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Marine Le Pen bientôt fixée sur sa candidature à la présidentielle 2027
La course à la présidentielle 2027 est suspendue mardi à l'attente de la décision de la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du Front national, qui pourrait rebattre les cartes du scrutin suprême en empêchant une quatrième candidature consécutive de Marine Le Pen.
Autant qu'une éventuelle condamnation, c'est la durée de l'inéligibilité de la cheffe de file du RN qui sera scrutée quand la présidente lira son arrêt en début d'après-midi: plus de deux ans et la nouvelle campagne de Marine Le Pen s'achèvera avant même d'avoir commencé. Elle laisserait alors la place à Jordan Bardella.
Après ses échecs au second tour des présidentielles de 2017 et 2022, Marine Le Pen est au firmament des sondages après une décennie de macronisme, couronnement d'années de stratégie de "dédiabolisation" du parti à la flamme.
Mais cet élan pourrait se fracasser contre le mur de l'arrêt rendu à partir de 13H30 au palais de justice, sur l'île de la Cité, contre elle et onze autres prévenus, dont le Rassemblement national (alors Front national) en tant que parti.
Signe de l'importance des enjeux de cette décision, des dizaines de journalistes en ébullition, représentant des médias du monde entier, se sont présentés dès le petit matin aux portes de la cour pour espérer obtenir une place dans la première chambre, la plus solennelle salle du vieux palais.
Quelle que soit la décision, "nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire", a lancé samedi Marine Le Pen, aux côtés de son poulain Jordan Bardella, à Liévin, dans son fief du Pas-de-Calais.
La patronne du RN avait été condamnée en première instance l'an dernier à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds du Parlement européen.
Une confirmation de cette peine l'empêcherait de se présenter au scrutin des 18 avril et 2 mai 2027 et Marine Le Pen devrait céder la place à Jordan Bardella, 30 ans. La députée devrait annoncer sa décision au journal de 20H de TF1, dans la soirée.
Si la cour la juge à nouveau coupable, les minutes paraîtront interminables jusqu'au prononcé de sa peine, qui devrait être dévoilée à la toute fin du délibéré. Car il ne restera à Marine Le Pen qu'un trou de souris pour que soient réunies les conditions d'une nouvelle candidature.
Théoriquement, une inéligibilité réduite à deux ans ou moins lui permettrait de se présenter, car elle serait éligible au jour du premier tour.
Mais l'intéressée, âgée de 57 ans, a d'ores et déjà estimé qu'il ne lui serait "pas possible" de faire campagne avec un bracelet électronique. En première instance, elle avait écopé de quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous surveillance électronique.
- "Système" ? -
Les trois magistrats de la cour d'appel ont eu près de cinq mois pour répondre à une première question: Marine Le Pen est-elle coupable d'avoir détourné des fonds publics en faisant embaucher par les eurodéputés de son parti des assistants, payés par le Parlement européen, dont les activités n'étaient en fait qu'au seul bénéfice du parti ?
En première instance, le tribunal correctionnel a déclaré 25 prévenus coupables de la mise en place d'un "système" entre 2004 et 2016 pour payer des salariés du parti avec l'argent du Parlement européen. Seule la moitié a fait appel.
Dans son jugement de mars 2025, le tribunal avait établi le préjudice du Parlement à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros déjà remboursés par une partie des prévenus.
Les nouveaux débats devant la cour présidée par Michèle Agi ont, comme en première instance, mis en évidence l'absence ou, au mieux, la grande indigence des preuves de tâches d'assistants parlementaires réellement exécutées.
La deuxième interrogation posée aux juges porte sur le caractère "systémique" du procédé litigieux. Marine Le Pen a protesté trois semaines durant de sa "bonne foi", rejetant toute idée de "système".
En appel, les avocats généraux ont requis contre la fille de Jean-Marie Le Pen cinq ans d'inéligibilité ainsi que quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, la partie ferme pouvant s'aménager sous bracelet électronique.
Tandis que le monde politique retient son souffle, le patron des députés Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez a estimé mardi matin sur Europe 1 et CNews que si Marine Le Pen était empêchée par la justice, ce serait "le signe d'une crise de la démocratie".
À l'inverse, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a jugé au même moment sur BFMTV et RMC que "les hommes et femmes politiques ne sont ni en dessous des lois, ni au-dessus des lois".
Même raisonnement pour le socialiste Olivier Faure. "Il y a une logique à cela. Quand on est coupable (de détournement de fonds publics), eh bien on doit payer", a-t-il dit sur France 2.
amd-pab-ng-edy/bfa/asm
P.Cavaco--PC