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Royaume-Uni: Andy Burnham plébiscité au début de la course à la succession de Keir Starmer
Plus rien ne semble pouvoir arrêter Andy Burnham dans sa course vers Downing Street, qui a désormais le soutien de plus des trois-quarts des députés travaillistes pour succéder au Premier ministre démissionnaire Keir Statrmer à la tête du Labour.
A 56 ans, l'ex-maire du Grand Manchester est le seul député à s'être publiquement déclaré candidat et aux premiers jours de la procédure de désignation du futur chef du parti travailliste, il a récolté 322 soutiens parmi les 403 députés de la majorité, selon le décompte affiché sur le site internet du Labour.
Andy Burnham s'est dit "profondément reconnaissant" sur X.
Ce soutien "vient de l'ensemble du (groupe parlementaire) et reflète une conviction partagée : le Royaume-Uni a besoin d'une nouvelle approche de la politique. C'est le choc que je propose : rendre le pouvoir à l'extérieur de Westminster, réorganiser l'économie au service des gens ordinaires et garantir une croissance saine dans chaque région du pays", a-t-il déclaré.
Il y a désormais peu de chance qu'un autre candidat puisse récolter les 81 soutiens nécessaires pour se présenter d'ici à la date limite du 15 juillet.
Si sa victoire se confirme, il sera alors intronisé chef du parti travailliste le 17 juillet lors d'un congrès extraordinaire, avant d'entrer à Downing Street, probablement le 20 juillet.
"Je viens de voter pour moi... j'espère que la troisième fois sera la bonne", avait écrit Andy Burnham sur le réseau social X jeudi matin. Il avait tenté sans succès de prendre la tête du Labour en 2010 et en 2015.
Dans le cas, peu probable désormais, où un autre candidat venait à se présenter, une compétition interne aura lieu. Le vainqueur sera désigné le 29 août à l'issue d'un vote des adhérents du Labour et des syndicats affiliés.
L'ancien secrétaire d'Etat aux Armées, Al Carns, qui disait y réfléchir, a finalement annoncé mercredi soir qu'il ne serait pas candidat.
"Le pays n'a vraiment pas besoin que le Labour passe des mois à s'écharper en interne en ce moment. Nous devons nous mettre au travail", a-t-il fait valoir.
Pour beaucoup de travaillistes, Andy Burnham semble être la seule figure capable de relancer le Labour au pouvoir, face aux difficultés qu'a traversées le parti ces derniers mois et qui ont conduit à la démission de Keir Starmer le 22 juin.
Arrivé à Downing Street en juillet 2024 après quatorze ans de gouvernements conservateurs, ce juriste de formation au style austère a rapidement vu chuter sa popularité, à force de faux pas et revirements, sur fond de crise du coût de la vie.
La controverse autour de la nomination comme ambassadeur aux Etats-Unis de Peter Mandelson, un proche du criminel sexuel Jeffrey Epstein, et des défaites électorales enregistrées par le Labour lui ont fait perdre ses soutiens au sein du parti, précipitant sa chute.
- "vent de fraîcheur" -
Son rival Andy Burnham, personnalité populaire et habile communicant, est parvenu à redevenir député en remportant haut la main une élection législative partielle près de son fief de Manchester le 18 juin. Une étape indispensable pour prétendre accéder à Downing Street.
Surnommé "le roi du Nord" pour ses succès à Manchester, il a été accueilli avec enthousiasme par des dizaines d'élus Labour lors de son retour à Westminster, et a reçu le soutien de l'ancien ministre de la Santé, Wes Streeting, qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer.
De nombreux députés estiment qu'il représente la meilleure chance des travaillistes pour résister au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage avant les prochaines élections législatives, prévues en principe en 2029.
Reform devance le Labour dans les sondages nationaux depuis plus d'un an, même si l'écart s'est réduit ces dernières semaines et que Nigel Farage se retrouve au cœur d'une polémique sur des dons non déclarés. Une affaire qui l'a conduit à annoncer mardi qu'il démissionnait du Parlement pour se représenter à une législative partielle afin que les électeurs soient "juges de (ses) actions".
Une députée travailliste, ayant requis l'anonymat, a estimé auprès de l'AFP que le parti avait raison de "tenter le pari" Burnham, ajoutant qu'"il ne pouvait pas être pire que Starmer" et disant espérer qu'il apporte "un vent de fraîcheur".
Depuis son retour au Parlement, Andy Burnham a commencé à dévoiler sa vision pour Downing Street, promettant notamment un vaste mouvement de décentralisation pour stimuler la croissance.
E.Raimundo--PC