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Pékin dit que la guerre au Moyen-Orient "n'aurait jamais dû avoir lieu"
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré dimanche que la guerre au Moyen-Orient "n'aurait jamais dû avoir lieu" et a refusé un retour à la "loi de la jungle".
Le chef de la diplomatie chinoise s'est livré lors d'une conférence de presse à Pékin à un tour d'horizon des affaires internationales.
- Moyen-Orient: arrêt des hostilités -
"C'est une guerre qui n'aurait jamais dû avoir lieu, et une guerre qui n'apporte aucun bénéfice à aucune des parties", a-t-il dit. Il a répété le mantra chinois: "Le monde ne peut pas retourner à la loi de la jungle".
"Recourir systématiquement à la force ne prouve rien de sa propre puissance", a-t-il dit dans une claire référence aux Etats-Unis.
Il a renouvelé l'appel de la Chine à un arrêt des hostilités et au respect de la souveraineté des Etats. La Chine a exprimé sa colère face aux frappes américaines et israéliennes en Iran. Les experts jugent improbable, malgré l'impact sur ses importations de pétrole, qu'elle sacrifie ses intérêts et fasse front face aux Etats-Unis pour porter secours au partenaire iranien.
- Relations avec les Etats-Unis: appel à la maîtrise -
Une visite en Chine du président Donald Trump est annoncée en avril côté américain. La Chine ne l'a pas confirmée et Wang Yi s'en est tenu à la même discrétion lors de cette conférence de presse d'une heure trente, exercice rare et très encadré qui a surtout consisté en un énoncé de grands principes.
2026 est "une année importante pour les relations sino-américaines (...) Il convient désormais aux deux parties de se préparer minutieusement, de créer un environnement propice, de contrôler les différends existants et d'éliminer toute ingérence inutile", a plaidé M. Wang.
Les deux premières économies mondiales se sont livré en 2025 une âpre bataille commerciale aux retombées globales, avant une trêve conclue en octobre. De nouvelles négociations sont préues dans les prochaines semaines.
- Relations avec la Russie: "inébranlables" -
"Malgré un contexte international turbulent et complexe, les relations sino-russes restent fermes et inébranlables", a-t-il dit.
Les Européens et les soutiens de l'Ukraine pressent la Chine d'user de ses relations étroites avec la Russie pour metttre fin à la guerre. Ils critiquent les importations chinoises d'hydrocarbures russes et l'accusent de livrer à la Russie des équipements à double usage civil et militaire. Pékin se défend de tout rôle dans le conflit tout en appelant à sa résolution.
- Relations avec l'Europe: partenaire, pas "concurrent" -
"Eriger des remparts et des barrières ne fait que mener à l'isolement. Nous saluons le fait que nos amis européens sortent du réduit du protectionnisme et viennent à la salle de sport qu'est le marché chinois, pour y renforcer leurs muscles et accroître leur compétitivité", a-t-il dit.
Les relations commerciales Chine-UE se sont tendues ces dernières années. Les Européens dénoncent des pratiques déloyales et s'émeuvent des excédents commerciaux chinois. Les Chinois dénoncent les restrictions d'accès au marché européen.
Les dirigeants français, britannique et allemand se sont succédé ces derniers mois en Chine pour renforcer la coopération. "De plus en plus d'Européens clairvoyants comprennent que la Chine n'est pas un concurrent, mais un partenaire mondial", a dit Wang Yi.
- Mise en garde au Japon -
"Se rappeler que le militarisme japonais a jadis instrumentalisé une crise de survie pour lancer des agressions contre d'autres pays ne peut que renforcer la vigilance et l'inquiétude des peuples chinois et asiatiques. Où va le Japon?", a-t-il demandé.
Les rapports historiquement conflictuels ou délicats entre la Chine et le Japon se sont à nouveau détériorés depuis que la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a laissé entendre en novembre que son pays pourrait réagir militairement à une attaque contre Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.
Wang Yi a dit espérer que le Japon ne renouvellerait pas les "erreurs désastreuses" du passé. "1,4 milliard de Chinois ne permettront jamais à personne de glorifier le colonialisme".
- Taïwan: intransigeance -
"Il n'y jamais eu, il n'y a et il n'y aura jamais aucune possibilité qu'elle (Taïwan) devienne un pays" distinct, a-t-il dit. Les revendications d'indépendance sont à la racine des tensions sécuritaires dans le détroit, a-t-il déclaré.
L'appartenance de Taïwan à la Chine est "une ligne rouge à ne pas franchir ou fouler".
T.Resende--PC