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Iran: Rubio dans le Golfe veut rassurer des alliés clés
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio en tournée dans les pays du Golfe a assuré mardi qu'il cherchera à les rassurer sur le protocole d'accord avec l'Iran, ceux-ci craignant que Téhéran n'en sorte renforcé.
Interrogé à son arrivée à Abou Dhabi pour savoir s'il cherchera à rassurer ces alliés clés fragilisés par le conflit au Moyen-Orient, "ce sera très certainement abordé lors de ces discussions", a-t-il répondu.
"Certains points ne figurant pas dans le protocole d'accord seront sans aucun doute évoqués, mais celui-ci devra impérativement être traité", a-t-il affirmé.
Et une "cessation complète et définitive des hostilités dans toute la région (...) ne sera pas possible tant que des mandataires iraniens lancent des missiles et des drones depuis l'Irak et se livrent à des actes terroristes, comme l'ont fait le Hamas et le Hezbollah" libanais, a-t-il ajouté.
La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.
Le protocole d'accord ne dit mot sur les mandataires iraniens dans la région ni sur les missiles et drones iraniens, même si le président américain assure que les capacités de l'Iran ont été très largement diminuées.
Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain dans la région depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, et la tenue de négociations en Suisse.
- Fiabilité? -
M. Rubio doit rencontrer mercredi les autorités émiraties avant de se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
La question du détroit d'Ormuz sera au coeur des discussions alors que l'Iran a réaffirmé que la situation ne retournerait pas à celle d'avant-guerre.
Le passage par Ormuz était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.
Interrogé à ce sujet, M. Rubio a réaffirmé que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit.
Oman et l'Iran ont dit mardi vouloir se pencher sur les coûts de la future gestion de ce passage stratégique verrouillé par Téhéran pendant la guerre.
"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a affirmé M. Rubio.
Dans ce contexte, H.A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute, doute que M. Rubio réussisse à rassurer complètement les alliés du Golfe.
"La variable clé sur laquelle il ne peut pas les faire changer d'avis, c'est la fiabilité réelle des Etats-Unis", dit l'expert à l'AFP.
- "Pas connaissance" d'un fonds -
Le protocole donne aux négociateurs 60 jours pour parvenir à un accord définitif, ce qui prolonge la période d'incertitude, alors que les pétromonarchies ont fait de la stabilité l'un de leurs grands arguments pour attirer entreprises, capitaux et touristes.
Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis. Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne.
Ces pays vont vouloir "diversifier leurs relations en matière de sécurité à tous les niveaux, car ils ne considèrent tout simplement pas les Etats-Unis comme un partenaire fiable et prévisible", souligne M. Hellyer.
Quant au fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Iran, rien ne dit que les pays du Golfe entendent passer à la caisse.
"Les Emirats arabes unis n'ont pas connaissance d'un quelconque fonds présumé de 300 milliards de dollars et n'y sont en aucune façon impliqués", a déclaré mardi à l'AFP un responsable émirati sous couvert d'anonymat.
"Non, cela viendra plus tard", a répondu pour sa part M. Rubio à propos de ce fonds. "Cela fait partie des scénarios envisagés qui pourraient se produire si l'Iran prenait une décision, si ses dirigeants décidaient de faire de leur pays une nation plutôt qu'un mouvement révolutionnaire exportateur de terreur", a-t-il dit écartant tout centime venant des Etats-Unis.
X.Matos--PC