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Municipales: Bardella à Marseille où un basculement au RN serait "un séisme"
Municipales: Bardella à Marseille où un basculement au RN serait "un séisme" / Photo: Francois LO PRESTI - AFP

Municipales: Bardella à Marseille où un basculement au RN serait "un séisme"

Avant une visite de Jordan Bardella à Marseille puis Menton que le Rassemblement national espère conquérir, le maire sortant de gauche Benoît¨Payan estime qu'un basculement à l'extrême droite de la 2e ville de France serait "un séisme" pour le pays.

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Après Nîmes mardi, Jordan Bardella est vendredi matin à Marseille en soutien au député RN Franck Allisio, donné au coude-à-coude dans les sondages avec Benoît Payan.

Marine Le Pen sera elle en Ardèche et dans le Gard, battant la campagne tous azimuts à neuf jours du premier tour.

"Si Marseille tombe aux mains du RN, c'est un séisme pour le pays", tonne M. Payan en Une de Libération. Pour lui, cette ville, l'une des plus pauvres de France, "est trop fragile pour qu'un néofaciste la gouverne à cause des ambitions de Jean-Luc Mélenchon".

Une pique envoyée à la veille du déplacement à Marseille du leader insoumis auprès de son candidat Sébastien Delogu et alors que tous les regards sont déjà tournés vers les stratégies d'entre-deux tours. M. Payan, donné loin devant M. Delogu au premier tour par les sondages, exclut un rapprochement avec LFI, appellant au désistement de la liste la moins bien placée.

Déjà aux manettes à Perpignan et Fréjus, le RN voit une chance à Marseille, compte surtout reprendre Toulon, où Marine Le Pen s'est déplacée le week-end dernier, et conquérir Menton, médiatisée comme jamais depuis que Louis Sarkozy, fils de l'ancien président, a décidé d'y faire à 28 ans ses premiers pas en politique.

Le président du RN poussera donc dans la soirée jusqu'à la frontière italienne pour un meeting de la députée Alexandra Masson, ancienne militante UMP passée à l'extrême droite. Il y retrouvera son allié Eric Ciotti, qui délaissera une soirée la campagne saignante à Nice.

Face à Mme Masson, l'aura du patronyme Sarkozy sur la Côte d'Azur et le soutien de LR, Horizons et Renaissance, n'ont pas suffi à Louis pour fédérer la droite. Deux anciens adjoints au maire sont également en lice, Sandra Paire et Florent Champion, tandis que la gauche s'est unie derrière l'écologiste Laurent Lanquar-Castiel.

La semaine dernière, un sondage Elabe pour BFMTV/Nice-Matin réalisé auprès d'un échantillon de 400 Mentonnais a placé ces quatre listes dans un mouchoir de poche (15 à 17% chacune), loin derrière Mme Masson, créditée de 31%.

Hasard du calendrier, M. Bardella se rend à Menton alors que le maire sortant, Yves Juhel (LR), qui ne se représente pas, a été jugé cette semaine à Marseille pour des soupçons de détournement de fonds.

- "Je ne bouge pas d'ici" -

"Il y a aujourd'hui une réelle envie de calme, de compétence, de transparence. Et une colonne vertébrale", martèle Mme Masson. Louis Sarkozy multiplie pour sa part tractages et réunions de quartier, fustigeant le programme "complètement immature" de son adversaire.

"On a une meilleure liste, un meilleur programme, une meilleure dynamique, une meilleure activité. On est plus beau, plus grand, plus drôle, plus charismatique. On fait tout mieux. Voilà", assure-t-il, promettant: "Je ne bouge pas d'ici. Et si ce n'est pas celle-là, ce sera la prochaine".

"On a un influenceur à Menton", soupire Mme Paire. "L'humilité ce n'est pas ce qui le caractérise (...). Ca va être quelqu'un de très compliqué".

De l'autre côté de l'arc méditerranéen, l'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann est attendu à Perpignan, plus grande ville de France tenue par le RN.

Mais l'attention sera surtout tournée sur les tensions qui n'en finissent pas à gauche après les déclarations de Jean-Luc Mélenchon dimanche, à Perpignan justement, déformant le nom de l'eurodéputé, après avoir déjà ironisé sur la prononciation du patronyme Epstein, ravivant les accusations d’antisémitisme. M. Glucksmann, d'origine juive ashkénaze, a ainsi qualifié le triple candidat à la présidentielle de "Jean-Marie Le Pen de notre époque".

Il a eu beau se dire "désolé", fait rare pour le leader LFI, M. Mélenchon se retrouve cerné par les polémiques juste avant des municipales sur lesquelles son parti a misé plus que d'habitude.

Plus au Nord, la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot sera au Mans pour soutenir Maël Brillant.

Et à Lille, où le scrutin s’annonce serré, les écologistes se mobilisent autour de Stéphane Baly qui avait échoué de peu en 2020 face à la maire sortante Martine Aubry. Sont attendus vendredi le sénateur Yannick Jadot et dimanche Marine Tondelier.

F.Cardoso--PC