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JO-2022: la flamme olympique sur la Grande Muraille à la veille du Jour-J
La flamme olympique a escaladé jeudi la Grande Muraille, symbole chinois par excellence, à la veille de l'ouverture officielle des Jeux d'hiver de Pékin, marqués par la menace épidémique et des tensions diplomatiques.
La cérémonie d'ouverture n'a lieu que vendredi à 20h00 locales (13h00 à Paris) mais les premières épreuves -- du curling -- ont débuté mercredi soir dans ces deuxièmes JO de l'ère Covid, après ceux de Tokyo l'été dernier.
Les compétitions se poursuivent jeudi avec les débuts du tournoi féminin de hockey sur glace et les qualifications en ski de bosses, où Perrine Laffont, championne olympique 2018, effectuera sa première sortie.
Jeudi matin, par beau temps mais un froid glacial, les relayeurs de la flamme ont escaladé les marches de la Grande Muraille sur le site historique de Badaling, dans des montagnes sans neige situées à 75 km au nord-ouest de Pékin.
L'acteur de kungfu hongkongais Jackie Chan faisait partie des porteurs de torche, se disant "très fier" de représenter la Chine à cette occasion.
Mais les controverses ne s'apaisent pas à la veille du coup d'envoi.
Le début du relais de la flamme mercredi a fait l'objet d'une polémique en Inde, lorsque la presse a révélé qu'un des porteurs de torche était un soldat chinois impliqué en 2020 dans un accrochage avec l'armée indienne dans l'Himalaya.
L'affrontement à mains nues avait causé la mort d'au moins 20 soldats indiens et quatre soldats chinois, détériorant gravement les relations entre les deux grands voisins.
- Défense de fraterniser -
Pékin ne cesse de dénoncer le mélange du sport et de la politique en réponse au "boycott diplomatique" observé par plusieurs pays occidentaux, Etats-Unis en tête, afin de dénoncer des violations des droits de l'Homme en Chine.
Ces pays envoient bien des athlètes à Pékin mais pas de délégation officielle.
En réponse, le régime communiste a publié la semaine dernière une liste de 20 dirigeants mondiaux qui seront présents aux Jeux, au premier rang desquels le président Vladimir Poutine, au centre de l'attention mondiale du fait des craintes d'invasion russe en Ukraine.
Hasard ou non, la Russie avait fait la guerre à la Géorgie, autre ex-république soviétique pro-occidentale, lors des précédents JO de Pékin en 2008.
Le Kremlin a revendiqué mercredi le soutien de la Chine quant à ses exigences vis-à-vis de l'Occident, avant une rencontre entre Poutine et son homologue chinois Xi Jinping en marge des JO.
Fin janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait apporté son soutien aux "préoccupations raisonnables" de Moscou vis-à-vis de l'Ukraine.
Dans ce contexte tendu, le gouvernement ukrainien a demandé à ses athlètes de ne pas fraterniser avec les Russes lors des Jeux.
"Nous avons tenu une visioconférence sur le patriotisme et donné des recommandations sur la manière de se conduire: ne pas se tenir à côté des sportifs russes, ne pas se prendre en photo avec eux", a déclaré le ministre ukrainien des Sports, Vadym Gouttsaït, dans un entretien publié mercredi.
- 300 cas positifs -
Les JO de Pékin accueillent 92 délégations et très exactement 2.892 participants. Pour cause d'épidémie, ils sont confinés dans une bulle sanitaire qui comprend les sites de compétition, les hôtels et les centres de presse.
Aucun contact n'est autorisé avec la population générale en dehors de la bulle, Pékin observant une stratégie du zéro Covid.
Les participants y sont soumis à des dépistages quotidiens. En date de jeudi, près de 300 cas positifs avaient été dénombrés depuis l'entrée en vigueur du dispositif le 23 janvier.
En larmes, une championne belge de skeleton, Kim Meylemans, a fait réagir les réseaux sociaux et les instances sportives en faisant part mardi de son placement à l'isolement après un test positif.
"C'est très dur pour moi, je ne suis pas sûre que je puisse gérer les 14 jours des JO en étant à l'isolement", a-t-elle déclaré.
Malgré le contexte épidémique, les Jeux de Pékin "vont changer pour toujours l'échelle des sports d'hiver", a assuré Thomas Bach, le président du Comité international olympique (CIO).
"La Chine a déjà écrit l'histoire en dépassant l'objectif de familiariser 300 millions de ses citoyens aux sports de neige et de glace", a-t-il déclaré, en ouvrant jeudi la 139e session de l'instance olympique.
Si l'image du site olympique de ski alpin, bâti de toutes pièces au milieu de montagnes arides avec 100% de neige artificielle, laisse nombre d'observateurs étrangers perplexes, "aujourd'hui, nous pouvons le dire: la Chine est un pays de sports d'hiver", a affirmé M. Bach.
Dans un message aux participants, Xi Jinping a promis que "la Chine fera de son mieux pour offrir au monde des Jeux simples, sûrs et splendides".
F.Carias--PC