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Free party près de Bourges, 20.000 personnes sur un champ de tir militaire
Environ 20.000 fêtards se sont rassemblés vendredi sur un terrain militaire près de Bourges, présenté comme "très dangereux" par les autorités, pour participer à une free party, dans un contexte de durcissement législatif contre ces rassemblements techno illégaux.
En milieu d'après-midi, la préfecture du Cher avait dénombré "plus de 2.000 véhicules et environ 20.000 personnes" sur le Polygone, un champ de tir de la Délégation générale à l'armement entre Bourges et Cornusse.
Les organisateurs attendent 30.000 participants au plus fort de l'événement ce weekend, selon la préfecture.
"Malgré son caractère illégal, l'Etat s'est mobilisé pour assurer la sécurité de cette manifestation et en limiter les nuisances, notamment pour les habitants environnants", souligne la préfecture dans un communiqué.
Outre le dispositif de secours, 350 gendarmes sont également déployés sur le terrain et des contrôles systématiques ont été mis en place.
"On est arrivés dans la nuit, un peu après 04H00", a dit un participant, sous couvert de l'anonymat, joint au téléphone par l'AFP. "On est montés à cinq du Var avec la tente. Avant d'arriver sur le site, on a dû avoir 20 km de bouchons mais on n'a pas vu un flic sur la route", a-t-il précisé.
Selon lui, les "teufeurs" viennent de toute la France, mais aussi de pays voisins comme l'Italie, l'Espagne ou la Belgique.
- Munitions non explosées -
Les participants sont installés sur un terrain "très dangereux en raison des munitions non explosées qu'il peut contenir", a assuré à l'AFP le préfet du Cher, Philippe Le Moing Surzur. Certaines pourraient remonter à la Première Guerre mondiale.
"Ils n'auraient pas pu choisir pire", a-t-il estimé, appelant les participants à s'abstenir de faire des feux, de creuser ou de ramasser quoi que ce soit sur le sol.
Sur leurs réseaux sociaux, les organisateurs du Teknival de Bourges ont diffusé des pictogrammes rappelant ces mesures de prudence spécifiques.
"Les organisateurs nous ont dit de ne pas fouiller les sols et de ne pas faire de feux", a déclaré un teufeur interrogé par le quotidien Le Berry républicain. "S'il y avait des risques, ils n'auraient pas organisé ça ici", estime-t-il.
"Le terrain n'est absolument pas dangereux, c'est un champ nickel, tout plat, il n'y a pas un trou, que de l'herbe non cultivée", a pour sa part réagi le teufeur interrogé par l'AFP.
Créé voici plus d'un siècle, le polygone de tir de la DGA occupe une surface de 10.000 hectares sur une douzaine de communes. Il est traversé par des routes qui sont fermées par des barrières lors des essais mais sont accessibles au public le reste du temps.
Des panneaux interdisent l'accès au terrain lui-même mais il n'est pas clôturé.
- Proposition de loi contestée -
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, présenté sous la forme d'un faux arrêté préfectoral, les "organisateurs du Teknival de Bourges" expliquent vouloir par cet événement protester notamment contre la proposition de loi 1133 qui veut renforcer la pénalisation des rave-parties non déclarées ou interdites.
Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale le 9 avril, elle doit désormais être examinée au Sénat.
Ce texte porté par la députée Horizons Laetitia Saint-Paul, ancienne officier de l'armée, prévoit une peine de six mois d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende pour sanctionner "le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement" d'une rave-party non déclarée ou interdite.
La participation à l'organisation de l'événement y est notamment définie comme la "diffusion des informations pratiques" sur le rassemblement, "l'édification du mur de son", ou encore le fait de "transporter du matériel de sonorisation".
Actuellement, les organisateurs s'exposent à une contravention de 1.500 euros, mais il n'existe pas d'infraction spécifique sanctionnant la participation.
Les free parties (fêtes libres) sont des rassemblements techno qui prônent un accès gratuit ou sur donation libre.
Non déclarées, elles se caractérisent par leur illégalité et sont souvent confondues avec les rave-parties, qui désignent désormais plutôt des fêtes déclarées, avec billetterie.
ban-fan-alc-/gf/gvy
L.Mesquita--PC