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Arménie: Pelosi condamne des "attaques" de l'Azerbaïdjan
La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, a accusé dimanche l'Azerbaïdjan d'être responsable d'affrontements frontaliers cette semaine entre les forces azerbaïdjanaises et arméniennes, qui ont fait plus de 200 morts.
"Nous condamnons fermement ces attaques, au nom du Congrès (américain), qui menacent la perspective d'un accord de paix si nécessaire", a déclaré Mme Pelosi, lors d'une conférence de presse depuis la capitale arménienne, Erevan.
"L'Arménie a une importance particulière pour nous en raison de l'accent qui a été mis sur l'aspect sécuritaire après les attaques illégales et meurtrières de l'Azerbaïdjan sur le territoire arménien", a-t-elle ajouté.
Sa visite intervient alors que la région, stratégique pour l'acheminement des hydrocarbures de la mer Caspienne, est en proie à des frictions entre l'influence de la Turquie, soutien de l'Azerbaïdjan, et celle de la Russie, alliée traditionnelle de l'Arménie où elle dispose d'une base militaire, mais qui est très occupée en Ukraine.
Les Occidentaux sont présents via un processus de paix du groupe de Minsk de l'OSCE, au point mort, et de pourparlers soutenus ces derniers mois par l'Union européenne mais qui n'ont pas empêché de nouvelles violences.
Les affrontements à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont éclaté mardi et se sont terminés par une médiation internationale dans la nuit de jeudi. Les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir déclenché les combats.
Le président du Parlement arménien, Alen Simonian, a affirmé dimanche que les violences avaient pu se terminer grâce à une médiation américaine, après l'échec dans le courant de la semaine d'une tentative de trêve sous médiation russe.
"Nous sommes reconnaissants aux Etats-Unis pour l'accord sur un fragile cessez-le-feu obtenu grâce à leur médiation", a affirmé M. Simonian, lors d'une conférence de presse commune avec Nancy Pelosi.
- Processus de paix en danger -
Ces violences sont une escalade inédite depuis 2020 et menacent de torpiller un processus de paix fragile entre ces deux ex-républiques soviétiques du Caucase.
En 2020 et dans les années 1990, les deux pays se sont affrontés pendant deux guerres pour contrôler la région séparatiste du Nagorny Karabakh, une enclave peuplée d’Arméniens mais située en Azerbaïdjan.
En novembre 2020, après six semaines de combats ayant fait 6.500 morts et qui s'étaient soldés par une lourde défaite arménienne, un cessez-le-feu avait été signé sous l'égide de Moscou et 2.000 soldats de la paix russes déployés au Nagorny Karabakh.
"Au Congrès (américain), nous tenons la Turquie (alliée de Bakou) et l'Azerbaïdjan responsables du conflit existant au Nagorny Karabakh", a affirmé dimanche Nancy Pelosi.
La responsable est arrivée samedi en Arménie pour une visite de trois jours. Elle est le plus haut responsable américain à se rendre à Erevan depuis l'indépendance de ce petit pays du Caucase en 1991, qui dispose d'une importante diaspora aux Etats-Unis.
Dimanche matin, elle a déposé des fleurs au mémorial d'Erevan dédié au 1,5 million d'Arméniens tués dans l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.
L'Arménie milite pour que ces tueries soient reconnues internationalement comme un génocide, une revendication que rejette fermement la Turquie, qui évoque des massacres réciproques.
L'année dernière, le président américain Joe Biden avait pris le parti d'Erevan et reconnu le terme de génocide.
"C'est un devoir moral pour tous de ne jamais oublier, une obligation qui a un caractère encore plus urgent alors que des atrocités sont commises à travers la planète, notamment par la Russie en Ukraine", a déclaré samedi Nancy Pelosi, en référence aux récentes accusations contre l'armée russe d'exactions en Ukraine.
Mme Pelosi avait été au centre des tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis en août, lorsqu’elle s’est rendue à Taïwan au mépris des avertissements de Pékin qui revendique l’île.
A.Santos--PC