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Mondiaux de cyclisme: Voeckler et la nouvelle vague
Mondiaux de cyclisme: Voeckler et la nouvelle vague / Photo: Anne-Christine POUJOULAT - AFP/Archives

Mondiaux de cyclisme: Voeckler et la nouvelle vague

"C'est différent parce que moi aussi je vieillis": l'avènement de Paul Seixas à la tête d'une nouvelle génération de coureurs oblige Thomas Voeckler, le sélectionneur de l'équipe de France, à se réinventer lors des Championnats du monde à Montréal.

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"Content d'avoir récupéré tous mes petits", a écrit, en bon papa poule, le sorcier des Bleus en partageant le 16 septembre sur l'application Strava une sortie d'entraînement au Canada avec ses coureurs qu'il espère mener sur le toit du monde dimanche lors de la course en ligne.

A 47 ans, l'ancien maillot jaune du Tour de France, réputé pour ses coups tactiques, mène sa huitième campagne mondiale, fort de résultats exceptionnels: deux titres de champion du monde avec Julian Alaphilippe, un titre européen avec Christophe Laporte ainsi que les médailles d'argent et de bronze de Valentin Madouas et Laporte aux JO-2024 de Paris.

Mais le temps passe et au Canada ce n'est plus du tout la même configuration qu'à ses débuts débuts, lorsqu'il présidait une génération qu'il avait côtoyée en course et qui partageait avec lui un certaine idée du "cyclisme à l'ancienne". Les Romain Bardet, Madouas et Alaphilippe, tout juste retraité, que Voeckler appelait "l'âme des Bleus".

Aujourd'hui, Bruno Armirail, 32 ans, est le seul des huit Français engagés sur la course en ligne à avoir partagé un petit bout de route avec lui. Les autres n'étaient pas encore dans le peloton lorsqu'il a pris sa retraite en 2017 et beaucoup étaient des enfants, comme Seixas qui avait alors neuf ans.

"Forcément ça change un peu, glisse le patron des Bleus. Avant, ça se faisait naturellement d'être des leurs. Et puis des fois, je prenais ma casquette de chef. Là, je fais attention à ne pas être décroché. J'essaie de rester à la page. Mais c'est obligatoirement différent parce que moi aussi je vieillis."

- "Pas encore à la rue" -

"Ca va, il n'est pas encore à la rue", s'esclaffe Armirail avant d'ajouter plus sérieusement: "Thomas connaît très bien le vélo et il sait que le vélo d'aujourd'hui a totalement changé par rapport à quand il était coureur."

Ce changement générationnel, Voeckler a commencé à l'initier l'année dernière à Kigali où Jordan Jegat, Valentin Paret-Peintre, Louis Barré et Seixas ont fait leurs premiers pas en bleu au milieu d'Alaphilippe, Madouas ou Julien Bernard.

Cette année, la moyenne d'âge baisse encore et il n'y a guère plus qu'Armirail et Pavel Sivakov qui apportent une vraie expérience.

Le rajeunissement de l'équipe et la présence d'un leader, Paul Seixas, qui n'aura que 20 ans jeudi, modifie l'approche dès la conception de la sélection. Alors qu'il pouvait consulter Alaphilippe sur le choix de tel ou tel coureur, même si "c'était bref car il me faisait confiance à 100%", Voeckler ne va "pas demander à un coureur de 19 ans, si talentueux soit-il: qu'est-ce que tu veux ?"

En course aussi, Voeckler, qui adore brouiller les cartes et surprendre les adversaires, va devoir s'adapter avec l'arrivée d'un leader aussi indiscutable que Seixas qui rend presque caduque l'idée d'un plan B tellement "il est une évidence".

Ce qui ne change pas en revanche, c'est l'importance accordée à l'esprit de groupe, "le principal, avant-même les états de forme."

- Autogestion -

Au Canada, le sélectionneur a donc décidé de loger ses coureurs dans trois appartements à Bromont, à une heure à l'est de Montréal, où ils ont vécu, en amont de la compétition, en quasi autogestion.

"On a passé des bons moments ensemble le soir à discuter entre coureurs. On s'est fait à manger, la vaisselle. C'est bien pour la cohésion", raconte Seixas qui, comme les autres, a depuis retrouvé une configuration plus classique à l'hôtel.

Voeckler passait parfois une tête pour papoter et faire une lessive.

"Je suis vigilant à rester dans le groupe, tout en laissant les coureurs entre eux."

Armirail s'est ainsi chargé de tracer les parcours d'entraînement, en prenant en compte les nouvelles réalités du cyclisme.

"Il y a encore dix ans, raconte le coureur de Visma, tous les coureurs faisaient la même sortie. Aujourd'hui, c'est impossible. Untel va avoir cinq heures, l'autre deux heures avec des intensités. Thomas le sait très bien et c'est sa force. Les anciens auraient dit: vous êtes en équipe de France, c'est moi qui gère. Lui s'adapte et ça, c'est bien."

H.Portela--PC