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Les Iraniens appellent les Etats-Unis à "peser leurs mots" au début des négociations
L'Iran a conseillé dimanche aux Etats-Unis de "peser leurs mots" après un message menaçant de Donald Trump, trahissant la tension qui règne au début de pourparlers en Suisse, fragilisés par les combats des derniers jours au Liban.
"Ils feraient mieux de peser leurs mots; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement", a tancé sur X l'influent chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le président américain avait enjoint plus tôt Téhéran d'empêcher ses alliés au Liban, en référence au Hezbollah, de "causer des problèmes", sans quoi les Etats-Unis reprendraient leurs frappes sur l'Iran.
Selon les termes du protocole d'accord américano-iranien signé mercredi dernier, les deux parties doivent "se garder de menacer d'avoir recours à la force l'un contre l'autre".
Ces mises en garde réciproques ont été publiées peu après l'ouverture des pourparlers réunissant des représentants américains et iraniens et des médiateurs qataris et pakistanais dans un hôtel de luxe des Alpes suisses.
Ces discussions doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.
Les hostilités ont ébranlé l'économie mondiale et causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Mais les différends sont nombreux, notamment sur le programme nucléaire iranien, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies.
- Refus de photo commune -
Selon la télévision d'Etat Irib, il n'en a pas été question pendant la première session de discussion en Suisse, avant une pause. Cette même source a affirmé que la délégation iranienne avait refusé de poser pour une photographie avec les représentants américains.
Les discussions s'ouvrent aussi à l'ombre des affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui se sont poursuivis vendredi et samedi au Liban, en dépit d'une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et après la nouvelle fermeture, en représailles, du détroit d'Ormuz annoncée samedi par Téhéran.
Des frappes de l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, y ont fait au moins 30 morts samedi.
Aucun accord avec les Etats-Unis n'est possible sans cessation des hostilités au Liban, a averti le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars par des tirs de roquettes contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début du conflit.
L'armée israélienne restera dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne dans le sud de son pays.
Plus optimiste, M. Vance a assuré dimanche avoir constaté que "des progrès considérables" avaient été réalisés ces derniers jours "pour faire en sorte que le cessez-le-feu tienne au Liban".
Depuis samedi, "une trêve fragile est en vigueur", a relevé M. Baghaï, alors que les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.106 morts depuis début mars, selon Beyrouth, et que l'armée israélienne y a recensé 36 militaires tués.
- "Vigilance" américaine -
Les pourparlers irano-américains se tiennent à l'hôtel de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne au centre de la Suisse, la délégation américaine étant dirigée par JD Vance et l'iranienne par M. Ghalibaf.
Les discussions devraient durer "quelques jours", selon JD Vance, qui ne peut rester "qu'un jour ou deux" en Suisse, où se trouvent également l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
Si les dirigeants iraniens "sont prêts à renoncer à leur rôle de facteur d'instabilité régionale, s'ils sont prêts à abandonner durablement toute ambition de se doter de l'arme nucléaire, alors les Etats-Unis sont prêts à transformer fondamentalement leur relation avec ce pays", a promis le vice-président dimanche.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a réitéré que l'Iran ne cherchait pas à se procurer de bombe atomique, mais insisté sur le droit de son pays à l'enrichissement d'uranium.
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a mis en garde contre tout "optimisme", estimant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".
Après les affrontements de vendredi et samedi au Liban, le commandement central de l'armée iranienne avait annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", "en réponse à la violation des engagements par l'ennemi".
La réouverture du détroit avait constitué l'un des points clés du protocole d'accord.
L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.
Après l'annonce iranienne, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.
burx-tq/cgo
H.Portela--PC