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Iran: l'énergie frappée au coeur, l'espoir d'une trêve s'éloigne
Israël s'en est pris lundi aux infrastructures pétrochimiques de l'Iran, où le mince espoir d'une trêve semble s'éloigner à un peu plus de 24 heures de l'expiration d'un ultimatum du président américain Donald Trump.
Au 38e jour de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts, Américains et Iraniens ont rejeté une offre de cessez-le-feu.
La Maison Blanche a confirmé que des pays médiateurs avaient proposé un arrêt des combats de 45 jours, en ajoutant que le président américain n'avait pas "validé" cette idée.
En face, l'agence de presse iranienne Irna a affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu avec les Etats-Unis et Israël, portée par les efforts de médiation du Pakistan. Dans cette réponse, Téhéran "insiste sur la nécessité d'une fin définitive du conflit", précise l'agence officielle, sans indiquer en quoi consistait cette proposition.
Auparavant, un porte-parole de l'armée iranienne avait averti que Téhéran poursuivrait les hostilités "aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun".
Dans un message injurieux, le président des Etats-Unis avait menacé dimanche de faire de la journée de mardi celle "des centrales énergétiques et des ponts" en Iran, avec un ultimatum reporté à mardi 20H00 heure de Washington (00H00 GMT mercredi), si Téhéran n'a pas rouvert le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
Il a prévu une conférence de presse à la Maison Blanche lundi à 13H00 (17H00 GMT) et devrait revenir sur l'opération de sauvetage en Iran d'un aviateur américain, "gravement blessé", selon lui.
Des efforts diplomatiques se poursuivent malgré tout pour mettre fin à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale à cause de la fermeture d'Ormuz.
Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, turcs, égyptiens et pakistanais, parlent d'une proposition en deux phases, un cessez-le-feu de 45 jours devant d'abord permettre des négociations, avant de déboucher sur un accord pour mettre un terme à la guerre, déclenchée le 28 février par Israël et les Etats-Unis.
Oman, qui borde le détroit avec l'Iran, a en outre discuté de sa réouverture avec Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir iranien, ont déclaré qu'ils se préparaient à mettre en place des conditions de navigation à Ormuz qui s'appliqueraient "en particulier aux Etats-Unis et à Israël".
Ils n'ont pas détaillé ces conditions, mais ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.
- L'énergie dans le viseur -
Sur le terrain, des frappes se poursuivent de part et d'autre. Deux complexes pétrochimiques iraniens ont été frappés.
L'agence de presse iranienne Fars a fait état de "plusieurs explosions" sur ce gigantesque site qui abrite aussi la plus grande installation gazière du pays. Une évaluation des dégâts est en cours, selon un média iranien. Aucune victime n'a été rapportée.
Mi-mars, Israël s'en était pris aux installations gazières de South Pars, qui fournit environ 70% du gaz consommé en Iran à partir du plus grand gisement de gaz naturel du monde, exploité en mer avec le Qatar.
Donald Trump avait alors menacé de détruire "l'intégralité du gisement" si l'Iran poursuivait ses frappes au Qatar.
Un autre complexe pétrochimique situé à Marvdasht, près de Chiraz (sud), a été frappé lundi selon des sources locales, parlant de "dégâts mineurs".
Samedi, un site pétrochimique avait été touché à Mahshahr (sud-ouest), faisant cinq morts.
"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien, tandis qu'un responsable des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dénoncé de possibles "crimes de guerre".
- Frappes "illégales" -
Toute frappe ciblant des infrastructures civiles, en particulier des installations énergétiques, est "illégale" et "inacceptable", a averti le président du Conseil européen, Antonio Costa.
Alors que Donald Trump a menacé de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre", la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Mirjana Spoljaric a dénoncé les "menaces délibérées" contre les infrastructures civiles.
Outre les infrastructures, des dirigeants iraniens ont été ciblés.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé que leur chef des renseignements, Majid Khademi, avait été tué. L'armée israélienne a annoncé par ailleurs avoir éliminé dimanche le commandant de l'unité des opérations spéciales de la Force Qods iranienne, la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, lors d'une frappe à Téhéran.
Dans les pays du Golfe, frappés quotidiennement par l'Iran qui les accuse d'aider les Etats-Unis, le Koweït a dit avoir été visé par des missiles et des drones, faisant six blessés.
En Israël, les secouristes ont indiqué avoir retrouvé quatre personnes mortes sous les décombres d'un immeuble frappé par un missile iranien à Haïfa (nord).
Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, une frappe a de nouveau visé le sud de Beyrouth, après un avertissement israélien.
Les tensions sur les prix de l'énergie se font toujours ressentir: tant le prix du baril de Brent que celui de WTI, les deux principales variétés d'or noir, évoluaient lundi autour de 110 dollars le baril.
burx-bar/am
V.F.Barreira--PC