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Hélicoptères, drones: un vaste exercice militaire bat son plein dans l'est de la France
Hélicoptères de combat détruisant l'ennemi, blindés franchissant un lac... La dernière phase d'un vaste exercice militaire entamé en février bat actuellement son plein dans l'est de la France, pour entraîner l'armée française et l'Otan aux nouvelles guerres de haute intensité.
Des hélicoptères Caïman, Tigre et Gazelle ont pris leur envol jeudi matin de la base du 61e régiment d'artillerie de l'armée de terre près de la ville de Chaumont, survolant champs et bosquets dans un ciel sans nuage.
Dix aéronefs français et espagnols ont participé à la mission, qui consistait à repérer des cibles ennemies au sol avec l'appui de drones de reconnaissance, à les détruire avec des missiles fictifs puis à se remettre en formation pour rentrer à la base.
La veille de ce ballet aérien, un autre défilé, terrestre celui-ci, avait pris place à quelques dizaines de kilomètres de là, entre lacs et forêts, une zone dans laquelle l'ennemi imaginaire avait détruit ou piégé les différents points de passage, selon le scénario de la mission.
Pendant près de neuf heures, dans un silence total et en pleine nuit, des plongeurs du génie français et belge, suréquipés et vêtus de noir comme des ninjas, ont reconnu le secteur.
L'objectif: permettre ensuite l'assemblage et le déploiement rapide de deux engins de franchissement de l'avant (EFA), imposants véhicules amphibies, pour faire traverser un lac à des blindés lourds et légers, dont des chars Leopard de l'armée italienne et des Griffon, parmi de nombreux autres véhicules.
Quelques kilomètres plus loin, un SPRAT (système de pose rapide de travures), véhicule qui déploie un pont davantage adapté aux zones sèches, a ensuite permis à l'imposant convoi militaire de poursuivre sa progression.
- "Comme en situation réelle" -
L'exercice Orion-26, dont les opérations ont démarré en février au large des côtes françaises, repose sur un scénario fictif: "Arnland", un pays ami, est confronté à des milices soutenues par un Etat hostile, "Mercure". La coalition internationale Orion, dirigée par la France, vient alors à la rescousse d'Arnland.
Dans sa quatrième et ultime phase en avril, qui mobilise jusqu'à 12.500 militaires, la coalition Orion, intégrée au commandement de l'Otan, poursuit sa contre-offensive pour repousser l'ennemi.
Imaginé dès 2021, avant le début de l'invasion russe de l'Ukraine, une première édition d'Orion avait eu lieu en 2023.
Si sa mise en oeuvre ne découle pas directement du conflit russo-ukrainien, Orion s'inscrit dans ce contexte de retour des affrontements de haute intensité en Europe, justifiant des exercices de combat en conditions réelles.
"Il est clair qu'aujourd'hui, on pense à des Etats puissants qui sont particulièrement menaçants pour nous, et bien sûr, il faut prononcer le nom de la Russie", déclarait en mars à l'AFP le général Philippe de Montenon, un haut gradé de l'armée française.
Avec Orion-26, probablement "le plus gros exercice" de l'armée française depuis la fin de la guerre froide, "on est conscient d'envoyer un message, on est conscient d'être observé par nos alliés, par nos adversaires potentiels", ajoutait-il.
Orion est "un environnement extrêmement riche, qu'on ne peut pas reproduire souvent", a renchéri jeudi le général Olivier Hautreux, commandant de la 4e brigade d'aérocombat. "On se tient prêt et on s'entraîne, notamment s'agissant de la lutte anti-drone", a-t-il assuré à l'issue de la mission aérienne à Chaumont.
"Malgré la technologie qui est déployée, il y a des savoir-faire plein de bon sens qui sont essentiels", selon le capitaine Jérôme Paris du 3e régiment du génie de Charleville-Mézières (nord-est), qui participait à l'opération de franchissement du lac mercredi.
"Le combat d'aujourd'hui ne s'est pas affranchi des réalités très triviales qui, depuis l'Antiquité, gênent les troupes", à savoir "les obstacles naturels" comme "les montagnes et les rivières", a-t-il souligné.
Et pour relever ce défi, rien ne vaut l'entraînement "comme en situation réelle", a encore plaidé le capitaine Paris.
Orion-26 doit se terminer le 30 avril, avec un "assaut final" et une séquence de tirs réels dans les camps de Mourmelon et de Suippes, toujours dans l'est de la France.
C.Cassis--PC