-
Soucoupes, orbes et disques volants: le Pentagone publie des documents sur les ovnis
-
Bourses mondiales: l'Europe termine la semaine dans le rouge, nouveaux records à Wall Street
-
Les Bourses européennes terminent la semaine dans le rouge
-
Iran: Rubio somme les Européens de partager le fardeau
-
Tour d'Italie: Paul Magnier revoit la vie en rose
-
Le surf sur la vague de Munich réautorisé par le nouveau maire
-
La Pologne signe un accord de prêt de 44 milliards d'euros avec l'UE pour moderniser son armée
-
Bourses mondiales: Wall Street salue un rapport sur l'emploi solide, l'Europe dans le rouge
-
L'homme accusé d'avoir menacé l'ex-prince Andrew plaide non coupable
-
Wall Street se reprend, aidée par l'emploi américain
-
Automobile: Porsche poursuit son recentrage, plus de 500 emplois supprimés
-
Tennis: Swiatek se fait peur à Rome, De Minaur prend la porte
-
Elections britanniques: Starmer exclut de démissionner malgré des résultats "douloureux" et l'ascension de Reform UK
-
De nouveaux affrontements dans le Golfe jettent une ombre sur l'optimisme de Trump
-
Moyen-Orient: les Bourses européennes dans le rouge, Wall Street attend l'emploi américain
-
Aucune "faille de sécurité" identifiée dans l'enquête de l'UE sur un commissaire hongrois
-
Vingt ans après Henry, Vieira et Kanu, l'Afrique vibre toujours pour Arsenal
-
Un rubis de 11.000 carats découvert en Birmanie
-
"C'est une prison": la longue attente des Gazaouis bloqués en Cisjordanie
-
Buffles, cash et canapé: le scandale qui fait à nouveau trembler le président sud-africain
-
Mondial-2026: la pelouse posée dans le stade de la finale
-
Bonnie Tyler en coma artificiel après avoir été opérée au Portugal
-
Commerzbank contre-attaque face à l'offre hostile d'UniCredit
-
Kérosène: l'UE espère éviter la pénurie et se tourne vers les Etats-Unis
-
Hantavirus: le risque pour l'ensemble de la population est "absolument faible", assure l'OMS
-
Ukraine: important feu de forêt dans la zone radioactive de Tchernobyl après la chute d'un drone
-
Masters 1000 de Rome: Arthur Fils doit monter en cadence
-
Léon XIV célèbre son premier anniversaire de pape dans le sud de l'Italie
-
Moscou et Kiev continuent leurs attaques de drones malgré la trêve russe
-
Elections britanniques: Starmer exclut de démissionner malgré des résultats douloureux" et une montée de Reform
-
Ukraine: plus de 3.000 attaques contre des structures de soin depuis le début de l'invasion russe
-
Retour de l'ambassadeur de France en Algérie, nouveau signe de dégel entre les deux pays
-
Indonésie: trois randonneurs morts après l'éruption d'un volcan
-
Copa Libertadores: le match entre Medellin et le tenant Flamengo annulé en raison d'incidents
-
Stellantis envisage d'ouvrir au chinois Leapmotor ses usines en Espagne
-
Toyota voit son bénéfice net annuel chuter et se montre prudent face au conflit au Moyen-Orient
-
Face à la sécheresse de ses rizières, la Malaisie veut faire pleuvoir
-
Taïwan accueille le président paraguayen malgré la pression de Pékin
-
Les Bourses européennes en repli face au regain d'incertitudes au Moyen-Orient
-
Indonésie: trois randonneurs morts après l'éruption d'un volcan, dix disparus
-
Russie: plongée dans la machine à briser les prisonniers ukrainiens
-
Venezuela: la dollarisation formelle refait rêver après l'intervention américaine
-
Aux Etats-Unis, le foot marque des buts contre l'obésité
-
Les croupiers fin prêts pour l'ouverture mardi du plus grand club de jeux parisien
-
Kérosène: l'UE espère éviter la pénurie et regarde vers les États-Unis
-
Ligue 1: des étoiles au gouffre, un Lens-Nantes à double enjeu
-
Arménie: à la rescousse des ours maltraités
-
NBA: le Thunder et Detroit enchaînent un deuxième succès
-
La Russie et l'Ukraine s'accusent de violer la trêve décrétée par Moscou
-
L'épidémie de rougeole continue à tuer des enfants au Bangladesh
En Sierra Leone, une nouvelle drogue fait des ravages chez les jeunes
Au bord d’une décharge de Freetown, un jeune homme porte un joint à sa bouche: un mélange de substances chimiques qui imite les effets du cannabis. Il fume le kush, une drogue qui fait des ravages parmi la jeunesse désœuvrée de la Sierra Leone.
