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Partygate: l'avenir politique de Boris Johnson en jeu
Journée cruciale pour l'avenir politique de Boris Johnson: le Premier ministre britannique affronte mercredi les conclusions de l'enquête administrative sur le "partygate", ces fêtes à Downing Street pendant les confinements anti-Covid.
Après des mois de révélations et revirements, la haute-fonctionnaire Sue Gray, réputée intraitable, a remis dans la matinée son rapport à Downing Street, a indiqué le gouvernement.
Le document doit désormais être rendu public dans son intégralité, avec des détails susceptibles de relancer la colère au sein de sa majorité, un temps apaisée, voire de démontrer que le chef du gouvernement conservateur a menti au Parlement, ce qui pourrait précipiter son départ.
Boris Johnson doit s'exprimer dans la foulée au Parlement sur le sujet, en plus de sa séance hebdomadaire de réponse aux questions des députés à 11H00 GMT, et les médias évoquent une possible conférence de presse dans l'après-midi.
Après avoir vu sa popularité chuter pendant l'hiver en raison du "partygate", Boris Johnson est parvenu à redresser son image en se montrant en pointe du soutien occidental à l'Ukraine face à l'invasion russe. Son parti a cependant essuyé de lourdes pertes lors d'élections locales début mai, écornant l'image de machine à gagner dans les urnes qui a longtemps protégé l'ancien maire de Londres, et l'inflation historique alimente le mécontentement.
Ses explications s'annoncent donc délicates lors de cette journée qui marque la fin d'un long suspense sur les travaux de Sue Gray, longtemps retardés par le lancement parallèle d'une enquête de police.
Cette dernière s'est achevée la semaine dernière en révélant l'ampleur des violations aux règles anti-Covid à Downing Street, contrastant avec les sacrifices des Britanniques pendant une pandémie qui a fait près de 180.000 morts au Royaume-Uni. Au total, 126 amendes adressées pour huit événements, dont une à Boris Johnson lui-même pour un pot d'anniversaire surprise en juin 2020.
Ce bilan a malgré tout été considéré comme relativement clément pour le Premier ministre, qui avait participé à des rassemblements en apparence plus graves et qui semblait alors en position de surmonter ce scandale, comme bien d'autres auparavant.
- Bouteilles -
Mais ces derniers jours, des photos et témoignages accablants publiés dans les médias ont relancé le "partygate", montrant notamment Boris Johnson verre à la main devant une table couverte de bouteilles pour le pot de départ de son chef de la communication en novembre 2020.
Le rapport de Sue Gray, qui selon le Times se compose de 40 pages et couvre plus d'une douzaine d'événements, risque de fournir de nouveaux détails préjudiciables ainsi que les noms de personnes impliquées dans ces fêtes.
Un rapport préalable, considérablement expurgé pour ne pas interférer avec les investigations des forces de l'ordre, avait donné un avant-goût cinglant, en dénonçant entre autres des "erreurs de leadership et de jugement".
Boris Johnson s'est excusé lorsqu'il a reçu l'amende mais refusé de démissionner. Mais si les nouveaux éléments publiés convainquent plus d'une cinquantaine de députés de la majorité de le lâcher, il risque de se retrouver visé par une motion de défiance, près de trois ans après son arrivée triomphante à Downing Street en plein psychodrame du Brexit.
Le rapport pourrait aussi alimenter les accusations de mensonges qui seront examinées par une autre enquête prévue, celle-ci parlementaire.
Si cette dernière conclut qu'il a menti sciemment à la tribune de la Chambre des Communes en affirmant ne pas avoir enfreint les règles, il est censé démissionner.
Les critiques de l'opposition, qui appelaient avec force à sa démission, ont cependant perdu en intensité depuis que la police a ouvert une enquête visant le chef des travaillistes Keir Starmer.
Ce dernier est accusé d'avoir violer les règles anti-Covid lors d'un déplacement de campagne en 2021. Les rassemblements à l'intérieur étaient interdits mais Keir Starmer a expliqué avoir commandé currys et bières pour l'équipe réunie ce soir-là dans des locaux du parti, seule alternative selon lui aux restaurants fermés.
Le chef du Labour et sa numéro deux ont promis de démissionner en cas d'amende.
P.Queiroz--PC