-
Retour de l'ambassadeur de France en Algérie, nouveau signe de dégel entre les deux pays
-
Indonésie: trois randonneurs morts après l'éruption d'un volcan
-
Copa Libertadores: le match entre Medellin et le tenant Flamengo annulé en raison d'incidents
-
Stellantis envisage d'ouvrir au chinois Leapmotor ses usines en Espagne
-
Toyota voit son bénéfice net annuel chuter et se montre prudent face au conflit au Moyen-Orient
-
Face à la sécheresse de ses rizières, la Malaisie veut faire pleuvoir
-
Taïwan accueille le président paraguayen malgré la pression de Pékin
-
Les Bourses européennes en repli face au regain d'incertitudes au Moyen-Orient
-
Indonésie: trois randonneurs morts après l'éruption d'un volcan, dix disparus
-
Russie: plongée dans la machine à briser les prisonniers ukrainiens
-
Venezuela: la dollarisation formelle refait rêver après l'intervention américaine
-
Aux Etats-Unis, le foot marque des buts contre l'obésité
-
Les croupiers fin prêts pour l'ouverture mardi du plus grand club de jeux parisien
-
Kérosène: l'UE espère éviter la pénurie et regarde vers les États-Unis
-
Ligue 1: des étoiles au gouffre, un Lens-Nantes à double enjeu
-
Arménie: à la rescousse des ours maltraités
-
NBA: le Thunder et Detroit enchaînent un deuxième succès
-
La Russie et l'Ukraine s'accusent de violer la trêve décrétée par Moscou
-
L'épidémie de rougeole continue à tuer des enfants au Bangladesh
-
Les océans proches des records de chaleur avant même le retour attendu d'El Niño
-
Deux Australiennes liées au groupe EI inculpées pour avoir détenu une esclave en Syrie
-
Léon XIV célèbre un an de pontificat à Pompéi et à Naples
-
Venezuela: un an après, les autorités reconnaissent la mort d'un prisonnier politique
-
Des drones abattus en Russie depuis le début de sa trêve unilatérale pour les commémorations du 9-Mai
-
Dépenses militaires: l'Assemblée approuve 36 milliards de plus, suite des débats en suspens
-
Ligue Conférence: Crystal Palace en finale de sa première campagne européenne
-
Foot: Valverde blessé après une altercation avec Tchouaméni, le Real en crise avant le Clasico
-
Ligue Conférence: à bout de souffle, Strasbourg éliminé par le Rayo
-
Moyen-Orient: Wall Street joue la carte de la prudence
-
Zelensky met en garde contre toute présence au défilé à Moscou, la Russie réitère ses menaces.
-
Harrods a déjà indemnisé plus de 75 victimes de son ancien propriétaire Mohamed Al-Fayed
-
Trump satisfait de sa réunion avec le "très dynamique" Lula
-
Comment une ancienne épidémie d'hantavirus peut éclairer la transmission de la souche Andes
-
Royaume-Uni: deux hommes jugés coupables d'aide aux services de renseignement chinois, l'ambassadeur convoqué
-
Roumen Radev nommé officiellement Premier ministre de la Bulgarie
-
Les produits alimentaires au CBD interdits à partir du 15 mai
-
Plus de 30 morts dans deux attaques dans le centre du Mali, revendiquées par les jihadistes
-
Reprise annoncée des discussions entre Israël et le Liban à Washington
-
De TotalEnergies à Shell, les compagnies européennes raflent la mise
-
Dérives possibles de X: Elon Musk dans les radars d'un juge d'instruction français
-
Le gouvernement présente une stratégie pour l'emploi des jeunes
-
RER B en Ile-de-France: le MI20 part sur de nouveaux rails après une saga industrielle compliquée
-
Tennis: Atmane et Mpetshi Perricard au 2e tour à Rome, Jeanjan si proche de l'exploit
-
Devant la Cour de révision, Dany Leprince réaffirme son innocence
-
Fnac Darty: l'AMF donne son feu vert à l'OPA du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky
-
A la Bourse de Paris, le repli après l'euphorie en attendant l'Iran
-
Après le meurtre de Chloé, 14 ans, un bourg de l'Aisne sous le choc
-
France: information judiciaire visant Musk pour de possibles dérives du réseau social X
-
Rubio et le pape américain jouent l'apaisement
-
L'écart d'usage de l'IA entre pays riches et pauvres se creuse, selon Microsoft
Le choléra à Mayotte, récit d'une faute collective
L'épidémie de choléra à Mayotte aurait-elle pu être évitée ? Probablement, si certains bidonvilles avaient bénéficié d'une eau saine. Mais le sujet se heurte de longue date au manque d'action des pouvoirs publics, confrontés à la vive mobilisation anti-migrants d'une part de la population.
"Nous voici face à la survenue d'une épidémie de choléra, un évènement jamais vu en France depuis le 19e siècle", souligne l'infectiologue Renaud Piarroux, référence sur cette maladie, dans un rapport commandé par les autorités sanitaires locales, mais resté confidentiel.
Ce document, consulté par l'AFP après avoir été révélé par l'Express, est sans ambiguïté sur les ressorts de l'épidémie qui a frappé une grosse centaine de personnes et en a tué deux dans cet archipel de l'océan Indien d'environ 320.000 habitants.
"La priorité est de garantir un accès minimum à l'eau potable et à des installations sanitaires adéquates dans les bidonvilles et autres zones vulnérables", conclut ce rapport, soulignant la situation souvent catastrophique en la matière dans ce département le plus pauvre de France et, en conséquence, l'absurdité de certaines recommandations.
