ressortissants français sont présents dans la douzaine de pays concernés par le conflit, selon le Quai d'Orsay.

Emmanuel Macron a également demandé un renforcement du dispositif de protection militaire Sentinelle sur le territoire national, avec ses patrouilles de soldats dans les lieux publics, ainsi qu'une "vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées".

Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a averti sur X que si la protection de "nos compatriotes et alliés" devait être soutenue, cela ne devait pas "conduire à un soutien implicite à la guerre conduite sans mandat par Trump et Netanyahu".

"Il est pénible d'entendre le président français retirer toute responsabilité de la situation à Trump et Netanyahu", a renchéri le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon. Pour autant le respect des engagements internationaux de notre pays, notamment avec Chypre, membre de l'Union européenne, est légitime", a-t-il ajouté.

E.Raimundo--PC