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Mondial-2022: Hansi Flick, le rebâtisseur qui murmure à l'oreille de ses joueurs
Oreille attentive longtemps restée dans l'ombre de Joachim Löw, puis bâtisseur miraculeux au Bayern Munich, Hansi Flick aborde son premier grand tournoi comme sélectionneur de l'Allemagne, qui compte sur cet homme de dialogue pour retrouver les sommets au Mondial-2022.
A l'image d'un Robert Redford dans le rôle de Tom Booker en 1998 dans le film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", Hansi Flick murmure à l'oreille de ses joueurs, construisant un dialogue permanent, méthode qu'il s'est efforcé d'appliquer à chaque instant de sa vie de manager, après une courte carrière de joueur, passée notamment au Bayern Munich (demi-finaliste de la Ligue des champions en 1990).
"Il a attaché beaucoup d'importance à la communication (avec les joueurs, ndlr) sur et en dehors du terrain", souligne le capitaine de la sélection allemande, Manuel Neuer, dans une autobiographie du sélectionneur, "Im Moment" ("Pour le moment"), parue en septembre.
Neuer connaît Flick depuis plus d'une décennie. Le natif de Heidelberg, âgé aujourd'hui de 57 ans, a été le fidèle et discret adjoint du sélectionneur Joachim Löw à compter de l'automne 2006, jusqu'au sacre suprême, le titre mondial en 2014 au Brésil. C'est là qu'il a accueilli Neuer à l'automne 2009, et où il a côtoyé les piliers du Bayern.
Cinq ans plus tard, Flick retrouve ces joueurs en club à Munich, encore comme assistant, second de Niko Kovac au début d'une saison 2019/20, qui va transformer sa carrière.
A l'automne 2019, alors que le Bayern patauge en championnat et subi son plus lourd revers depuis dix ans à Francfort (5-1), ce technicien qui dit s'être inspiré d'Arrigo Sacchi ou Arsène Wenger dans sa formation d'entraîneur, est appelé à la rescousse, nommé à la place de Kovac.
Là encore, il prend le temps du dialogue, impliquant tous les joueurs dans son projet, loin de vouloir imposer sa façon de voir les choses.
- Sextuplé en 2020, départ en 2021 -
"Hansi a immédiatement parlé avec tous les protagonistes et s'est mis l'équipe derrière lui. Il a écouté les gens, s'est pris du temps avec eux. Et il a posé des questions", explique Rummenigge dans la préface de l'autobiographie de Flick.
Et ça fonctionne: après des débuts balbutiants (deux défaites sur les six premiers matches), il enchaîne les succès et convainc ses dirigeants de le conserver, lui qui n'était censé être qu'un intérimaire. Il est gardé une première fois jusqu'à Noël 2019, puis jusqu'à la fin de la saison, avant de signer en avril jusqu'à juin 2023.
Arrivent alors, après le confinement du printemps 2020, ses mois de gloire: champion d'Allemagne fin juin, vainqueur de la Coupe début juillet, vainqueur de la Ligue des champions fin août, il réédite le triplé historique des Munichois en 2013 sous Jupp Heynckes.
Puis il ajoute les trois autres trophées possibles, la Supercoupe d'Allemagne, la Supercoupe d'Europe et le Mondial des clubs, pour un sextuplé inédit.
Ouvert au dialogue, calme et pondéré, il sait aussi se montrer intransigeant, comme au printemps 2021, lorsqu'il annonce son intention de rompre son contrat, en brouille depuis de longs mois avec le directeur sportif du Bayern Hasan Salihamidzic, même s'il n'a jamais dit publiquement que c'était la raison de son départ.
Nommé quelques semaines plus tard en successeur de Joachim Löw (2006-2021) à la tête de la Mannschaft, Flick applique la même méthode avec des joueurs qu'il connaît par coeur, même s'il reconnait avoir "moins de temps, pour familiariser les joueurs à la propre philosophie de jeu".
Il lui faudra toutes ses qualités pour sortir l'Allemagne d'une sorte de crépuscule, entamé un soir de juillet 2016 à Marseille, en demi-finale de l'Euro perdue contre la France (2-0). Depuis, les Allemands ont été éliminés dès la phase de groupes du Mondial-2018 et en 8es de l'Euro-2020 trois ans plus tard.
L.Henrique--PC