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Magyar, le tombeur d'Orban, promet de gouverner pour "tous les Hongrois"
Peter Magyar a promis lundi de gouverner pour "tous les Hongrois", au lendemain de sa très large victoire contre Viktor Orban, un camouflet pour le président américain Donald Trump qui avait apporté son soutien appuyé au dirigeant nationaliste.
"C’est un immense honneur que vous nous ayez accordé votre confiance, avec le plus grand nombre de voix jamais obtenu, pour travailler à une Hongrie libre, européenne, fonctionnelle et humaine", a déclaré le conservateur pro-européen sur Facebook.
Dans la nuit, juché sur une estrade installée sur les bords du Danube, le prochain Premier ministre avait affirmé que ses électeurs et lui avaient "libéré la Hongrie", sous les acclamations de dizaines de milliers de personnes.
Un peu plus tôt, Viktor Orban avait concédé sa défaite après 16 ans de pouvoir, prenant acte de résultats "douloureux mais sans ambiguïté" et ajoutant avoir "félicité le parti vainqueur".
- "Défaite retentissante" -
Cette déroute de celui qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale, porte également un coup aux mouvements nationalistes à travers le monde, pour qui il était devenu un modèle.
C'est le cas en particulier du camp "MAGA" du président américain Donald Trump qui n'avait pas ménagé ses efforts pour le soutenir, multipliant les messages et envoyant son vice-président JD Vance en appui cette semaine à Budapest.
"C'est une défaite retentissante pour l'autoritarisme, dont l'écho dépasse largement les frontières de la Hongrie", analyse le centre de réflexion américain Center for American Progress. "C'est aussi un coup majeur porté à ceux qui voyaient dans le modèle corrompu de Viktor Orban un modèle à suivre, y compris Donald Trump".
Proches d'Orban, les dirigeants de la République tchèque et de la Slovaquie, Andrej Babis et Robert Fico, ont "félicité" lundi matin le vainqueur, promettant de travailler avec lui comme ils l'avaient avec son prédécesseur.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'était elle réjouie que la Hongrie ait "choisi l'Europe".
"Le populisme de droite" a subi "une lourde défaite", a déclaré lundi matin le chancelier allemand Friedrich Merz.
La cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen, venue fin mars à Budapest soutenir Orban, a elle dénoncé "la satisfaction de la Commission européenne", saluant "le courage" du dirigeant nationaliste qui a défendu "la souveraineté de la Hongrie".
La victoire de Magyar signifie "moins de blocages en perspective et une coopération plus amicale" pour l'UE et l'Ukraine, selon Grégoire Roos, directeur pour l'Europe et la Russie au centre de réflexion Chatham House, mais cela ne marque cependant pas "le début de la fin du populisme en Europe", a-t-il souligné.
Kiev a levé lundi la recommandation à ses ressortissants de ne pas voyager en Hongrie, disant espérer "une normalisation des relations" avec son voisin.
- Tâche "énorme" -
Viktor Orban maniait régulièrement son droit de veto pour bloquer les politiques européennes, dont fin mars un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Un pays que Viktor Orban a désigné comme un ennemi pendant sa campagne électorale, accusant le président Volodymyr Zelensky de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre contre l'envahisseur russe.
Cependant, l'argument n'a pas pris face à la stagnation de l'économie, l'inflation et une corruption devenue trop flagrante, selon des analystes.
Peter Magyar a promis de rétablir les contre-pouvoirs et de garantir "le fonctionnement démocratique" du pays, une tâche "énorme".
Novice en politique, cet ancien membre du Fidesz a réussi en deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de terrasser un Viktor Orban qui avait pourtant forgé le système électoral à son avantage, et mis au pas les médias.
Viktor Orban avait mis en avant ses amitiés à travers le monde, "des Etats-Unis à la Chine, en passant par la Russie et le monde turc".
Mais "dans un contexte de tensions accrues, il est devenu plus difficile de présenter Trump comme un garant de stabilité, celui-ci étant perçu par certains comme un facteur d'incertitude sur la scène internationale", souligne Bulcsu Hunyadi, analyste chez Political Capital.
B.Godinho--PC