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Mondial-2026: avec la Tunisie, la nouvelle mission commando de Renard
Le globe-trotteur français Hervé Renard, nommé mardi sélectionneur de la Tunisie en pleine Coupe du monde, renoue avec l'Afrique terre de ses premiers exploits pour se relancer, deux mois après avoir été licencié par l'Arabie saoudite.
La Tunisie a pris la décision rarissime de changer d'entraîneur durant un Mondial, Sabri Lamouchi faisant les frais du 5-1 infligé dimanche par la Suède lors de la 1re journée.
Ce n'est pas la première fois qu'un sélectionneur est renvoyé au cours de la compétition mais, dans les cas précédents - la Tunisie déjà, la Corée du Sud et l'Arabie saoudite en 1998 -, les Fédérations avaient préféré confier l'intérim à un adjoint plutôt que de nommer quelqu'un de l'extérieur.
Placé dans des conditions inédites, Renard n'aura que quelques jours pour rejoindre le camp de base de Monterrey, au Mexique, découvrir des joueurs qu'il n'a pas choisis et les préparer pour affronter le Japon dimanche.
Une nouvelle défaite pourrait être éliminatoire si les Pays-Bas battent la Suède samedi, peu importe le résultat du dernier match de la Tunisie le 26 juin face aux Néerlandais.
L'entraîneur de 57 ans au look de star hollywoodienne - chemise blanche, teint hâlé et cheveux longs - a accepté ce qui ressemble à un remake de "Mission Impossible", aux commandes d'un pays sans star qui n'a jamais dépassé le premier tour d'un Mondial en six participations.
Mais ce genre de défis est la marque de fabrique de Renard qui va connaître une troisième Coupe du monde d'affilée avec une troisième nation différente.
- "Gros travailleur" -
Le technicien jouit d'une réputation de bâtisseur capable de briller avec des moyens limités, bien qu'il n'ait jamais vraiment confirmé avec des équipes mieux dotées. Il était sur le marché depuis son limogeage par l'Arabie saoudite en avril, alors qu'il avait mené les "Faucons verts" à la qualification pour le Mondial-2026.
Cet ancien joueur sans référence (un match de D1 avec Cannes à la fin des années 1980) est habitué à s'aventurer hors des sentiers battus, au fil d'une carrière entamée en cinquième division, en 1999, à Draguignan (sud de la France).
C'est en Afrique qu'il a appris le métier, sous les ordres de Claude Le Roy, dont il était l'adjoint avec le Ghana (2007-2008). Cette rencontre "a changé mon destin", a-t-il expliqué à l'AFP en 2022. Le Roy se souvient lui d'un "gros travailleur".
L'élève s'émancipe de son mentor en prenant la tête de la Zambie (2011-2013), avec qui il parvient à gagner la Coupe d'Afrique des nations à la surprise générale, en 2012. Trois ans plus tard, il récidive avec la Côte d'Ivoire (2014-2015), après avoir succédé à... Sabri Lamouchi.
- Déceptions -
Ces trophées lui ont ouvert les portes de postes plus prestigieux, avec le Maroc (2016-2019) ou l'Arabie saoudite (2019-2023 puis 2024-2026). Son charisme en ont fait un personnage incontournable, mais les résultats n'ont pas été à l'avenant.
Il a conduit les Saoudiens à une victoire de prestige (2-1) contre l'Argentine, future championne, lors de la phase des poules du Mondial-2022. Les images de son discours à la mi-temps du match ont fait le tour du monde, et ont consolidé sa notoriété comme franc-parleur.
Mais l'Arabie saoudite a terminé à la dernière place de son groupe, comme le Maroc en 2018 lorsqu'il était aux commandes.
Son passage avec l'équipe de France féminine (2023-2024) s'est aussi achevé par deux éliminations en quarts de finale, à la Coupe du monde en 2023 puis aux JO de Paris. Ces résultats s'ajoutent à ses mandats mitigés à Sochaux (2013-2014), où il n'a pu empêcher la descente du club en Ligue 2, et Lille (2015).
Sa quête de rachat coïncide avec celle d'une équipe tunisienne au bord de l'élimination.
A Tunis, les supporters étaient très dubitatifs sur un miracle pouvant venir du "Sorcier blanc": "ce n'est pas une solution" que de renvoyer Lamouchi, a estimé Salim, un gérant de café, estimant que "ce sont les joueurs qui ne sont pas compétents".
Pour Wiam, une employée d'usine, le mieux ce serait que "la sélection se retire" du Mondial. "Il faut changer toutes les personnes" de la Fédération tunisienne, selon elle, "tous, du plus petit au plus grand responsable. Il faut mettre fin au favoritisme".
O.Salvador--PC