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Massif échange de frappes entre l'Iran et les Etats-Unis avant l'inhumation de Khamenei
De nouveaux affrontements ont éclaté entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran ripostant jeudi contre des alliés de Washington dans la région et accusant ses ennemis de vouloir perturber l'inhumation du guide suprême Ali Khamenei.
Cette reprise des hostilités, les plus importantes depuis la signature le 17 juin par les deux belligérants d'un fragile protocole d'accord venu entériner le cessez-le-feu d'avril, font craindre un retour à un conflit d'ampleur.
Donald Trump a d'ailleurs déclaré la trêve "terminée" et étrillé les dirigeants iraniens, "des malades" à qui il ne veut plus "avoir affaire", tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des pourparlers par son équipe de négociateurs.
Pour la deuxième nuit consécutive, les Etats-Unis ont massivement frappé l'Iran, visant selon l'armée quelque 90 cibles militaires, en particulier des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière et des sites de stockage de missiles et de drones sur la côte sud.
Mais la République islamique a accusé Washington d'avoir aussi ciblé des infrastructures civiles afin de "faire de l'ombre" et d'empêcher les fidèles de se rendre aux funérailles d'Ali Khamenei. Des ponts et la liaison ferroviaire entre Téhéran et Machhad (nord-est), où l'ex-guide suprême doit être inhumé dans la soirée, ont été touchés selon Téhéran.
Des frappes ont par ailleurs été signalées dans "le périmètre" de la seule centrale nucléaire en activité d'Iran, à Bouchehr (sud), d'après un responsable iranien, cité par l'agence officielle Irna.
- Ormuz au coeur des tensions -
"Ces deux dernières nuits, le bruit a été extrêmement fort", a raconté à l'AFP Badriyeh, 44 ans, femme au foyer originaire de Bandar Abbas, dans le sud du pays, alors que les raids américains ont fait 17 morts et 93 blessés selon les autorités. "C'était pire hier soir, et les fenêtres de plusieurs maisons ont été brisées".
Tout est parti mardi du stratégique détroit d'Ormuz, devenu un enjeu majeur du conflit, Washington imputant à Téhéran les attaques d'au moins trois navires commerciaux. Le trafic a depuis nettement ralenti, selon les données de la plateforme de suivi maritime Kpler.
En représailles aux frappes américaines, les forces armées iraniennes ont de nouveau visé les voisins du Golfe: le Koweït, où au moins une personne a été blessée, Bahreïn, ou encore le Qatar, un des médiateurs dans les efforts de règlement du conflit.
Les sirènes d'alerte ont également retenti en Jordanie, où des missiles ont été interceptés pour la première fois depuis le 11 juin.
La reprise des frappes avait fait bondir mercredi les cours du pétrole, mais ils refluaient jeudi autour de 77 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.
- diplomatie "quasiment enterrée" -
Signe du climat tendu, un avion de chasse a escorté l'appareil transportant la dépouille du guide suprême jusqu'à Machhad.
Mais le regain des hostilités n'a pas entamé la ferveur des fidèles, nombreux à avoir fait le déplacement, après qu'ils aient été des millions à Téhéran et à Qom en début de semaine puis dans l'Irak voisin.
"Tous les gens ici cherchent à se venger", témoigne Mohammad Afsharian, un commerçant de 41 ans, qui juge les efforts diplomatiques "quasiment enterrés".
"Même si nous parvenions à un accord avec les Etats-Unis, nous aurions toujours des problèmes avec Israël", dit-il. Cet ennemi juré de la République islamique depuis son avènement en 1979 s'est dit prêt jeudi à attaquer l'Iran "une troisième fois si nécessaire" et "plus durement encore", par la voix de son ministre de la Défense Israël Katz.
A Machhad, une immense foule a cheminé sous un soleil de plomb vers le sanctuaire de l'imam Reza, le lieu le plus saint de l'islam chiite en Iran.
C'est dans ce somptueux édifice décoré de faïences multicolores et surmonté d'un dôme et d'un minaret dorés, que doit être inhumé le guide suprême mort dans une frappe américano-israélienne le 28 février, à l'âge de 86 ans dont près de 37 à la tête de la République islamique.
Son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa nomination en mars, n'a pour l'heure pas fait d'apparition lors de ces funérailles.
burx-anb/cgc/
E.Raimundo--PC