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Ligue 1: Cette fois, l'OM coule à pic
Corrigé 3-0 samedi par Nantes, pourtant relégable, l'OM ne répond plus et enchaîne performances et résultats désastreux, au point que le club marseillais, éloigné de la Ligue des Champions, risque désormais de finir en dehors des places européennes.
"Si on regarde le classement, on est très proches", avait assuré vendredi le très positif Timothy Weah. Suspendu à Nantes, l'Américain n'a pas pu transmettre son optimisme à ses équipiers, qui ont sombré. Et la Ligue des champions, cette fois, est vraiment très loin.
L'OM est en effet désormais 7e, dépassé par Monaco qui a battu Metz samedi. Et alors qu'il ne reste que deux matchs à jouer, la 3e place, le podium et la qualification directe pour la grande Europe deviendront inaccessibles dès dimanche en cas de victoire de Lyon ou de Lille.
Pire: la 7e place ne sera européenne qu'en cas de victoire de Lens en Coupe de France et Marseille risque donc de se retrouver purement et simplement à l'écart des compétitions européennes, un vrai problème pour un club aux finances fragiles.
Pour l'entraîneur Habib Beye, arrivé en février en remplacement de Roberto De Zerbi, le bilan est terrible. Sans idée ni qualité, son OM reste sur quatre points pris en six journées, avec une seule victoire face au relégué Metz. Et sur les trois derniers matchs, contre Lorient, Nice et Nantes, Marseille n'a obtenu qu'un point.
- "Dernier souffle" -
Mais Beye a refusé samedi de baisser les bras. "Quand on décide de venir dans un challenge comme celui-ci, on ne l'abandonne pas. Jamais je ne démissionnerai", a-t-il martelé. "Si par contre je suis le problème... Mais ce n'est pas à moi de le décider. Ce qui est sûr, c'est que moi, je me battrai jusqu'à mon dernier souffle", a-t-il poursuivi.
Celui qui pourrait le pousser dehors, le directeur du football Medhi Benatia, ne s'est pas fait entendre samedi à la Beaujoire. Mais lui-même est sur le départ, après avoir démissionné en février pour finalement accepter de finir la saison.
Au bout du compte, l'OM semble justement payer au prix le plus fort cette séquence des mois de janvier et février, quand les Marseillais sont passés en quelques semaines de l'espoir d'un premier titre depuis une éternité lors du Trophée des Champions au Koweït, au fiasco d'une élimination en Ligue des champions un soir de déroute à Bruges (3-0).
Dans la foulée, De Zerbi est parti, le président Pablo Longoria a été mis à l'écart - il est désormais directeur sportif de River Plate en Argentine - et Benatia a misé sur Beye pour finir la saison.
- "Pas acceptable" -
Depuis, le propriétaire américain Frank McCourt est venu deux fois parler aux joueurs, il y a eu deux stages à Marbella (Espagne), il y a eu la sortie tonitruante de Benatia après la défaite à Lorient, la méthode Coué de Timothy Weah, la câlinothérapie ou les gros yeux de Beye et des promesses répétées de remise en question. Mais rien n'a changé.
"Je n'ai pas d'explication. Il n'y a rien, pas de vie, pas de qualité, pas de match. Aujourd'hui, on était vides. C'est une prestation qui n'est pas acceptable pour un club comme le nôtre", a regretté Beye samedi.
Au vu de la pauvreté du match livré à Nantes, et de certaines attitudes individuelles, la question de l'investissement des joueurs, dont beaucoup étaient à l'OM pour De Zerbi ou savent qu'ils n'y seront plus dans quelques semaines, se pose.
"Non, non, personne n'a lâché et surtout pas lâché le coach. En jouant comme ça, on se lâche surtout nous-mêmes", a promis après le match le gardien Jeffrey De Lange, l'un des très rares à avoir livré une prestation acceptable à Nantes.
Pour lui et pour les autres, il reste deux matchs, au Havre et contre Rennes, pour sauver ce qui peut encore l'être. C'est à dire pas grand-chose.
R.J.Fidalgo--PC