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Les salariés des boulangeries et fleuristes indépendants pourront travailler le 1er mai 2026, annonce Lecornu
Les salariés volontaires des boulangeries et fleuristes indépendants pourront travailler le 1er mai 2026, a annoncé vendredi le Premier ministre Sébastien Lecornu, après avoir repoussé une proposition de loi qui permettait d'élargir le travail durant ce jour férié et chômé.
En attendant un projet de loi qui définira les conditions pérennes de cette ouverture, mais qui ne sera pas voté avant le 1er mai, Sébastien Lecornu a cherché une porte de sortie, en conviant des représentants de ces professions.
À l'issue de la réunion, il a annoncé que les boulangers et fleuristes indépendants "pourront ouvrir ce 1er-Mai", "évidemment" sur la base du "volontariat des salariés". "Une instruction sera donnée à l'ensemble des services de l’État", a-t-il ajouté.
Le 1er-Mai est un jour obligatoirement chômé et payé. Le Code du Travail prévoit toutefois que les établissements qui ne peuvent pas interrompre leurs activités peuvent faire travailler leurs salariés, en les payant double, mais sans préciser les métiers concernés, laissant la place aux interprétations.
À défaut, l'entreprise risque une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros si c'est un mineur).
Dans une déclaration à l'AFP, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, soulignant l'indépendance des inspecteurs du travail, a expliqué que les consignes promises par Matignon "consistent à ce que les commerçants, le cas échéant, n'aient pas à payer d'amende, sous réserve que les conditions de volontariat et de rémunération doublée ce jour-là soient bien respectées".
- "Séquence kafkaïenne" -
Le Premier ministre a confirmé pour cette année un projet de loi visant à "cadrer" le travail ce jour-là pour ces professionnels à partir de 2027. Il renverra à "une discussion sociale par branche" et permettra de "faire travailler les salariés sur la base du volontariat et en les payant en double", a-t-il détaillé.
"À l'issue d’une séquence kafkaïenne faite de blocages et de mensonges, c'est une victoire du bon sens, du travail et de la liberté!" a salué le patron du parti présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, sur X.
L'ancien Premier ministre était un grand promoteur de la proposition de loi abandonnée. Il avait regretté le choix du gouvernement de ne pas convoquer de commission mixte paritaire (CMP) pour tenter d'aboutir à un compromis sur ce texte.
La proposition de loi avait reçu une forte opposition des syndicats et des menaces de censure de la gauche et l'exécutif avait reculé, au risque d'apparaître paralysé dans son action.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, s'est réjoui sur X d'une "décision bienvenue, qui redonne un peu de liberté et de pragmatisme dans une économie sur-administrée, où la contrainte et l’interdiction sont devenues la norme". Mais "tous les salariés volontaires devraient pouvoir travailler ce jour-là", a-t-il estimé.
- Pas de "brèche" -
D'autres professions ont déjà réclamé de pouvoir travailler le 1er mai, à l'instar de la Confédération des commerces de bouche (CGAD, bouchers, fromagers, etc.).
La CGT a réagi vendredi en rappelant que les boulangeries artisanales pouvaient déjà ouvrir le 1er-Mai sans faire travailler de salariés. "Pas question que ce nouveau projet de loi ouvre une brèche contre les droits des salariés", avertit le syndicat, disant craindre que la proposition de loi défendue par Gabriel Attal ne "revienne par la fenêtre".
Tout en déplorant qu'on "pousse les gens à ouvrir" ce 1er-Mai, Cyril Chabanier de la CFTC se réjouit, lui, que le gouvernement se concentre sur les secteurs "un peu problématiques" des boulangers et fleuristes.
En 2006, la Cour de Cassation a rappelé qu’il n'existait pas de dérogation automatique à la règle du 1er-Mai chômé: un employeur qui veut faire travailler ses salariés doit pouvoir prouver, au cas par cas, et non pas secteur par secteur, que son activité répond à un besoin essentiel du public.
Une forme de tolérance prévalait toutefois pour les boulangers et les fleuristes. Le débat a été relancé l'an dernier après des contrôles de boulangers, suivis d'amendes, pour avoir fait travailler des salariés.
are-bj-ama-jwi/alu/frd/
A.Santos--PC