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Les pourparlers Etats-Unis/Iran en suspens, à deux jours de l'expiration de la trêve
A moins de deux jours de l'expiration de la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran, l'incertitude demeure totale sur la reprise de discussions entre les deux belligérants, sur fond de tensions accrues dans le détroit d'Ormuz, enjeu majeur du conflit.
Après l'annonce la veille par Donald Trump de l'envoi d'une délégation à Islamabad pour tenter de relancer les pourparlers de paix, Washington n'avait toujours pas fait état lundi du départ de la délégation américaine et Téhéran laisse planer le mystère sur sa participation.
Il y a pourtant urgence alors que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril en Iran après plus d'un mois de frappes tous azimuts dans la région, expire en théorie dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran.
L'Iran n'a pas "à ce stade" de "projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été arrêtée à ce sujet", a fait savoir le chef de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, mettant en doute "le sérieux" des Etats-Unis dans le processus diplomatique.
Il a ajouté que la saisie d'un cargo iranien par les Etats-Unis dans le golfe d'Oman, leur blocus naval des ports iraniens et les retards dans la mise en œuvre du cessez-le-feu au Liban constituaient autant de "violations manifestes du cessez-le-feu".
- "Pas de lumière" -
A Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi pour la première fois depuis plusieur semaines, la vie a largement repris son cours, entre cafés bondés, sportifs et promeneurs en nombre dans les parcs.
Mais le fatalisme et l'épuisement semblent l'emporter chez les gens interrogés par une équipe de l'AFP basée à Paris. "Quoi qu'il arrive, les perdants sont le peuple iranien", soupire une biologiste de 30 ans qui ne donne pas son nom pour des raisons de sécurité.
Saghar, une femme de 39 ans, dresse quant à elle un tableau "terrible" dans le pays.
"Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel. La situation économique est horrible. Ils (le pouvoir, ndlr) arrêtent des gens pour rien. Les exécutions se multiplient. Que des mauvaises nouvelles", énumère cette femme qui dit n'avoir même plus "l'énergie de parler".
Sur le plan diplomatique, les perspectives de mettre durablement fin à la guerre meurtrière déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran semblent à ce stade très éloignées.
La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et fortement ébranlé l'économie mondiale.
- Ormuz, enjeu majeur -
Lundi, les cours du pétrole étaient en forte hausse après le regain des tensions dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures devenu un enjeu majeur du conflit.
Le détroit "doit rester ouvert", a insisté le président chinois Xi Jinping lors d'une conversation téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. M. Xi, cité par un média d'Etat, a également appelé à "un cessez-le-feu immédiat et global".
Selon plusieurs médias iraniens, une levée du blocus naval américain constituerait une condition préalable aux discussions avec Washington.
Une question rendue plus compliquée encore par l'annonce, dimanche, de la saisie par la marine américaine du cargo Touska, battant pavillon iranien, à laquelle Téhéran a promis de "riposter bientôt".
Face au maintien du blocus américain, l'Iran avait annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit, revenant sur sa décision de le rouvrir.
"On ne va probablement pas vers un accord. Chacun fait un blocus à des endroits différents, les Iraniens dans le coude du détroit, les Etats-Unis dans le Golfe d'Oman à la sortie", résume pour l'AFP le chercheur Pierre Razoux.
- Islamabad sous haute sécurité -
Dans l'attente d'une confirmation ou non de la tenue des pourparlers, la sécurité a été visiblement renforcée dimanche à Islamabad avec la multiplication de routes fermées, barbelés et barricades, ont constaté des journalistes de l'AFP.
La délégation américaine doit être menée par le vice-président JD Vance, déjà présent le 11 avril pour de premières discussions à un niveau inédit depuis l'avènement de la République islamique en 1979, celles-ci s'étant conclues par un échec.
En annonçant cette nouvelle session au Pakistan, le président Trump a affirmé offrir à l'Iran un "deal raisonnable" et qu'en cas de refus, "les Etats-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran".
Outre les questions relatives au détroit d'Ormuz, les divergences restent fortes, notamment sur le volet nucléaire, au coeur du différend. Selon Donald Trump, l'Iran a accepté de remettre son uranium hautement enrichi, un enjeu crucial, ce qu'a de nouveau démenti Téhéran lundi.
Au Liban, l'autre front de la guerre, la situation demeure très instable malgré un cessez-le-feu de 10 jours entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, que les deux parties se sont accusées de violer.
Un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a affirmé lundi à l'AFP que le mouvement briserait "la ligne jaune" établie dans le sud du pays par Israël et assuré que "nul, au Liban ou à l'étranger", ne pourrait désarmer le Hezbollah.
burs-cf/anb
E.Raimundo--PC