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Washington accentue la pression sur Cuba qui rétablit l'électricité
Les Etats-Unis ont accentué la pression mardi sur le gouvernement communiste de Cuba pour qu'il mette en œuvre plus de réformes en faveur de l'économie de marché, au moment où l'île rétablit progressivement l'électricité sur son territoire après une nouvelle coupure générale.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a déclaré mardi que les mesures annoncées la veille par La Havane permettant à la diaspora cubaine d'investir sur l'île et d'y détenir des entreprises privées étaient loin d'être "suffisantes".
"Cuba a une économie qui ne fonctionne pas et le système politique et gouvernemental est incapable d'y remédier. Il leur faut donc opérer un changement radical", a déclaré à la Maison Blanche M. Rubio, qui est lui-même d'origine cubaine et fervent opposant au pouvoir communiste à La Havane.
"Ce qu'ils ont annoncé hier (lundi) est loin d'être suffisant. Ça ne va pas régler le problème. Ils ont donc des décisions importantes à prendre", a-t-il ajouté, alors que La Havane et Washington sont en pourparlers.
"Ils parlent avec Marco, et nous allons très bientôt faire quelque chose concernant Cuba", a affirmé pour sa part le président Donald Trump. Lundi, il avait dit "croire" qu'il "aura l'honneur de prendre Cuba", sans préciser exactement ce qu'il entendait par ce verbe.
Le Département d'Etat a enfoncé le clou mardi sur les protestations qui secouent l'île : "Le peuple cubain veut que ses besoins fondamentaux soient respectés: services de base, nourriture, et être libéré de la tyrannie", a-t-il écrit sur X.
La réponse de La Havane ne s'est pas fait attendre: "Le gouvernement des Etats-Unis mène une guerre économique impitoyable qui empêche Cuba d'avoir accès aux financements (internationaux), aux marchés, à la technologie et aux carburants, mais il accuse le pays de ne pas savoir gérer son économie", a répliqué sur X le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio.
"Il se raccroche à ce prétexte pour menacer d'une agression militaire et nourrir l'ambition de s'emparer du pays", a-t-il accusé.
"Rien de ce qui a à voir avec notre système politique, avec notre modèle politique, notre modèle constitutionnel, ne fait partie des négociations et n'en fera jamais partie", a renchéri la numéro deux de l'ambassade de Cuba à Washington, Tanieris Dieguez, dans un entretien à l'AFP.
Elle a rappelé que l'embargo américain en vigueur depuis 1962 restait un frein aux relations avec les entreprises américaines.
Lundi, La Havane a annoncé que la diaspora cubaine, notamment celle qui vit aux Etats-Unis, allait pouvoir investir à Cuba dans des secteurs comme les banques, l'agriculture, le tourisme, les mines et les infrastructures, une sérieuse brèche dans son système socialiste.
Ce geste d'ouverture intervient alors que l'économie de l'île, déjà affaiblie par plus de six années de crise, est au bord du gouffre, paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington, outre l'embargo.
- Réseau presque reconnecté -
Signe de ces difficultés, le pays de 9,6 millions d'habitants a connu lundi une nouvelle panne générale d'électricité et s'efforçait mardi de reconnecter son réseau électrique sur l'ensemble du territoire.
En fin d'après-midi, le réseau était reconnecté dans 13 provinces sur 15 et 55% des foyers de La Havane, où vivent 1,7 million d'habitants, avaient de nouveau du courant, même si les délestages ont repris pour faire face à la faible production électrique.
"Vivre dans ce pays, c'est une agonie!", s'emporte Rolando, un maçon de 55 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. "Si déjà quand tu as quatre ou cinq heures de courant par jour ce n'est pas une vie, alors avec une panne générale comme maintenant, tout se complique salement!", dit-il.
Cette panne générale est la sixième en moins d'un an et demi et le pays est régulièrement confronté à des coupures massives.
Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l'empêchent de réparer son infrastructure électrique vieillissante, mais des économistes relèvent aussi le sous-investissement chronique de l'Etat dans ce secteur.
Depuis deux mois, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, sont interrompues et l'administration Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à l'île des Caraïbes.
J.Oliveira--PC