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Tour de France: "évidemment qu'on est hypnotisés" par Paul Seixas, souligne Prudhomme
Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, se dit dans un entretien à l'AFP, "hypnotisé" par la présence de Paul Seixas, même s'il estime que "Tadej Pogacar reste l'incontestable favori numéro 1 et Jonas Vingegaard son incontestable challenger".
QUESTION: Que peut-on attendre de cette 113e édition qui s'élance samedi de Barcelone ?
R: "L'affiche est formidable. Tadej Pogacar en route vers une cinquième victoire. Vingegaard qui semble avoir récupéré à tous points de vue de sa terrible chute du Tour du Pays Basque il y a deux ans. Et puis derrière, le ou les troisième hommes: Remco Evenepoel, Florian Lipowitz, qui est très constant au plus haut niveau en montagne, Isaac Del Toro, très jeune et très brillant. Et puis évidemment Paul Seixas. Je n'ai pas fait une seule interview depuis le mois de mars en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark sans qu'on me parle de Paul Seixas."
Q: Il vous impressionne ?
R: "Je n'ai jamais vu un champion français comme ça depuis Bernard Hinault. Je sais très bien que Romain Bardet a fait deuxième et troisième du Tour, que Thibaut Pinot nous a enthousiasmés en 2019, Julian Alaphilippe... mais un gars comme ça, surtout à cet âge-là, ça n'existe pas. C'est une pépite."
Q: Que-ce qui vous marque le plus chez lui ?
R: "On oublie à quel point il est jeune. Mon premier contact remonte à 2024 lorsque je lui ai mis un message pour le féliciter pour son titre de champion du monde juniors du contre-la-montre. Il me répond quatre jours après, en m'envoyant un petit coeur. +Merci beaucoup Monsieur, mais je n'ai pas pu vous répondre avant, je n'avais pas le forfait en Suisse+. C'est extraordinaire. C'était de son âge et c'était il y a deux ans seulement. Quand tu l'entends parler, quand tu le vois courir, tu vois le champion, mais tu ne te dis pas qu'il a 19 ans. Il a une maturité très impressionnante. C'est déjà un leader."
Q: C'est important pour le Tour de France d'avoir un Français qui peut se battre pour le podium ?
R: "La vedette du Tour c'est le Tour. Mais, bien évidemment, avoir un champion français qui peut pourquoi pas jouer le podium, pourquoi pas espérer avoir le maillot jaune... évidemment qu'on est hypnotisés par ce champion et pas simplement par ses performances sportives. Après, le Tour de France est une machine qui met dans la lumière les plus forts mais qui peut broyer aussi. Mais il y a une excitation incroyable de le voir au départ. Même si Tadej Pogacar reste l'incontestable favori numéro 1 et Jonas Vingegaard son incontestable challenger."
Q: Le Tour de France commence par un contre-la-montre par équipes avec votre nouvelle formule où les temps sont pris individuellement pour chaque coureur. Elle a fait ses preuves ?
R: "J'adore cette version-là parce qu'elle représente vraiment le cyclisme, un sport individuel qui se pratique en équipe. C'est le premier contre-la-montre par équipes dans le Tour depuis 2019 et on ne l'aurait jamais fait s'il n'y avait pas eu cette règle-là. Jamais. Et on ne l'aurait pas fait non plus s'il n'y avait pas eu une bosse à la fin car elle est indispensable pour voir arriver certains leaders seuls, d'autres à deux ou à trois."
Q: Le Tour de France est ensuite bâti de manière progressive. Pour ménager le suspense?
R: "On aura trois jours dans les Pyrénées. Mais en effet elles sont adoucies puisqu'on a voulu un Tour qui va crescendo. Notre volonté depuis des années est aussi de mettre en valeur les autres massifs que les Alpes et les Pyrénées: Massif central, Jura, Vosges où on aura par exemple le col du Haag qui est inédit. Et c'est vrai que l'avant-dernière étape qui arrive à l'Alpe d'Huez est terrible. 5.450 mètres de dénivelé, il n'y a jamais eu une étape aussi dure à la veille de l'arrivée finale à Paris. L'idée c'est que, quel que soit l'écart entre le maillot jaune et ses rivaux, tout puisse encore se passer. Parce que si t'as un coup de moins bien sur une étape comme ça, ce n'est pas en secondes que tu vas perdre du temps."
Propos recueillis par Jacques KLOPP
E.Raimundo--PC