"Quel sens donner à un message exhortant la population à se laver les mains fréquemment, si la seule ressource est une eau souillée ?", se demande M. Piarroux.
La bactérie à l'origine du choléra, Vibrio cholerae, se transmet en effet très largement par les eaux usées. Et, pour nombre d'habitants des bidonvilles de Mayotte, il n'y a guère d'autre choix pour boire ou se laver.
Un regard au quartier Kirson, dans la commune de Koungou, illustre cette situation. C'est là que l'épidémie a connu son principal foyer, depuis en voie de résorption, et qu'est décédée une fillette de trois ans début mai.
Ce bidonville, qui héberge environ 5.000 personnes, est séparé en deux par une rivière qui sert à tous les usages. Une borne-fontaine est installée à l'entrée du quartier mais la plupart des habitants en sont trop éloignés pour y faire leurs réserves.
Certes, les équipes de l'Agence régionale de santé (ARS), bras armé sur place du ministère de la Santé, ont finalement mis en place en avril une rampe d'eau, une installation gratuite et plus proche des habitants. Mais l'épidémie, qui frappe plus largement cette région du monde et a été importée des Comores voisines, était déjà bien là.
"Si ça n'a pas été fait avant, c'est par manque de volonté politique", estime le membre d'une ONG souhaitant rester anonyme.
- Installations vandalisées -
Car pour la préfecture, qui représente l'Etat, comme pour les élus locaux, le sujet est particulièrement sensible, alors que le département subit depuis des décennies une crise de l'eau qui s'est aggravée l'an dernier.
Faute d'infrastructures suffisantes pour couvrir les besoins, les habitants ont été privés d’eau deux jours sur trois de fin août à mi-février. A l'heure actuelle, ils le restent un tiers du temps.
Dans ce contexte, auquel s'ajoute une immigration massive et clandestine depuis les Comores, nombre d'habitants s'opposent, verbalement et physiquement, à la mise en place de points d'eau dans les bidonvilles.
Des "collectifs de citoyens" ont régulièrement résisté à de telles installations, exprimant à la fois leur crainte de gaspiller de l'eau et d'inciter l'immigration.
Dans les faits, quand les autorités installent un point d'eau, il est souvent vandalisé. C'est le cas dans le quartier de Cavani, à Mamoudzou, où sont rassemblés de nombreux migrants africains et où le choléra a fait fin mai une seconde victime, une femme d'une soixantaine d'années.
Inutilisable, un point d'eau n'a pu être réparé car "les agents ont subi des menaces et (des) manifestants ne les ont pas laissé faire", explique à l'AFP Anthony Bulteau, délégué de l'ONG Solidarités International.
Les collectifs de citoyens ont-ils changé d'avis au vu de la crise sanitaire ? Certains représentants assurent avoir évolué.
- La crainte de contrôles -
L'opposition à l'installation de points d'eau "était un positionnement légitime quand il y avait 48 heures de coupures d'eau et que les rampes d'eau coulaient en continu: nous, on subissait les coupures et on devait payer une facture astronomique", explique à l'AFP Yasmina Aouny, porte-parole des "Forces vives".
Mais face à l'épidémie, son collectif "a exprimé son inquiétude et revoit son positionnement", dit-elle.
De même, les autorités assurent avoir pris la mesure du problème. Sollicitées par l'AFP, la préfecture et l'ARS ont expliqué de concert qu'un "plan d'action" devait aboutir "dès le mois de juin" à l'installation de nouveaux points d'eau. Il prévoit aussi de réparer les installations abîmées.
Reste qu'il est difficile de concilier ces enjeux de santé publique et la priorité affichée par le gouvernement de lutter contre l'immigration clandestine, qui a déjà donné lieu à une médiatique opération "place nette" en avril.
Les ONG dénoncent des contrôles de police près de points d'eau qui découragent des habitants de s'y rendre, ce que confirment des témoignages recueillis par l'AFP.
"Les policiers en profitent pour nous contrôler quand on fait la queue à la borne. Et moi, je n'ai pas de papiers", confie Hadidja -un prénom d'emprunt -, une habitante de Kaweni, le plus grand bidonville de Mayotte.
"Cela arrive que l'on procède à des contrôles aux abords des bornes fontaines", concède un policier de la police aux frontières (PAF) souhaitant rester anonyme.
Interrogé, le ministère de l'Intérieur a renvoyé l'AFP à la préfecture. De même, le ministère de la Santé redirige vers l'ARS locale.
Quels que soient les obstacles, le monde médical et scientifique juge, lui, inacceptable de laisser perdurer un tel manque d'accès à l'eau. Ce n'est "pas défendable", selon une note rédigée début mai par le Covars, héritier du Conseil scientifique de l'ère Covid. Transmise au ministère de la Santé, celui-ci l'a discrètement publiée quelques semaines après sa rédaction.
Et le caractère injustifiable de la situation est aussi évoqué par de grandes figures de la santé publique, tel l'épidémiologiste Antoine Flahault.
"La France se laisse rattraper par le sous-développement de l'un de ses territoires ultramarins, en l'absence de conflit, de catastrophe naturelle ou d'événement climatique extrême", cingle-t-il auprès de l'AFP.
"C'est un cas d'école qui doit amener le gouvernement français à réfléchir sur ses devoirs en matière de respect des droits humains élémentaires lorsqu'il décide de maintenir sa présence hors des limites métropolitaines", conclut M. Flahault.
H.Silva--PC