Après quelques bouffées, Mohamed (le prénom a été modifié) rentre dans un état de "grande méditation". Il décrit une sensation de "repos" qui dure environ une heure.
"Je dépense beaucoup d’argent pour ça, environ 200 leones chaque jour (9 euros)", explique l'homme de 25 ans. Pour payer cette somme qui représente une petite fortune dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest parmi les moins développés au monde, il collecte des ordures et les revend.
A quelques mètres, ses compagnons de misère s’entassent dans un taudis étriqué au cœur d'un bidonville où des enfants jouent dans les ordures, au milieu des cochons. Les volutes de kush asphyxient la pièce.
De jeunes hommes et femmes inconscients, parfois à peine adolescents, trouvent une échappatoire à leur dénuement extrême dans cette drogue de synthèse qui a fait son apparition à Freetown il y a environ cinq ans.
C’est le cas de Kadiatu, - un nom d’emprunt -, 22 ans, qui a sombré dans la prostitution à cause du kush: "J’étais une femme joyeuse avec plein de robes à la mode". Désormais, elle ne possède plus rien et montre ses larges cicatrices, stigmates des violences qu’elle a subies en vivant dans la rue.
Si l’ampleur du phénomène n’a pas encore été quantifiée, faute d’étude, elle est visible dans les rues de la capitale. Les consommateurs de kush sont partout, des bidonvilles aux rues plus huppées de Freetown. On les reconnaît à leur somnolence.
Difficile de dire de quoi est composé le kush: dans les rues, certains parlent de mélanges de tramadol ou de formol. L’Agence nationale de lutte contre la drogue évoque une "drogue de synthèse" qui "évolue rapidement", produite sur le "territoire et à l’international".
- "Alarmant" -
Selon le directeur exécutif de l’Agence, Abdul Sheku Kargbo, ce mélange chimique qui "imite le THC naturel qu’on trouve dans le cannabis" peut voir ses effets "augmenter de manière exponentielle, d'où la puissance du kush".
"Les jeunes gens meurent", s’inquiète Ibrahim Hassan Koroma, fondateur de l’association Mental Watch Advocacy Network qui sensibilise les jeunes sur les dangers du kush. "C’est alarmant".
S’enfonçant dans le quartier pauvre de Crab Town, il arrive au détour d'une ruelle dans "une planque" où une centaine de fumeurs consomment leur drogue à l'abri des regards.
"On ne veut pas les discriminer ou les pointer du doigt", souligne Ibrahim.
Selon lui, le kush offre un expédient à "des personnes négligées par la société" dans cette ancienne colonie britannique qui se remet toujours d’une guerre civile sanglante (1991-2002) et de l'épidémie d'Ebola (2014-2016).
Pour faire face à cette crise sanitaire, l’unique hôpital psychiatrique du pays est la seule structure à sevrer les toxicomanes amenés par leur famille.
Entassés par dizaines dans des dortoirs d’un bâtiment de l’hôpital dédié aux addictions, de jeunes hommes patientent sur des lits. Pendant 3 à 6 semaines, ils sont mis à l’isolement et traités avec des antipsychotiques.
"Ce qu’on voit à l’hôpital ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, parce que seuls les cas les plus sévères - en état d'intoxication ou psychotique - sont amenés", se désole Jusu Mattia, directeur médical par intérim à l'Hôpital psychiatrique universitaire de la Sierra Leone.
- Manque de suivi -
Quant aux autres, les "zombies" qui ne perturbent pas la communauté, "personne ne s’occupe d’eux", poursuit cet interne en psychiatrie.
Selon ses estimations, au moins 60% des admissions sont liées à une addiction: "La majorité des jeunes consomment du kush. C’est un problème très répandu", estime-t-il.
Dans cet ancien asile de l’époque coloniale récemment rénové, les conditions demeurent rudimentaires. Depuis avril 2022, l’Etat ne fournit plus la nourriture des patients.
Les premiers mois, le personnel a dû payer de sa poche les repas, jusqu’à ce que l’ONG américaine Partners In Health (PIH) en reprenne le financement, et aide l'établissement à acquérir des médicaments psychoactifs.
Les patients peuvent suivre une psychothérapie et participer à des activités de réinsertion comme du sport ou de la couture.
Depuis le dortoir où il est sevré, Michael Mannah assure qu'il est une "nouvelle personne".
Grâce au traitement, cet étudiant de 22 ans, accro au kush depuis 2017, veut désormais être un "ambassadeur pour lutter contre la consommation de cette drogue". En chœur, lui et ses camarades scandent "non au kush", promettant de ne plus replonger.
Pourtant, faute de moyens pour un suivi adéquat, les rechutes sont nombreuses, déplore Jusu Mattia.
M.Carneiro--PC