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Le vice-président américain vante aux Hongrois les mérites de Viktor Orban à l'approche des législatives
Le vice-président américain JD Vance a vanté mardi les mérites du Premier ministre hongrois Viktor Orban face à ce qu'il a dénoncé comme des interférences de Bruxelles, à quelques jours d'élections législatives pour lesquelles le dirigeant nationaliste est en mauvaise posture.
Selon M. Vance, la campagne électorale en Hongrie constitue "l'un des pires exemples d'interférence jamais vu", et les "bureaucrates de Bruxelles" ont essayé de "détruire l'économie" de ce pays d'Europe centrale "parce qu'ils détestent ce gars (Orban, ndlr)", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe à Budapest avec le dirigeant nationaliste hongrois.
"Je ne dirai pas aux Hongrois comment voter. J'encourage les bureaucrates de Bruxelles à faire exactement la même chose", a-t-il poursuivi tout en décrivant Viktor Orban comme un "partenaire important et constructif pour la paix" en Ukraine.
La Commission européenne a réagi en soulignant construire avec les Etats membres "une Europe plus forte et plus indépendante", par la voix de son porte-parole Thomas Regnier.
En fin d'après-midi, lors d'un meeting devant 2.000 à 3.000 personnes, JD Vance a donné la parole à Donald Trump, joint au téléphone. Ce dernier, dont l'intervention a été accueillie par les cris enthousiastes du public, a loué le "bon travail" réalisé par le Premier ministre hongrois. "J'aime ce Viktor, j'aime la Hongrie", a-t-il ajouté.
Adorjan Somogyi, un étudiant de 18 ans, estime que c'est "important d'avoir de bonnes relations avec les Etats-Unis" mais que la venue de Vance ne changera pas grand chose au résultat des législatives. "Au mieux, il pourra peut-être rallier un ou deux électeurs indécis au camp d'Orban".
Au pouvoir depuis 2010, le Premier ministre hongrois, qui brigue un cinquième mandat consécutif, est donné largement perdant du scrutin de dimanche par les instituts de sondage indépendants. Même si le système électoral, qu'il a façonné pour lui être largement favorable, pourrait atténuer son éventuelle défaite.
Les institutions pro-gouvernementales donnent, elles, sa coalition Fidesz-KDNP gagnante.
- "Coopération morale" -
Proche du président russe Vladimir Poutine, il bénéficierait selon les observateurs de l'aide secrète de la Russie pour accroître ses chances de victoire face au parti Tisza du conservateur proeuropéen Peter Magyar.
Ce dernier a réussi en moins de deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de bousculer l'hégémonie du dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale.
Des parlementaires du Conseil de l'Europe se sont alarmés récemment du caractère "toxique" de la campagne, marquée par la "propagande incendiaire" du dirigeant nationaliste, confronté à un mécontentement économique et social.
JD Vance est, au sein de l'administration américaine, l'un des plus féroces critiques des gouvernements européens centristes et progressistes, et l'un des plus fervents partisans des formations de droite radicale en Europe.
L'administration américaine prend désormais ouvertement et fortement position pour les dirigeants jugés compatibles avec ses priorités diplomatiques ainsi qu'avec son idéologie.
"Je suis ici en raison de la coopération morale entre nos deux pays. Parce que ce que les Etats-Unis et la Hongrie représentent ensemble, sous la direction de Viktor et sous la direction du président Trump, c’est la défense de la civilisation occidentale", a-t-il dit mardi aux côtés de Viktor Orban.
Ce dernier a déclaré pour sa part avoir évoqué avec son interlocuteur les "grandes questions auxquelles la civilisation occidentale est confrontée", telles que "la migration, l'idéologie du genre, la politique familiale et la sécurité mondiale".
Le secrétaire d'Etat Marco Rubio s'était lui aussi rendu mi-février à Budapest, pour y souhaiter le "succès" de son allié hongrois.
Viktor Orban est particulièrement proche de l'administration américaine, notamment en raison de sa politique anti-migrants. Il s'est rendu à plusieurs reprises dans la résidence de Donald Trump de Mar-a-Lago, en Floride.
H.Portela--PC