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Macron affiche son soutien à Chareh pour stabiliser la Syrie, après deux attentats à Damas
Emmanuel Macron a affiché mardi son soutien au nouveau pouvoir syrien pour mener à bien la difficile transition politique en Syrie, après deux attentats à proximité de l'hôtel où il venait de passer la nuit à Damas, qui ont fait 18 blessés.
Le président syrien Ahmad al-Chareh a pour sa part salué "le courage" du président français qui a maintenu sa visite, la première d'un dirigeant d'une puissance occidentale depuis son arrivée au pouvoir à la tête d'une coalition islamiste.
Emmanuel Macron a affirmé que ces attentats ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, qui sort d'une guerre civile de près de 14 ans (2011-2015).
"Nous sommes à vos côtés pour vous dire notre confiance dans le peuple syrien, dans votre travail pour apporter la paix, la sécurité, la prospérité", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse avec son homologue syrien.
Les deux engins ont explosé quasi-simultanément à quelques mètres de distance, après le départ d'Emmanuel Macron pour le palais présidentiel.
Quatre policiers figurent parmi les 18 victimes, selon le ministère de l'Intérieur. L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule près de l'hôtel Four Seasons, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.
Des journalistes de l'AFP ont vu des traces de sang sur le trottoir près du luxueux hôtel et les fenêtres du ministère du Tourisme, qui lui fait face, brisées.
- "Opportunités" -
M. Macron est arrivé lundi soir en Syrie, quelques jours après un attentat à la bombe qui avait fait dix morts dans un café du centre de Damas. Paris avait refusé d'annoncer sa visite jusqu'à son atterrissage.
Lundi soir, il s'est affiché avec le président Chareh, dans un restaurant du vieux Damas puis, tous deux en bras de chemise, dans la célèbre mosquée des Omeyyades à Damas.
Mardi, il a participé à un "forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie", au cours duquel il a souligné, comme son homologue, le souhait de voir la Syrie retrouver son rôle de carrefour énergétique, notamment après le verrouillage par Téhéran du détroit stratégique d'Ormuz.
"Nous voulons que la France soit notre premier partenaire dans ce parcours", a dit M. Chareh.
"Les opportunités, les intérêts des entreprises françaises sont convergents" avec les objectifs de la Syrie en matière de reconstruction et de stabilisation, a pour sa part affirmé Emmanuel Macron.
Pour le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, la Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz.
Il accompagne Emmanuel Macron, de même que plusieurs dirigeants d'entreprises françaises, dont celui du géant mondial du transport maritime CMA CGM, Rodolphe Saadé, et des accords bilatéraux ont été signés au cours de la visite.
Les deux pays se sont également entendus pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs "le plus tôt possible" selon M. Chareh.
La France, qui avait rouvert son ambassade en 2024, est pour le moment représentée par un chargé d'affaires.
- "Etat de droit" -
Dans la matinée, Emmanuel Macron a reçu des personnalités de la société civile qui s'inquiètent de la poursuite d'exactions et de la concentration des pouvoirs aux mains du président islamiste.
Devant la presse, le prédident français a jugé "nécessaire qu'à la dictature succède un véritable Etat de droit", en référence au demi-siècle de règne du clan Assad sur le pays.
Ahmad al-Chareh s'est engagé à protéger les minorités, mais le pays a été le théâtre de massacres d'alaouites en mars 2025 et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes il y a un an.
Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste.
Le président Chareh a souligné le caractère "historique" de sa visite, et appelé la France à jouer "un rôle actif" pour mettre fin aux "agressions israéliennes" dans le sud de la Syrie.
Le chef de l'Etat français doit rallier mardi soir Ankara pour le sommet de l'Otan, où il s'entretiendra mercredi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Dans la capitale turque, le président syrien rencontrera lui Donald Trump.
fff-a/cab
X.Brito--PC