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L'UE renforce ses liens avec la Syrie, les réfugiés en toile de fond
L'Union européenne a décidé lundi de réactiver son accord de coopération commerciale avec la Syrie, pour aider à la stabilisation de ce pays longtemps déchiré par la guerre, mais aussi préparer le retour des réfugiés syriens établis dans l'UE.
"Cette décision envoie un signal politique clair de l'engagement de l'UE à renouer le dialogue avec la Syrie et à soutenir sa reprise économique", a indiqué lundi la Commission européenne.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent rencontrer lundi après-midi leur homologue syrien Assaad al-Chaibani pour entamer un "dialogue politique" à haut niveau, un an et demi après la chute de Bachar al-Assad.
A son arrivée à Bruxelles, le chef de la diplomatie syrienne les a appelés à se montrer ambitieux. "Ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est une volonté politique, une disposition à passer de la prudence à une participation pleine et entière à la reconstruction de la Syrie", a-t-il déclaré.
L'idée est de favoriser la reconstruction dans ce pays ravagé par plus de 13 ans de guerre civile, où la situation sur le terrain reste "effroyable", selon un responsable de l'UE.
Quelque 13 millions de Syriens, soit près de la moitié de la population, ont besoin d'une aide alimentaire, a-t-il précisé. En janvier, l'UE a promis une aide financière de 620 millions d'euros pour la période 2026-2027.
- "Réformes clés" -
"Notre objectif au sein de l'UE est de vous soutenir", a assuré de son côté la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Suica.
L'Europe fera "tout son possible" pour aider à la reconstruction de la Syrie, avait promis début janvier la présidente de la Commission Ursula von der Leyen après avoir rencontré le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh à Damas.
Les Européens avaient décidé en 2011 de suspendre leur coopération avec la Syrie, en raison de la répression et des atteintes aux droits humains sous Bachar al-Assad.
Avant cette interruption, les échanges entre la Syrie et l'UE atteignaient quelque 7 milliards d'euros. En 2023, les importations de l'UE en provenance de la Syrie étaient retombées à 103 millions d'euros et les exportations à 265 millions d'euros.
Bruxelles veut aussi aller plus loin et entamer des négociations en vue de conclure un accord d'association, plus ambitieux, comme elle en a déjà conclu avec d'autres pays de la région comme l'Egypte, Israël ou le Liban.
Mais le succès de ces discussions dépendra de la mise en ouvre de "réformes clés" par le gouvernement de transition, a averti Mme Suica.
Il faudra notamment "faire en sorte que tous les Syriens participent aux décisions concernant l'avenir du pays, deuxièmement, garantir une gestion transparente des finances publiques", et enfin "afficher un engagement solide en faveur de l'Etat de droit et de la justice" dans cette période de transition, a-t-elle souligné.
- "Digne" retour -
Ce retour à la stabilité en Syrie intéresse aussi en particulier certains Etats membres de l'UE, qui accueillent des centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre dans leur pays.
La grande majorité, environ un million d'entre eux, ont trouvé refuge en Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz prône désormais un durcissement de la politique migratoire face à l'essor de l'extrême droite.
Début avril, recevant le président syrien à Berlin, il avait exprimé le souhait que 80% de ces réfugiés rentrent chez eux dans les trois prochaines années. Il avait ensuite corrigé le tir, faisant savoir que c'était le souhait du président Chareh lui-même.
Au Danemark, les autorités ne cachent pas non plus leur volonté d'encourager le retour des Syriens dans leur pays.
Encore faut-il que les conditions soient réunies. "Si c'est sûr, si c'est volontaire et si c'est digne, ils peuvent rentrer chez eux", a souligné la commissaire européenne, sans préciser si c'était le cas aujourd'hui en Syrie.
Sur ce point, "je ne peux pas parler au nom du gouvernement syrien", a-t-elle ajouté. Et il n'est pas question de contraindre ces retours, souligne un autre responsable de l'UE.
"Si les Syriens considèrent que les conditions sont là pour rentrer, ils peuvent rentrer" chez eux, a prudemment déclaré pour sa part le ministre syrien des Affaires étrangères.
X.M.Francisco--PC