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Real Madrid: les mêmes maux, et toujours pas de remède
Battu (2-1) par l'Atlético dans le derby dimanche, le Real Madrid 2.0 de José Mourinho, déjà distancé dans la course au titre en Liga, charge l’arbitrage pour masquer des lacunes collectives flagrantes et l'incompatibilité du trio Mbappé-Vinicius-Bellingham.
A Madrid, les entraîneurs passent mais sur le terrain, et en coulisses, rien n’a vraiment changé.
Avec le retour du "Mou", l'armada de stars madrilène, sans titre majeur depuis deux ans, était censée retrouver de l'ordre et quelques principes fondamentaux. La voici, déjà, condamnée à courir derrière son éternel rival, le FC Barcelone, double champion d'Espagne en titre et leader imperturbable avec six points d'avance avant la trêve internationale.
Après cette deuxième défaite en sept journées, les coupables sont, comme souvent au Real, tout trouvés: les arbitres. Ceux-là même qui, selon le président Florentino Pérez, lui auraient "volé 7 Ligas" et "14 points" la saison dernière - rien que ça - pour avantager le Barça.
C'est cette fois l'arbitre Miguel Angel Ortiz Arias et le délégué à l'arbitrage vidéo Daniel Jesus Trujillo qui se retrouvent, captures d'écrans imprimées à l'appui, accusés par l'entraîneur madrilène d'avoir oublié "deux cartons rouges" contre Lee Kang-in et Cristian Romero pour des semelles sur Federico Valverde et Jude Bellingham.
Mourinho, habitué de ce genre de stratégie de communication, a cependant refusé d'entrer dans la théorie du complot de son président, contrairement à son prédécesseur Alvaro Arbeloa, avouant qu'il manquait "beaucoup de choses" à son équipe, au-delà du sujet arbitral.
- Néant collectif -
A commencer, à défaut d'une vraie planification sportive, par une idée de jeu et une structure collective digne du haut niveau.
Ce qui est loin d'être le cas, malgré l'arrivée de sept recrues cet été, dont Marc Cucurella, l’un des meilleurs arrières gauche du monde, Ibrahima Konaté, défenseur central international français, et de l'Ivoirien Yan Diomandé, l’un des plus grands espoirs du football mondial, acheté à prix d'or.
Dimanche, au Metropolitano, les Merengues ont une nouvelle fois été dans l'incapacité de créer du jeu, et ont même accepté de laisser le ballon à leurs adversaires sans pressing, ni organisation collective pour tenter de le récupérer.
A plusieurs reprises, certains journalistes pro-Real se sont arrachés les cheveux en tribune de presse en voyant leur équipe coupée en deux, avec le milieu français Aurélien Tchouaméni seul pour défendre face à trois joueurs entre l'axe et le côté droit, tandis que Mbappé, Vinicius et Bellingham revenaient en marchant.
- Vinicius au fond du trou -
Les deux équipes étaient alors à onze contre onze, et les trois superstars n'ont guère d'excuses pour expliquer ce manque de solidarité, parfois compensé par leur talent individuel, certes, mais pas assez depuis le début de saison pour le justifier.
L'attaquant français, auteur de sept buts en sept journées, et le milieu anglais, systématiquement contraint de combler les trous, sont relativement épargnés par les critiques, dirigées en premier lieu vers "Vini", remplacé par Diomandé à la 54e minute après une nouvelle prestation catastrophique.
Depuis sa prolongation de contrat début août, jusqu'en 2032, l'ailier brésilien, maladroit devant le but et incapable d'éliminer son vis-à-vis ou de combiner avec ses partenaires, n'avance plus.
Certains observateurs pointent logiquement le choix de la direction merengue d'offrir un contrat en or à un joueur qui peine toujours à retrouver son niveau de la saison 2023-24, lorsqu'il avait terminé deuxième du Ballon d'Or... derrière un certain Rodri, promis au Real et chipé par le Barça en fin de mercato.
De nombreux supporters et des voix influentes de la presse espagnole appellent ainsi à des choix forts de José Mourinho pour relancer son équipe: à commencer par titulariser Diomandé à gauche à la place de Vinicius, et trancher au milieu entre Bellingham et Güler, ainsi qu'entre Tchouaméni et Valverde.
Les premières réponses sont attendues après la trêve, début octobre, contre Villarreal en Liga, puis l'AS Rome, en Ligue des champions, l'un des anciens clubs de Mourinho. Sans droit à l'erreur.
F.Santana--PC