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L'Insee dévoile la croissance française du 2e trimestre, après un recul au 1er trimestre
L'Insee dévoile la croissance française du 2e trimestre, après un recul au 1er trimestre / Photo: Sebastien DUPUY - AFP

L'Insee dévoile la croissance française du 2e trimestre, après un recul au 1er trimestre

L'Institut national de la statistique dira jeudi dans quelle mesure l'activité économique a progressé en France au deuxième trimestre, après un recul sur les trois premiers mois de l'année qui avait suscité des craintes pour l'économie du pays, confrontée à la guerre au Moyen-Orient.

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Deuxième économie de la zone euro, la France sera la première à dire comment son produit intérieur brut (PIB) a évolué entre avril et juin. Suivront dans la matinée d'autres poids lourds européens, Espagne, Allemagne ou Italie, avant la publication du chiffre de la zone euro.

Le PIB irlandais, déjà publié mercredi, a rebondi sur le trimestre, progressant de 3,9% après une lourde chute en début d'année liée aux opérations comptables des nombreuses multinationales installées dans le pays, qui avait pesé sur la croissance de la zone euro dans son ensemble.

En France, l'Insee prévoit sur la période un "regain temporaire" de croissance, à 0,3%, après un recul du PIB de 0,1% sur le premier trimestre. La Banque de France table sur une croissance de 0,2%, avec un rebond dans l'industrie et les services marchands.

Les analystes sondés par Bloomberg prévoient aussi en moyenne une progression de 0,2%.

- "Contribution des exportations" -

Pour l'économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, le trimestre sera "faiblement positif". La baisse du PIB en début d'année "avait quand même surpris un peu tout le monde. C'était notamment les exports qui avaient contribué très négativement, avec des commandes aéronautiques qui avaient été livrées en retard", analyse-t-il.

"Sur le deuxième trimestre, la contribution des exportations va jouer dans l'autre sens. Donc on va être sur une croissance, mais faible, parce qu'il y a quand même eu le choc énergétique", ajoute-t-il, anticipant une "consommation des ménages peu dynamique".

Moins optimiste, l'économiste Peter Vanden Houte de la banque ING table sur une stagnation du PIB au deuxième trimestre, du fait de l'impact de la guerre au Moyen-Orient.

"Les prix énergétiques ont quand même fortement augmenté pendant tout un temps. Cela a pesé sur le revenu disponible des ménages, donc nous pensons que la croissance de la consommation va rester très faible, voire même négative", ajoute-t-il. Il reconnaît cependant que les exportations pourraient être "un facteur plus positif".

Le recul du PIB au premier trimestre avait fait craindre à certains économistes une récession technique, soit deux trimestres consécutifs de recul, sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie avec le conflit au Moyen-Orient, qui a débuté fin février.

- Impact de la canicule et des incendies -

L'inflation avait connu un pic à 2,4% en mai. Mais elle avait reflué à 1,8% sur un an en juin, après la signature d'un protocole d'accord le 17 juin entre les États-Unis et l'Iran, permettant d'éclaircir l'horizon économique.

"On s'attendait à un pétrole à 150 ou 200 dollars, et il a plafonné à 120 puis rebaissé ensuite", donc "la crise énergétique a été moins violente que ce qu'on avait craint", souligne Sylvain Bersinger.

La Banque de France, qui tablait au départ sur une stagnation du PIB au deuxième trimestre, avait révisé à la hausse sa prévision début juillet.

Le gouvernement, avait, lui, estimé en juillet que le "deuxième trimestre devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'activité", et fait preuve "d'une approche prudente pour les troisième et quatrième trimestres". Il table sur une croissance du PIB de 0,7% pour l'ensemble de l'année.

Pour les analystes d'ING, qui estiment que la croissance "ne va probablement pas dépasser 0,5%" sur l'ensemble de l'année, "il y a évidemment encore un point d'interrogation sur l'impact de la canicule et des incendies, qui vont aussi avoir un effet négatif sur la croissance".

"Cela pourrait encore peser sur la croissance au troisième trimestre", estime Peter Vanden Houte. "Mais si les hostilités au Moyen-Orient s'arrêtent dans un proche avenir, on peut toujours espérer un rebond au second semestre", poursuit-il.

T.Batista--PC