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Otan: les Européens sondent les Américains après la colère de Trump
Les pays européens de l'Otan vont prendre vendredi en Suède le pouls de leur allié américain sur l'ampleur du retrait de troupes qu'il envisage en Europe, après la volée de bois vert infligée par Donald Trump au début de la guerre au Moyen-Orient.
Un des enjeux de cette réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan à Helsingborg, "c’est de savoir si on sort du moment punition ou pas", marqué notamment par l'annonce d'une réduction des troupes américaines an Allemagne, résume un diplomate européen à Bruxelles.
Le président américain ne décolère pas depuis que les Européens ont refusé de s'engager à ses côtés dans la guerre qu'il a lancée avec Israël contre l'Iran.
Jeudi, il a toutefois annoncé l'envoi de 5.000 militaires américains en Pologne, justifiant cette décision par sa bonne relation avec le président nationaliste Karol Nawrocki, élu il y a près d'un an.
A la veille de son arrivée à Helsingborg, dans le sud-ouest de la Suède, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a fustigé les pays qui "refusent de faire quoi que ce soit" en soutien aux Etats-Unis dans le conflit dans le Golfe.
Les Européens ne sont pourtant pas resté inactifs. "Les alliés européens et canadien ont entendu l'appel américain à agir", a assuré mercredi le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.
Des navires de guerre ont été prépositionnés aux abords du détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran, dans le cadre d'une coalition internationale mise en place par Londres et Paris.
L'Otan pourrait également jouer un rôle, même si aucune décision n'a encore été prise. "J'y réfléchis", a assuré mardi le commandant suprême des forces de l'Otan en Europe, le général américain Alexus Grynkewich.
Donald Trump ne cesse de réclamer de ses alliés européens qu'ils agissent pour rouvrir cette voie maritime stratégique, par laquelle transite un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
- Rutte temporise -
Il exige aussi que les Européens prennent davantage en charge leur propre sécurité et en guise d'avertissement - de punition, selon des diplomates européens -, il a annoncé le retrait de quelque 5.000 soldats américains d'Allemagne.
Rien de grave, veut croire Mark Rutte pour qui il est naturel que les Etats-Unis accompagnent le renforcement des capacités de défense des pays européens par une réduction de leur présence sur le continent européen. "Mais cela doit être fait dans le temps de manière contrôlée", a-t-il toutefois souligné.
L'annonce d'un premier retrait de quelque 5.000 soldats américains a pourtant pris les alliés européens par surprise, selon plusieurs diplomates de l'Alliance.
Et d'autres ajustements sont encore à venir. Washington devrait ainsi annoncer vendredi une diminution de sa contribution à ce que certains à l'Otan appellent "la cavalerie", soit les renforts mobilisables en moins de 180 jours en cas de conflit.
Là encore, rien d'inquiétant, selon Mark Rutte. "C'est quelque chose auquel on pouvait s'attendre et je pense que c'est très bien que cela se produise", a-t-il assuré.
Les Alliés européens espèrent néanmoins obtenir vendredi quelques éclaircissements sur la stratégie en oeuvre.
Et pour mieux rassurer les Américains sur leur engagement à monter en puissance dans la défense de leur continent, ils se préparent à annoncer une salve de contrats d'armement, dont plusieurs avec les Etats-Unis, selon des diplomates à Bruxelles.
Mais rien ne doit être dévoilé avant cette réunion, a réclamé Mak Rutte, selon un de ces diplomates, avec l'espoir que ces accords sauront satisfaire Donald Trump, attendu avec nervosité par les Européens à Ankara en juillet pour le sommet de l'Alliance.
- Soutien à l'Ukraine -
Les Européens entendent aussi réaffirmer leur soutien à l'Ukraine, qui sera une autre priorité de Mark Rutte en Turquie.
Il a dit avoir proposé que les pays de l'Otan, sans les Etats-Unis, s'engagent à consacrer au moins 0,25% de leur Produit intérieur brut (PIB) à aider Kiev militairement.
"Je ne pense pas que ce sera accepté", a-t-il toutefois reconnu mercredi, mais "je veux en discuter", car des pays comme les Pays-Bas ou l'Allemagne assurent pour l'instant l'essentiel de ce soutien financier, qui doit être mieux partagé.
"Il y en a aussi beaucoup qui ne dépensent pas assez", a-t-il réaffirmé jeudi à Stockholm, lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre suédois Ulf Kristersson.
La France est critiquée par plusieurs de ses partenaires au sein de l'Otan pour la faiblesse de son soutien financier. Elle s'en défend en soulignant qu'elle contribue aussi par du renseignement militaire, ou encore par la mise en place d'une coalition internationale en vue d'assurer les garanties de sécurité", indispensables à l'Ukraine une fois la guerre terminée.
X.Matos--PC