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L'Iran prêt à aller "aussi loin" que nécessaire, Trump va s'exprimer
L'Iran a assuré lundi être prêt à aller "aussi loin" que nécessaire dans la guerre au Moyen-Orient, alors que les puissances occidentales écartent toute mission de l'Otan pour rouvrir le détroit d'Ormuz après des pressions en ce sens de Donald Trump.
Le président américain doit s'adresser à la presse sous peu, a-t-il annoncé sur son réseau social, sans donner de détails sur le format.
Dix-sept jours après l'attaque israélo-américaine sur Téhéran, le conflit embrase le Moyen-Orient et inquiète la planète toute entière, tant pour les risques qu'il fait peser sur l'économie mondiale et l'approvisionnement en pétrole, que pour l'instabilité géopolitique qu'il génère.
Les Etats-Unis et Israël "ont compris à quel genre de nation ils avaient affaire: une nation qui (...) est prête à poursuivre la guerre jusqu'au bout, où qu'elle mène, et à aller aussi loin que nécessaire", a lancé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.
Le blocage du stratégique détroit d'Ormuz, par où transite habituellement un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié, pousse à chercher des alternatives: les Etats du Golfe pour exporter leur brut, et les pays consommateurs pour s'approvisionner autrement. Mais le compte n'y est pas.
Donald Trump a donc réclamé que l'Otan et Pékin envoient des navires de guerre, lui qui avait promis que la marine américaine commencerait "très bientôt" à y escorter des pétroliers.
"Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux" ne s'y produise, a-t-il déclaré au Financial Times, prédisant "des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan" si les pays de l'alliance refusaient d'obtempérer.
- "Guerre plus vaste" -
"L'Otan est une alliance pour la défense du territoire" de ses membres, a répondu Berlin, et "il manque le mandat permettant de (le) faire intervenir" au Moyen-Orient.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a également écarté une mission de l'Otan, mais affirmé travailler avec ses partenaires, en Europe, dans le Golfe et avec les États-Unis, sur un plan "viable" pour rouvrir le détroit.
Il a pour autant souligné la complexité de la tâche et exclu que Londres se laisse "entraîner dans une guerre plus vaste".
Quant à la Chine, Donald Trump a menacé d'y reporter un voyage prévu fin mars si elle refusait de s'impliquer, soulignant qu'elle "importait 90% de son pétrole via le détroit". Il n'a obtenu qu'une réponse laconique de Pékin, qui a assuré rester "en communication" avec Washington sur cette visite.
La semaine dernière, les pays membres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) ont décidé de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Une décision d'une ampleur sans précédent depuis un demi-siècle, et l'AIE est prête à en débloquer davantage "si nécessaire", a déclaré son directeur lundi.
Dans une rare entorse au bouclage du détroit, un pétrolier pakistanais l'a franchi dimanche, système de traçage allumé, selon le site MarineTraffic, pour qui cela "suggère que certains transports bénéficient peut-être d'un passage sécurisé négocié" avec l'Iran.
Une annonce qui a offert un répit aux marchés, où les cours de pétrole reculaient lundi.
- Assaut terrestre israélien au Liban -
L'armée israélienne a affirmé frapper également des "infrastructures du régime" à Chiraz (sud) et Tabriz (nord-ouest).
L'Iran a riposté avec des tirs de missiles dans le centre d'Israël, où huit personnes ont été blessées, et poursuit toujours ses frappes sur des bases militaires et des intérêts économiques américains chez ses voisins du Golfe, mais aussi des infrastructures civiles - aéroports, ports, installations pétrolières.
Aux Emirats arabes unis, l'aéroport de Dubaï, un des principaux noeuds du trafic aérien mondial dont le trafic est fortement perturbé par le conflit, a rouvert après une suspension de plusieurs heures à la suite d'une frappe de drone et de l'incendie d'un réservoir de carburant.
Le Qatar et l'Arabie saoudite ont aussi été touchés, et une attaque a provoqué un incendie dans l'importante zone industrielle pétrolière émiratie de Fujaïrah.
Sur l'autre principal front de la guerre, l'armée israélienne dit avoir entamé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, après déjà plusieurs incursions dans le sud depuis le début du mois.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, lorsque le mouvement chiite a attaqué Israël, en riposte à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei au premier jour de la campagne israélo-américaine.
L'armée israélienne mène en riposte des frappes aériennes meurtrières sur son voisin, où 886 personnes dont 111 enfants ont depuis été tuées, selon le dernier bilan des autorités libanaises.
Israël dit vouloir créer à la frontière entre les deux pays une large "zone tampon" pour se protéger des tirs de roquettes du Hezbollah - sur le sol libanais. Son ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les Libanais déplacés ne rentreraient pas chez eux tant que le nord d'Israël ne serait pas sécurisé.
burx-dla-mdh/anb
A.Aguiar--PC