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L'hôtel Royal d'Evian-les-Bains, écrin du G7 pour la seconde fois
Avec sa vue imprenable sur le lac Léman et son cadre feutré, l'hôtel Royal d'Evian-les-Bains accueille à partir de dimanche, et pour la seconde fois, les dirigeants des pays les plus industrialisés dans un cocon à l'écart du tumulte international.
"Un espace clos", "entre guillemets facile à sécuriser", situé sur "l'axe lémanique" à la forte tradition diplomatique: l'établissement cinq étoiles au pied des Alpes françaises, dans le sud-est du pays, rassemble les ingrédients pour assurer la sérénité du sommet du G7, assure François Dussart, directeur général du complexe Evian Resort dont le Royal fait partie.
Depuis le fiasco du G8 à Gênes, en 2001, marqué par des violences entre militants altermondialistes et forces de l'ordre, toutes les éditions de ces discussions informelles entre dirigeants des pays riches se déroulent à l'écart des métropoles.
Et en 2003, le Royal a réuni de manière inédite toutes les délégations sous un même toit, un modèle destiné à éviter les déplacements à risque, qui a été reconduit depuis sans discontinuer.
Au cinquième étage, celui des suites les plus spacieuses, dormaient "Bush à l'Ouest, Poutine à l'Est et Chirac au milieu", se souvient, sourire aux lèvres, Roger Mercier, directeur général d'Evian Resort à l'époque.
Les négociations entre les dirigeants avaient lieu dans une somptueuse salle de 300 mètres carrés inaugurée pour l'occasion, et dont les grandes baies vitrées donnent sur le lac.
- "Evénement lourd d'organisation" -
En marge des réunions confidentielles, "on arrivait à percevoir les affinités de chacun, à comprendre un peu mieux leurs caractères", confie Roger Mercier: le président russe Vladimir Poutine se montre "glacial", le Premier ministre canadien Jean Chrétien "chaleureux", et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi "jovial".
Ces "bons souvenirs" sont à mettre en regard d'une année de préparatifs sous le signe de "la pression" et des "réunions à n'en plus finir", relativise-t-il, en précisant que l'opération fut "financièrement neutre" pour le complexe.
"C'est un événement lourd d'organisation" avec "pas mal de contraintes", appuie François Dussart, qui préfère s'attarder sur "la fierté" procurée par la réception d'Emmanuel Macron ou encore de Donald Trump.
Les dirigeants allemand, britannique, italien, canadien et japonais seront aussi de la partie, mais pas la Russie, exclue du G8 en 2014 après l'invasion de la Crimée.
"Confiant", le directeur des lieux se veut rassurant: "nos équipes sont faites pour organiser ce type d'événements" et ont une grande expérience.
Dès 1938, le Royal fut l'hôte de la conférence d'Evian, organisée pour venir en aide aux réfugiés juifs allemands et autrichiens.
- "L'atmosphère du Léman" -
Si, en 1962, les accords d'Evian qui mettent un terme à la guerre d'Algérie, sont signés chez un rival, l'hôtel du Parc, le Royal accueille chaque année depuis 30 ans les rencontres franco-allemandes, destinées à renforcer les liens économiques entre les deux nations.
Le choix de revenir à Evian-les-Bains pour le sommet du G7 s'est donc fait de manière "consensuelle", explique la présidence française, la ville disposant des "infrastructures adéquates, il y a l’atmosphère du lac Léman, et Genève, une ville internationale, pas loin".
Evian est "relativement facile à sécuriser", abonde de son côté la maire divers droite Josiane Lei, évoquant un "périmètre naturel" entre "le lac, la frontière suisse, les montagnes et la rivière".
Les manifestants seront d'ailleurs tenus à bonne distance, avec des rassemblements autorisés à Genève seulement. Près de 20.000 membres des forces de l'ordre et de l'armée seront mobilisés en France et en Suisse pour sécuriser la zone.
La majeure partie des discussions auront lieu dans l'enceinte du complexe, mais l'équipe municipale joue le rôle de "facilitateur" en mettant à disposition gymnases, port ou encore palais des Festivités.
L'édile y voit une "opportunité" de faire rayonner sa ville et de développer le tourisme. Aux yeux du monde, regrette-elle, Evian est associée à l'eau minérale mais pas forcément à une ville où "l'on peut passer des vacances".
R.J.Fidalgo--PC