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Mali: la rébellion touareg annonce vouloir conquérir les villes du Nord, prédit la chute de la junte
Les indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont annoncé mercredi leur intention de conquérir les grandes villes du Nord du Mali et prédisent que la junte au pouvoir "va tomber" face à l'offensive lancée samedi de leur rébellion alliée aux jihadistes du JNIM.
Ces déclarations à l'AFP du porte-parole du FLA Mohamed Elmaouloud Ramadane sont une réponse directe à la prise de parole mardi soir du chef de la junte malienne Assimi Goïta, qui, réapparaissant après trois jours de silence, a assuré que la situation sécuritaire dans le pays était "maîtrisée".
Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l'incertitude après les attaques coordonnées et simultanées à travers le pays ayant visé des positions stratégiques de la junte au pouvoir, et qui ont coûté la vie au ministre de la Défense et à au moins 23 morts civils et militaires.
"Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudénit était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Menaka aussi seront nos prochains objectifs à libérer", a déclaré mercredi Mohamed Elmaouloud Ramadane, de passage à Paris, dans un entretien à l'AFP.
"Le régime va tomber, tôt ou tard (...) Face à l'offensive du FLA pour récupérer le territoire de l'Azawad (nord du Mali, NDLR) d'un côté, et l'offensive des autres (les jihadistes du JNIM, NDLR) sur Bamako et d'autres villes, ils ne pourront pas tenir", a affirmé M. Ramadane.
- "Terrorisme international" -
Peuple historiquement nomade, alliés aux Peuls et aux Arabes au sein du FLA, et répartis entre plusieurs États – Mali, Niger, Algérie, Libye et Burkina Faso –, les Touareg mènent depuis des décennies des luttes armées contre leur "marginalisation", en particulier autour de la ville clef de Kidal.
L'Azawad, tel que revendiqué par le FLA, désigne un vaste territoire situé dans le nord, correspondant aux régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou, auxquelles s'ajoutent des parties de Mopti dans le centre du pays.
Selon le porte-parole du FLA, "la situation est loin d'être sous contrôle" de la junte au Mali, comme l'a revendiqué mardi soir son chef Assimi Goïta. Ce dernier a toutefois reconnu une situation d'"extrême gravité" et appelé la population à un "sursaut national".
Mohamed Elmaouloud Ramadane a en outre affirmé mercredi que les Russes doivent se retirer de "tout le Mali".
La junte malienne s'est rapprochée politiquement et militairement de la Russie ces dernières années après avoir chassé les militaires français en 2022.
L'Africa Corps - des paramilitaires envoyés en appui de la junte - a dû se retirer de Kidal, dont les groupes armés se sont emparés le week-end dernier.
L'ambassadeur de Russie au Mali, Igor Gromyko, a déclaré mercredi dans une vidéo sur Facebook avoir assuré à M. Goïta, avec lequel il s'est entretenu, que "la Russie et ses forces armées", l'Africa Corps, aux côtés de l'armée malienne, "vont lutter ensemble contre les attaques perfides du terrorisme international".
Mercredi, l'armée malienne a mené des frappes aériennes sur Kidal, a appris l'AFP de source sécuritaire et auprès des indépendantistes touareg.
- Sans précédent -
Cette situation au Mali depuis samedi est sans précédent depuis près de 15 ans et les événements de mars 2012.
A l'époque, des rebelles indépendantistes touareg, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique, avaient pris le contrôle de Kidal, Gao puis Tombouctou.
Le nord du pays avait par la suite été libéré de l'occupation jihadiste en janvier 2013 après l'intervention de l'armée française.
Depuis ce week-end, Kidal est repassée sous contrôle rebelle, un camouflet pour la junte et ses alliés paramilitaires russes.
Kidal a été sous la coupe de groupes rebelles pendant plusieurs décennies avant de revenir dans le giron de l'Etat malien en novembre 2023, à la faveur d'une offensive de l'armée appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner (devenu Africa Corps).
Dans la région de Gao (nord), l'armée malienne a déjà abandonné certaines de ses positions, ont indiqué à l'AFP des sources locales.
Gao est la deuxième région militaire du Mali après la ville-garnison de Kati, fief de la junte situé près de Bamako et qui a été le théâtre de violents combats, samedi et dimanche, entre l'armée et les groupes armés.
cl-str-mk-mrb-lp/dsa
V.Fontes--PC