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A Jérusalem, la célébration de Pâques perturbée par la guerre
Dans les ruelles habituellement animées de la Vieille ville de Jérusalem, le silence règne en ce dimanche matin de Pâques, une fête majeure pour les chrétiens, assombrie cette année par la guerre et de strictes restrictions d'accès au Saint-Sépulcre.
Aux abords de la basilique, construite selon la tradition sur le site où les chrétiens situent l'épisode de la crucifixion de Jésus, sa mise au tombeau et sa résurrection, des barrages de la police israélienne filtrent les rares fidèles autorisés à s'approcher. Les commerces sont tous fermés et seules quelques silhouettes traversent les pavés humides.
"Joyeuses Pâques", lance en italien le patriarche de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, en entrant dans le Saint-Sépulcre, entouré d'un petit groupe de religieux.
La sécurité a été renforcée dans les ruelles étroites de l'ancienne ville fortifiée, sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, et située à Jérusalem-Est, partie palestinienne occupée par Israël depuis 1967 puis annexée, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Désolé, mais c'est fermé", lance un policier à quelques fidèles tentant de s'approcher. "Comment pouvez-vous me dire que je ne peux pas aller à l'église? C'est inacceptable", s'indigne Otmar Wassermann, un catholique venu de Tel-Aviv, habitué à ce rendez-vous annuel.
Les autorités israéliennes arguent d'impératifs de sécurité dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran. Mais pour de nombreux croyants, ces mesures vident la célébration de sa substance.
"C'est très difficile pour nous tous, car c'est notre fête (...) C'est vraiment très dur de vouloir prier, de venir ici et de ne rien trouver. Tout est fermé", déplore les larmes aux yeux Christina Toderas, 44 ans, venue de Roumanie, qui se résignera à suivre la messe à la télévision.
- "Foi profonde" -
"Je m'attendais à pouvoir entrer, et je dois dire que j'ai été un peu frustré", dit M. Wassermann.
Il explique aller "presque chaque année" à la basilique pour célébrer Pâques. "L'atmosphère est incroyable. Les gens qui s'y rendent ont une foi profonde. Et les chants franciscains, les chants latins, créent une ambiance vraiment particulière."
Malgré sa déception, cet homme de 65 ans admet que si les autorités "disent qu'il y a un danger, alors il peut effectivement y avoir un danger".
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré sur X dimanche "continuer à protéger avec détermination la liberté de culte pour toutes les religions, en particulier en cette période sacrée".
"Nous comprenons (les mesures de sécurité, NDLR)", affirme le père Bernard Poggi, en s'apprêtant à célébrer une messe dans une église proche du lieu saint. "Mais on constate de plus en plus qu'elles ne sont pas appliquées de manière uniforme", déplore-t-il.
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa avait été empêché par la police israélienne d'accéder au Saint-Sépulcre pour la messe des Rameaux dimanche dernier, suscitant des réactions indignées à l'étranger, avant que Benjamin Netanyahu n'ordonne de lui autoriser l'entrée.
Pour Georgina Kassisieh, 80 ans, ne pas pouvoir assister à la messe de Pâques dans ce lieu saint est "une première". "Nous avons besoin de paix sur toute la Terre", dit, sur un ton de supplique, cette¨Palestinienne.
Depuis le début de la guerre le 28 février, des débris de missiles iraniens ou d'intercepteurs sont tombés dans la Vieille Ville, notamment à proximité du Saint-Sépulcre, de la mosquée Al-Aqsa - elle aussi fermée - et dans le quartier juif.
"Même mes amis musulmans n'ont pas pu se rendre à Al-Aqsa pendant le ramadan", le mois de jeûne musulman, souligne Julio Makhalfeh, 25 ans, gérant de restaurant.
Pour les orthodoxes, majoritaires chez les Palestiniens chrétiens, Pâques sera célébrée le 12 avril.
Ferreira--PC