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Procès Maradona : la mort du "Dieu" du football argentin revient devant la justice
Six ans et demi plus tard, les circonstances de la mort de Diego Maradona reviennent devant la justice argentine, avec l'ouverture mardi d'un second procès, dix mois après l'annulation du premier sur fond de scandale pour un film documentaire préparé en secret, avec l'aide d'une juge.
Sept professionnels de la santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés à San Isidro, au nord de Buenos Aires, pendant au moins trois mois, à raison de deux audiences par semaine, pour des négligences pouvant avoir entraîné la mort de l'idole du football.
Le "Dieu" Maradona, -jamais détrôné dans le coeur de nombre d'Argentins, même pas par Lionel Messi - est-il mort quand a lâché, inéluctablement, son corps usé par les excès et les addictions ? Ou l'équipe médicale qui le veillait a-t-elle failli, voire sciemment ?
Ces doutes, reviennent, intacts, devant les juges.
Les accusés sont poursuivis pour "homicide avec dol éventuel", autrement dit négligences commises en sachant qu'elles peuvent entraîner la mort. Ils encourent entre huit et 25 ans de prison.
L'audience mardi, en présence notamment des trois filles de Diego Maradona et de ses soeurs, a débuté par un bref débat sur la retransmission en direct de tout le procès, et non seulement de la journée initiale et de la fin, a constaté l'AFP. Le trio de juges a rejeté la requête d'un avocat de la défense.
Maradona est mort à 60 ans, le 25 novembre 2020, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit d'une résidence privée où il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête.
- "Abandonné à son sort" -
Dans son exposé initial, le procureur Patrico Ferrari a assuré que l'accusation démontrerait "tous types d'omissions", au cours d'une "hospitalisation cruelle, lapidaire, dépourvue de tout", de la part de l'équipe médicale, un "groupe d'improvisés" qui a "abandonné Diego Maradona à son sort, le condamnant à mort".
Les accusés nient toute responsabilité dans ce décès, se retranchant derrière leurs rôles segmentés.
"Mon rôle et ma responsabilité ont été conformes à ma profession, (celle de) psychiatre, et j'ai toujours agi avec la conviction totale que ce que je faisais était correct dans l'intérêt du patient", avait plaidé Agustina Cosachov à la barre du premier procès.
Il avait été annulé en mai 2025, après plus de 20 audiences, 44 témoins entendus, sur fond de scandale. Une juge, Julieta Makintach, avait, à l'insu de tous, collaboré à la production d'une mini-série documentaire sur l'affaire, avec elle-même en vedette.
Elle a depuis été destituée. Le nouveau procès est présidé par un nouveau trio de magistrats.
"Rien de tout cela (un second procès) ne devrait être en train de se passer", se désolait à l'approche de l'échéance Jana, une des filles de Maradona. "Que ça n'ait pas été résolu alors (au premier procès), pour moi ça a été comme un deuil une seconde fois", a-t-elle confié au site en ligne Infobae.
- Une "face B" à l'affaire ? -
A l'extérieur du petit tribunal de San Isidro, des poignées d'admirateurs de Diego se pressaient mardi matin entre drapeaux à l'effigie de la star et pancartes réclamant "Justice pour D1OS" ("Dieu" et "N°10").
Ainsi, Francisco Tesch, 34 ans, venu de la grande banlieue de Buenos Aires, avec l'espoir "que la lumière soit faite". "Du moment où il est mort, on s'est tous demandé qui est, qui était l'entourage de Diego, pourquoi on ne l'a pas protégé. Je crois qu'on est nombreux à se poser la question", confiait-il à l'AFP.
Le premier procès a mis au jour de profondes failles autour de la fin de vie de la star. En particulier sur le bien-fondé d'une hospitalisation à domicile au lieu d'une clinique, sur l'équipement médical inadapté sur place - pas d'oxygène, pas de sérums, de moniteur cardiaque - et sur le niveau de suivi médical.
L'autopsie a abouti à la conclusion que Maradona avait agonisé "au moins 12 heures" avant d'être retrouvé sur son lit de mort, la rigidité suggérant un décès depuis deux heures.
Le premier procès avait aussi soulevé la question de qui était décisionnaire dans l'entourage de la star. Ses filles et une ex-compagne ont dit avoir été tenues à l'écart et sous-informées par l'équipe médicale.
A quelles fins ? Fernando Burlando, le virulent avocat de Dalma et Gianinna, les filles aînées, avait en 2025 parlé d'"assassinat" et évoqué un "intérêt pécuniaire" de tiers à la mort de Maradona, selon lui la "face B" de l'affaire.
A.Santos--PC